Archives mensuelles : février 2010

Et si le cinéma devenait interactif ?

Merci à  Gregoire Lacoste d’avoir, par son blog,  attiré mon attention sur cette incroyable campagne interactive produite par l’agence Jung Von Matt à Berlin,  pour la chaine « 13ème Rue » allemande. Un système alliant un découpage mutliple du film, avec la capacité de téléphoner aux spectateurs de la salle pour qu’ils dictent leur décision en temps réel. Encore mieux que la 3D ?

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Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

Et si internet était en nous ?

Dimanche, c’est le « jour du penseur ». Après avoir consacré ces dernières rubriques dominicales à des philosophes, économistes, scientifiques et sociologues, je vous invite, cette semaine, à partager la vision d’ un prospectiviste, Joël de Rosnay, qui depuis « L’homme symbiotique », cultive la réflexion sur le web du futur. Un web qui selon lui, unit biologie et informatique, et qu’il définit comme « le web symbiotique » ou « Symbionet ». Pour Joël de Rosnay, « hier, nous allions sur le net, aujourd’hui nous vivons dans le net », et demain, le net sera en nous ! Voici la conférence qu’il a donnée le mois dernier à Tedx Paris  à ce sujet :

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Joël de Rosnay, né en 1937 à l’Ile Maurice, est à l’origine un biologiste français d’abord spécialiste des origines du vivant et des nouvelles technologies, puis en systèmique et en prospective. Docteur en Sciences, il effectua trois ans de recherche et d’enseignement (biochimie et informatique) au M.I.T. Ancien directeur des applications de la recherche à l’Institut Pasteur, il fut ensuite directeur de la prospective et de l’évaluation de la Cité des Sciences et de l’industrie de La Villette, institution dont il reste aujourd’hui le conseiller.

jdr1Dans son dernier livre « 2020-Les scénarios du futur », Joël de Rosnay nous rappelle que « Les frontières entre le biologique, le mécanique et l’électronique s’estompent. Des chercheurs se sont implantés une puce dans le bras pour communiquer avec leur environnement et être reconnu par les systèmes de sécurité. Les prothèses cérébrales entrent ainsi en symbiose avec un environnement fait de machines ou de robots. D’autres chercheurs travaillent sur des ‘neuropuces’ directement connectables à des zones du cerveau comme l’hippocampe, offrant de nouveaux espoirs pour les personnes ayant subi de graves traumatismes crâniens, suite à des accidents. [...] Mais la prudence s’impose face à de tels développements scientifiques et techniques, un fossé éthique existe entre l’homme ‘réparé’, l’homme ‘transformé’, et l’homme ‘augmenté’. Les puces et les implants permettent théoriquement d’augmenter les fonctions cérébrales ou métaboliques d’une personne en bonne santé disposant des moyens financiers pour s’offrir les dernières avancées en matière de prothèses neuronales, sensorielles ou métaboliques. Avec l’immense risque de la création de ‘sous-hommes’ et de ‘surhommes’ ». Le web symbiotique démultiplie les problèmes éthiques.

Cette intégration des nouvelles technologies au corps humain nous renvoie directement au concept de « cyborg »( pour « cybernetic organism »), terme  popularisé par Manfred E. Clynes et Nathan S. Kline en 1 960, lorsqu’ils se référaient au concept d’un humain « amélioré » qui pourrait survivre dans des environnements extraterrestres. Je remercie Mathieu Flex (plus connu sur twitter sous le pseudo du « Publigeekaire ») de m’avoir fait découvrir le documentaire ci-dessous, particulièrement en résonnance avec les thèses de Joël de Rosnay :

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Effets du Kamagra est divers pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure choix. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si le film était à l’intérieur du livre ?

Ce post est une contribution de Nicolas Dalibard, un des (nombreux) jeunes talents de TBWA\France ;-) . Il nous dévoile la démarche très innovante de « Level 26″, un livre qui est beaucoup plus qu’un livre, et que je n’ai pas pu résister à acheter à la Fnac ce matin…

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« Level 26 ». Ce n’est pas l’étage de la direction d’une grande multinationale, c’est le titre du « roman digital » d’Anthony E. Zuicker, créateur de la série la plus regardée au monde : Les Experts, et coécrit avec son acolyte Duane Swierczynski. Ce scénariste prolixe passe au roman. Il n’en oublie pas moins que la génération à laquelle il destine ce polar noir a délaissé depuis longtemps les pages des livres pour les pages web et que pour eux il ne peut y avoir de bibliothèque que celle d’iTunes. C’est donc un tout nouveau concept qu’il propose avec ce thriller « Level 26 » qui toutes les 20 pages renvoie le lecteur à son ordinateur et au site dédié pour y découvrir des éléments vidéos et interactifs – ce que l’auteur appelle un « cyber-bridge ».
« Level 26 » est le premier tome d’une trilogie qui raconte le combat entre un ex agent du FBI dont toute la famille a été massacrée ; et un tueur nommé Sqweegel et pour lequel a été créé un 26ème niveau dans la hiérarchie des tueurs en série tant il est violent, vicieux et retord. Après un crime particulièrement atroce, on convainc l’ex agent de reprendre du service et la traque repart de plus belle. Au delà de la qualité de l’histoire sur laquelle les avis divergent, c’est l’avancée que constitue le cheval de Troie qu’est le livre qui m’a intéressé. Au cœur du dispositif, le livre. Le lecteur y trouve une série de codes qui entrés sur le site web, délivrent du contenu inédit : vidéos des scènes de meurtre et de torture, retour sur les scènes de crimes, moments clés de l’intrigue …

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Avec le site web, s’est créée la communauté des 26ers, des fans inconditionnels qui participent à la rédaction des prochaines tomes au travers des « deputy challenges ». Ils y relèvent les erreurs éventuelles du premier tome, alimentent le débat, nourrissent le site de contenus. Le site enregistre en moyenne 300 nouveaux membres chaque jour. Et si vous avez eu le malheur d’y laisser votre email et votre numéro de téléphone … il se peut que le tueur vous contacte durant la lecture du livre. Le livre se décline également en application iTunes disponible pour l’iPhone, l’iPod touch et l’iPad et quelques pages facebook lui sont dédiées. Voici la présentation que Zuicker en fait … sous l’angle du formidable outil de product placement que constitue ce Polar 2.0 :

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Effets du Kamagra est varié pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

Et si on réhabilitait la (bonne) publicité comparative ?

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Contrairement à ce que beaucoup croient, la publicité comparative n’est pas interdite en France. Elle est tout simplement réglementée et oblige à ne comparer que des éléments objectivement comparables. Ce qui en réduit l’intérêt créatif, et donc l’usage. Au contraire de la subjectivité assumée des grandes campagnes comparatives historiques américaines Avis/Hertz, Pepsi/Coca ou plus récemment Mac/PC. Cette dernière campagne a fait l’objet de 66 films comparatifs depuis 2006, signés Medias Arts Lab, l’agence dédiée à Apple de TBWA\Chiat\Day Los Angeles. Une saga dont vous pourrez retrouver l’intégralité des 66 films, classés par année de diffusion, en cliquant ici. Un véritable régal !

Quel est votre préféré ? Moi, c’est le film N°49 « Bean Counter » (ci-dessus), conçu  en réaction à l’énorme campagne de publicité Microsoft de 2008 (dont le thème était « I am a PC« ), au moment où Microsoft connaissait quelque problème techniques avec son système d’exploitation Vista… Et pour vous donner encore plus de regret sur ce que l’on ne peut pas faire en France, je vous propose ci-dessous ma campagne comparative préférée de l’histoire de la publicité, « Archeology », datant de 1986, au service du concept « The choice of a new generation », publicité dans laquelle Pepsi met en scène un monde futur où on ne se souvient même plus que Coca a existé ! La publicité comparative ne s’arrêterait t-elle même pas quand le concurrent disparait ?

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Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si vous n’étiez qu’à 17 minutes de votre Dieu vivant ?

Ce post reproduit un article extrait d’un de mes blogs préférés, « KairosMosaïque« , créé par Alexandre Ribichesu, étudiant au Celsa. Vous connaissez forcément la théorie des « six degrés de séparation », établie par le hongrois Frigyes Karinthy en 1929, qui évoque la possibilité que toute personne sur le globe peut être reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres maillons. Et bien désormais, on peut mesurer la séparation non seulement en degré, mais aussi en temps : il n’a fallu que 17 minutes pour se connecter à George Lucas!

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« L’efficacité des réseaux sociaux n’est désormais plus à démontrer. Efficacité? Imaginons que vous souhaitiez rencontrer George Lucas, comment vous y prendriez vous? Le meilleur site du monde, The Cool Hunter, est parti d’une interrogation : « Does anyone have access to George Lucas ? « . Après avoir publié ce message sur sa Fan Page qui possède plus de 44 000 fans, la réponse ne s’est pas faite attendre. Seulement 17 minutes plus tard, The Cool Hunter annonce avoir obtenu le numéro de @philipbloom qui n’est autre que le « cinematographer »du Maître, et qui se trouve en sa présence. L’histoire dira si George Lucas aura finalement accepté d’offrir 2 minutes de son temps à The Cool Hunter. Ce que l’on retiendra, c’est qu’il aura fallu que quelques minutes pour mettre en contact un émetteur et un récepteur qui n’avaient a priori rien en commun.

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Selon le sociologue espagnol Manuel Castells, le Réseau a toujours été considéré comme la meilleure structure d’organisation possible. Aujourd’hui, les NTIC « permettent » et décuplent cet idéal de communication. Manuel Castells place en effet le réseau au cœur des transformations sociales et culturelles contemporaines. Nos relations sociales et notre construction individuelle se feraient « contre et avec la société en réseau ». Mais la technologie peut dépasser cet idéal de communication, et le noyer. De fait, certains regrettent l’accélération et l’intensification des relations sociales inhérentes à la société en réseau. On tendrait à voir disparaître l’ »échelle humaine » qui donne du sens aux relations interpersonnelles. Cependant, ce discours postmoderniste qui consiste à considérer le Net comme un instrument de repli sur soi semble plus que discutable. Dans les faits, les individus qui possèdent un réseau important sur le Net ont tendance à avoir une vie sociale très développée dans la « vraie vie ». De plus, ces mêmes individus ultra connectés semblent être ceux qui tendent le plus à transformer l’essai en rencontrant en « réel » leurs contacts du Web. George Lucas, entends cet appel et rejoins la force de The Cool Hunter ! « 

Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si le bazar web 2.0 finissait par se dégonfler à l’usage ?

François Roque, plus connu sur Twitter sous le pseudo @imposture, créateur du blog « Derrière le paravent suédois », et auteur du roman « Le syndrome de Roch » (Editions L’Arganier), avait déjà fait un tabac le mois dernier sur ce blog avec son post « Et si le web 2.0 faisait faillite ?« , qui avait été élue « Idée de la semaine ». Il récidive ce mois-ci en nous rappelant que tout média révolutionnaire (comme toute innovation de rupture) est amené à se normaliser.

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Et si le bazar Web 2.0 finissait par s’asphyxier, se rétrécir et «rentrer dans le rang» ? C’est quoi encore cette hypothèse fumeuse ? L’autre soir je regardais la vidéo de Vinvin à Tedx. Un véritable showman le Vinvin. Non, je ne fais pas du lèche botte. Sérieux ! Respect pour le mec capable de tenir une salle pendant plus d’un quart d’heure avec des vannes en direct, et de terminer par une conclusion simple : pour être heureux dans la vie, ne vous dispersez pas dans 36 trucs. Faîtes simplement une chose. Et bien. Et on vous le rendra. Bon, ok, je la fais courte, mais c’est un peu ça. L’autre soir, donc, il était 23h30 et avant de me coucher j’avais décidé de regarder cette vidéo. Pourquoi celle-là ? Pourquoi Tedx alors que je ne sais pas vraiment de quoi il s’agit comme certainement 98,56 % des Français ? Pourquoi Vinvin ? Parce que l’Internet et le bazar le nourrissant et l’irriguant, je veux dire ces poumons du Web 2.0 que sont Twitter, Facebook, Youtube, les blogs et compagnies commencent à s’essouffler. Et forcément, seuls les bons souffles finissent par passer… Avant de m’endormir, je me suis dit que c’était certainement une loi naturelle de l’évolution des systèmes de communications : apparition d’une nouvelle technique ; les pionniers défrichent et ouvrent des tas portes. Puis ces portes se referment. Seules quelques unes restent ouvertes et deviennent le système : organisation, homme, argent, pouvoir et contrôle… Cela a bien été le destin de l’édition et de la presse, du téléphone, du cinéma, de la radio et de la TV. Pourquoi le Web 2.0 n’y échapperait pas ? J’ai pensé à 4 facteurs de «contraction» et de «normalisation» du Web 2.0 :
1/ Le manque de temps
Séguéla a dit dans les années 80 «trop de pub tue la pub!». Aujourd’hui, c’est trop d’info tue l’info. Et en Web 2.0, on dira plutôt trop de RSS tue le RSS, trop de statut tue le statut, trop de tweet tue le tweet, trop de RT tue le RT, etc. Quand vous avez une activité normale (genre travailler) et que vous revenez devant votre PC ou votre Mac qui compile des wagons de flux venant d’une centaine d’abonnements, est-ce que vous lisez tout ? (30 ou 40 amis Facebook, 40 ou 50 fils sur Twitter, quelques médias, la météo, des suivis eBay ou Venteprivées… on y est vite à la centaine !).  Dans la pratique, à moins de passer sa vie devant un écran, on regarde, on survole beaucoup, on lit peu, voire très peu (vous êtes toujours là ?) et dès qu’une vidéo dépasse les 3 minutes on zappe. Ce comportement est condamné à aller en grandissant. La cause ? une prolifération accrue des flux générés par encore plus de comptes Facebook ou Twitter, plus de sites communautaires intégrant les outils actuels (et à venir) de propagation, démultiplication et finalement de pollution. Malheureusement le temps consacré à la «consommation» de tous ces «flux» ne sera pas extensible. Et même si ce temps est pris sur la TV par exemple, il restera des plages de temps incompressibles : celle de la vraie vie tout simplement : travailler, se nourrir, se laver, faire du sport, vivre en famille, regarder «La Ferme» sur TF1, etc.
L’abondance de flux va être inversement proportionnelle au temps de traitement disponible par nos cerveaux (oui, il y a allusion…).

2/ La technologie.
Pas la technologie du Web 2.0. Non, le hardware. Comme pour le premier iPod, puis le iPhone, les critiques ont fusé sur le iPad. Apple est n°1 mondial de la distribution de musique en ligne, contrôle en partie Disney(1) (Mickey et ses amis, certes, mais aussi «Lost» ou Miramax, autrement dit Tarantino, par exemple…), et est enfin leader des smartphones. Le iPad ? Bon, il faut avouer que Steve Jobs, assis comme un papy dans son fauteuil regardant National Geographic sur son iPad pendant son Keynote, ça faisait bizarre… Seulement voilà, dans nos sociétés occidentales qui consomment ET financent ce gigantesque bazar de contenus,  flux, réseaux et terminaux, il y a plus de vieux que de jeunes. Et si l’avenir c’était les vieux ? Un terminal simple où justement on ne fait qu’une seule chose à la fois, mais bien et avec un rendu nickel : mise en page digne d’un vrai magazine, qualité d’affichage impeccable des textes, comme dans un vrai livre, rendu fluide et son stéréo, comme sur un poste TV ? Avec un tel rendu de restitution, le contenu n’est-il pas alors condamné à être aussi de haute qualité ? Les tablettes ne sont ni des ordinateurs, ni des téléphones. Ce sont des terminaux nomades pour consommer, chez soi, du média produit «professionnellement». Simples et pratiques, elles ont certainement un bel avenir pour les seniors qui consommeront des magazines dérivés des titres en kiosques, des documentaires loupés sur une chaine du câble et, entre deux usages, les poseront comme cadre photo sur la commode, le temps de la recharge des batteries. Et les juniors ? Une nouvelle console de jeux, un terminal de surf sur des sites qui seront pensés pour ces tablettes. Car, comme pour le iPhone, il y aura des protocoles et applications dédiées. Ces tablettes, Apple ou autres, vont introduire une capture supplémentaire de l’espace temps mais pour de la consommation de flux «formatés» et dérivés (payants…) des vieux médias et industries de la culture. Et moins pour consommer des flux d’informations plus sommaires (140 signes…), des vidéos médiocres, ou des blogs (vous êtes toujours là ?)…

3/ La dilution.
Pourquoi l’autre soir j’ai donné un quart d’heure de mon sommeil à Vinvin ? Le fond de l’histoire se résume à une double opposition :
- d’une part une opposition entre des contenus produits par des émetteurs «crédibles» (médias, marques, industries, sites de commerce, et certains blogueurs…) et du faux contenu (blogs perso à audience par nature restreinte et surtout ces torrents de flux de «partager» «copier», «relink», RT, etc. La fameuse circulation circulaire à effet indigestif).
- d’autre part une opposition entre internautes «actifs» (ceux qui produisent du contenu – notes, tweets, blogs…) et les internautes «passifs» qui se contentent de surfer, même si ils ont des comptes twitter, facebook… Sachant que ces derniers forment largement le gros des troupes.
Un petit Mappickey(2) vaut mieux qu’un long blabla :

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Autrement dit sur les 300 millions de comptes Facebook combien sont des sources de qualités ou fiables ? Sur les 50 millions d’émetteurs Twitter combien postent des tweets intéressants, «originaux» ? Google commence à remonter les tweets dans ses réponses et il semblerait que les statuts Facebook apparaitront aussi. Comment alors savoir ce qui va être fiable, intéressant ou instructif dans tout ce bazar à croissance exponentielle ? Le risque (ou l’opportunité, tout dépend de quel côté on se place) ne sera-t-il pas une tendance croissante, en plus du zapping évoqué, de se diriger naturellement vers des sources connues ou reconnues, fiables et/ou de qualité. Ou régulières ? Les flux vont s’accroître encore plus, mais les mauvais vont être encore plus dilués, leurs visibilités de plus en plus faibles, et leur impact et effets amoindris. Le blog de Vinvin n’est pas tout à fait la quintessence du journalisme. Mais il a une qualité : une régularité dans un humour acide qui ne tombe pas dans le bête et méchant. Une chose à la fois, donc. Et bien. Pour l’instant il surnage dans mes flux. Mais demain ?

4/ L’argent.
Le quatrième facteur, fatal, lui, effet de l’enchainement des 3 précédents : trop de flux, manque de temps biologique et humain pour les traiter, émergence de solutions alternatives de qualité, report par petites touches vers d’autres émetteurs plus «formatés», manque de temps pour suivre les autres flux libres. Conséquence ? La faillite. Je l’ai exposée dans une autre note ici. Pour résumer, l’absence de modèle économique des poumons du web 2.0, cette utopie d’un financement par la pub qui est un marché très faiblement extensible au mieux, au regard de ressources techniques, marketing et humaines à croissance vertigineuse pour faire fonctionner et entretenir ces systèmes, ne peut, à mon humble avis, se terminer que par une nouvelle bulle et une probable faillite des opérateurs : Facebook, Twitter, Youtube, Myspace… Game Over !

Rajoutons là-dessus une baisse de l’intérêt, l’ennui, voire la défiance, la foule délaissant ce «bazar» pour d’autres «jouets» et d’autres «sources», formant elles une nouvelle chaîne. Un nouveau «système». Cela bien était le destin de l’édition et de la presse, du téléphone, du cinéma, de la radio, et de la TV. Pourquoi le bazar du Web 2.0 n’y échapperait pas ?

(1) via Steve Jobs administrateur et premier actionnaire physique du groupe
(2) mappickey = mapping + mickey by IRC / Imposture Research Corp ®©

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Et si on dormait au septième ciel ?

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Imaginez votre chambre d’hôtel à 3 000 mètres d’altitude vous emmenant silencieusement à destination, tout en préservant l’environnement ! Bienvenue dans le projet Aircruise, un concept de transport visionnaire, développé par le cabinet de Design et Innovation SeymourPowell en partenariat avec Samsung, dont la vidéo de présentation (à la musqiue pour le moins planante ;-) ) vient d’être rendue publique (voir ci-dessous).

Aircruise est une sorte de ballon du futur qui se présente comme un aéronef en forme de diamant. Il pourra s’élever  à 3720 mètres d’altitude grâce à ses réservoirs contenant de l’hydrogène (330.000 mètres cube !) et sera propulsé par l’énergie  solaire recueillie par ses panneaux.

« Le concept de l’Aircruise remet en cause l’avenir du voyage de luxe qui serait basé sur des transports aériens gourmands en énergie, à l’espace réduit, et trop souvent stressants », explique Nick Talbot, directeur du design chez SeymourPowell. A l’intérieur de cet « hôtel-ballon » de 265 mètres de hauteur : un bar-lounge, quatre appartements en duplex, un appartement penthouse et cinq autres plus petits. Ajoutez des chambres, un restaurant et une salle de sport pour faire bonne mesure.

Naviguant à près de 150 Km/h, ce dirigeable du futur pourrait également servir de « simple » moyen de transport. On pourrait ainsi relier Paris à New York en une petite quarantaine d’heures. Expérience unique garantie !  Côté installation technologique, le Coréen Samsung a d’ores et déjà annoncé la présence d’écrans plats, de caméras sensorielles et d’un plancher lumineux à mémoire de forme.

Une seule question reste suspendue entre ciel et terre : ce concept fou est-il réalisable ?

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Et si la science-fiction ne faisait que précéder légèrement la réalité ?

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Et si le papier devenait un simple support de projection ? C’est l’hypothèse retenue par les auteurs de la série américaine de science fiction « Caprica » comme en témoigne l’extrait du pilote ci-dessus. Caprica est une série télévisée issue de la franchise Battlestar Galactica créée par Rémi Aubuchon, Dabid Eick et Ronald D.Moore, et actuellement en production avec l’aide du scénariste de 24h Chrono. Cette série se présente comme « la première saga familiale de science-fiction à la télévision « .

Selon Wikipedia, « la série prend place sur la planète fictive de Caprica, cinquante-huit ans avant les événements décrits dans Battlestar Galactica. Elle raconte l’histoire des Douze Colonies en paix et vivant dans une société pas tellement différente de la nôtre. Mais l’importante technologie et une avancée considérable en robotique permet le rêve ancestral de concilier intelligence artificielle et corps mécaniques pour créer les premiers robots vivants, les cylons. Leur construction mènera inéluctablement à la première guerre contre les cylons… »Le Trailer de la série est à découvrir ci-dessous…

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Et si l’amour n’allait pas sans risque ?

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Après  Michel Serres, Edgar Morin, François Ewald, Amartya Sen, Miguel Benassayag, et Benoit Mendelbrot, j’ai décidé de consacrer ma chronique dominicale « Jour du penseur » à un philosophe français dont la pensée radicale est des plus anticonformistes, et dont la posture politique est des plus controversées : Alain Badiou, qui sort en ce début d’année deux livres : « La philosophie de l’événement », livre d’entretien passionnant avec Fabien Tarby, et « L’idée du communisme », livre collectif écrit à l’issue de la conférence de Londres sur le sujet en 2009 (que je ne suis pas tout à fait sûr de lire ;-) ), juste après avoir publié en fin d’année dernière « Eloge de l’amour » avec Nicolas Truong, que je vous recommande chaudement.

arton57Alain Badiou est un philosophe, romancier et dramaturge français né à Rabat en 1937. Fils d’un prof de math qui fut maire de Toulouse, et lui-même normalien avant d’y devenir prof, Alain Badiou est l’auteur d’ouvrages majeurs, en particulier « L’être et l’Evenement », publié au Seuil en 1988 et « Logiques des mondes » publié en 2006. Il est également connu politiquement pour son engagement maoïste et sa défense du communisme.

On peut ne pas adhérer à  l’approche politiquement radicale de l’auteur du pamphlet « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » (que ses détracteurs qualifient parfois  de « maoïste attardé »), mais on ne peut rester insensible à l’intelligence philosophique d’Alain Badiou, qui se qualifie lui-même de « philosophe classique » au sens où il cherche à penser en permanence les grandes questions philosophiques à l’aune de son temps. Badiou appuie son matérialisme sur sa grande culture mathématique. Pour lui, « l’être n’est pas un » : il est l’infinité des multiplicités infiniment décomposables, au risque de n’avoir comme terme final que le vide privé de sens. C’est un point de différence majeur avec Heidegger qui cherchait, lui, le sens de l’être. Comme l’écrit Fabien Tarby, Badiou est aussi un penseur de l’Idée, avec un I majuscule. « L’Idée est la possibilité pour chacun de parvenir à ce qu’il a de meilleur en lui, de plus haut, et même malgrè la mort, à ce qu’il y a, en chacun, d’immortel ». Badiou lui-même définit l’idée comme  » ce qui, sur une question déterminée, nous propose l’horizon d’une possibilité nouvelle ». Une raison de croire en l’événement, ce qui peut advenir et changer la donne. Le concept d’événement est au coeur de la philosophie d’Alain Badiou. L’événement pour Badiou, c’est la soudaine irruption d’un ensemble de choses, d’éléments, qui n’étaient pas donnés ni déterminés. C’est, comme l’explique Fabien Tarby  » l’advenue, l’éclair, la fulgurance, un instant…Etre fidèle à l’événement, c’est vivre par l’événement et pour celui-ci : c’est être l’humanité créatrice ».

9782081233010Dans « Eloge de l’amour », petit livre écrit à la suite des rencontres du Festival d’Avignon intitulées « le théâtre des Idées », Alain Badiou répond aux questions du journaliste du Monde Nicolas Truong qui en animait les débats. Le point de départ est l’analyse de la campagne de publicité de Meetic proclamant « Ayez l’amour sans le hasard » qui prône un amour « garanti » ou assuré, comme si l’amour pouvait s’abstraire du risque. Badiou est profondément convaincu que l’amour n’est pas qu’une variante sécurisée de l’hédonisme généralisé, et qu’il faut « réinventer le risque et l’aventure, contre la sécurité et le confort ».

Il nous rappelle que pour Platon, « l’expérience amoureuse est un élan vers quelque chose qu’il va appeler l’Idée », et que si « le réel est narcissique, le lien est imaginaire ». Au delà de la conception romantique ou juridique de l’amour, il démontre que l’amour est construction de vérité d’un monde expérimenté à partir du « deux » et non pas de l’un. Un monde « pratiqué et vécu à partir de la différence et non de l’identité… ». Une part de verticalité dans un monde horizontal. Pour Badiou, l’amour est toujours la possibilité d’assister à la naissance d’un monde, construit au prisme de notre différence . L’amour s’initie toujours dans une rencontre, un événement qui n’entre pas dans la loi immédiate des choses. L’amour est, à ce titre, une réinvention de la vie.

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Et si on avait le droit à une deuxième chance ?

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« What if you were given a second chance ? » C’est l’idée de cette incroyable campagne  Gatorade aux Etats-Unis orchestrée par TBWA\Chiat\Day, dont vous pouvez voir ci-dessus deux des films bande-annonce.

15 ans après le match mythique qui opposait l’équipe d’Easton High School à Phillipsburg High School (deux villes séparées par le Delaware aussi rivales qu’Oxford et Cambridge),  et qui se solda par un score de parfaite égalité (7 à 7), Gatorade a décidé de faire rejouer le match devant 20 000 spectateurs. Mêmes joueurs, même coach, même pom pom girls. Juste 15 ans de plus.

Cette seconde fois, il y eut un vainqueur. Et même deux, car la marque Gatorade a tiré le bénéfice d’avoir recréé un événement à partir d’ un événement « historique » encore dans toutes les mémoires des sportifs, en obtenant une couverture médiatique extraordinaire.  Comme en témoigne la vidéo ci-dessus issue d’une des nombreuses télévisions américaines qui a relayé le match. C’est ce que les américains appellent le « earned media » (les média gratuits que l’on gagne par la puissance de son idée créative).

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