Archives mensuelles : juin 2012

Et si c’étaient les 10 films publicitaires les plus drôles de Cannes 2012 ?

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Le Festival de Cannes de la publicité se termine ce soir. L’embargo règne pendant encore quelques heures sur le Grand Prix télévision qui sera remis vers 20h dans le Grand Auditorium du Palais des Festivals, mais je peux d’ores et déjà vous dire qu’il s’agit, tout comme pour le Grand Prix Branded Content également remis ce soir, d’un film que vous avez vu sur mon blog au cours des 12 derniers mois (cliquer ici)… En attendant le palmarès officiel, j’ai décidé de vous faire profiter dans le cadre de la rubrique du samedi #EclatDeRire de mon blog, des films les plus drôles que j’ai repérés pour vous dans la short list de Cannes hier matin. Voici donc, selon moi, les 10 pépites 2012, en commençant (ci-dessus) par un des films de la campagne la plus drôle de l’année pour Direct TV dont je vous avais parlé ici en janvier dernier, et dont chacun des films mérite d’être vu ! Je n’ai pas repris dans ce post les grandes campagnes de l’année ayant déjà fait l’objet de posts spécifiques dans le cadre de cette rubrique #EclatDeRire comme Skittles (cliquer ici), BGH Air Conditioners (cliquer ici), ou Axe (cliquer ici) . Mais je ne pouvais pas ne pas commencer par le film français le plus drôle de l’année, en l’occurrence, l’Ours de Canal Plus, dont la rumeur cannoise dit qu’il devrait être (à juste titre) fort bien récompensé non seulement dans la catégorie film, mais aussi dans la catégorie Craft. Have fun !

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Effets du Kamagra est divers pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure choix. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

Et si Sun Tzu avait connu l’iPad ?

L'art de la guerre

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Au milieu de ma semaine cannoise sont publiés deux livres auxquel j’ai apporté une modeste contribution. D’une part « Twitter en 101 questions » signé par Jean-Noel Chaintreuil (@jnchaintreui)  et Emilie Ogez (@eogez). Ma contribution a consisté à répondre à deux questions : « Un professionnel de la communication peux t-il ne pas être sur twitter ? » et « Est-ce que twitter peut nous aider à avoir des idées qui tuent ? » N’ayant pas pu assister à la soirée de lancement hier soir à Paris et n’ayant pas encore lu l’ensemble de l’ouvage, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus…

L’autre livre auquel j’ai contribué sous la forme d’une vidéo est la toute nouvelle version iPad de l’inaltérable Art de la Guerre de Sun Tzu, enrichi du témoignage vidéo de 17 experts parmi lesquels : Jacques Attali, Jean-Pierre Raffarin, Raphael Enthoven, Christophe Barbier, Guy Sorman, David Abiker… cette version enrichie disponible sur iBookstore (cliquer ici) comprend la traduction française la plus récente et de nombreux compléments biographiques, historiques, et culturels…

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Pour fêter la sortie de cet « Art de la Guerre » version 2.0, j’ai le plaisir d’offrir à un lecteur de ce blog un code qui lui permettra de le télécharger gratuitement. Il suffit de laisser un commentaire sur ce post avant vendredi minuit, et j’effectuerai un tirage au sort samedi parmi les commentaires de toutes celles et ceux qui auront participé.

Mise à jour du 23 juin 2012 : Félicitations à Paule Gautier qui a gagné le tirage au sort et vient de recevoir par mail son code pour télécharger l’Art de La Guerre .

Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

Et si on jouait à ne plus avoir mal ?

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Parmi les Gold Lions de la toute nouvelle catégorie Mobile du Festival de Cannes 2012, j’ai bien aimé cette idée d’application en réalité augmentée signée JWT New York, utilisant les personnages du Muppet Show pour distraire les enfants : à chaque pansement son look particulier, son personnage animé en 3D et son histoire. On finirait par se blesser juste pour le plaisir du pansement ! En cas d’urgence et de rupture de stock de Band-Aid, faites confiance à Playstation, comme nous le rappelle la campagne print ci-dessous signée TBWA\Madrid récemment primée aux One Show (Bronze), avant de l’être logiquement à Cannes ce soir, lors de la remise des prix Press, Radio, Cyber et Design. J’en profite pour saluer la performance de l’agence BEING Paris, seule agence française à figurer en short list de la catégorie design pour Ballantines (Warning : L’alcool peut-être mis sur les blessures, mais pas dans la bouche des enfants ;-) ).

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Effets du Kamagra est différent pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si la meilleure campagne mobile du monde avait été conçue par un retraité ?

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Je ne serai pas à la remise des prix des catégories « Creative Effectiveness », « Media », « Outdoor » et « Mobile » ce soir à Cannes car, pendant que vous regarderez le match France-Suède, je serai en train de diner avec les représentants présents à Cannes d’un de nos grands clients mondiaux. Du coup, je profite de l’info livrée par Anne-Lise Carlo sur le site Stratégies.fr, pour vous commenter, quelques heures avant la cérémonie, le Grand Prix de la toute nouvelle catégorie « Mobile », présente à Cannes pour la première fois en 2012. Le vainqueur est Google (en partenariat avec Coca-Cola) pour la campagne « Hilltop re-imagine for Coca-Cola » (vidéo ci-dessus), une campagne conçue dans le cadre de l’opération « Re-imagine » (vidéo ci-dessous) qui a proposé à quatre « Mad Men » créatifs auteurs de campagnes publicitaires mythiques (Avis « We try harder », Alka-Seltzer  » I can’t believe I ate the whole thing », Volvo  » Drive it like you hate it », et Coca-Cola « Hilltop ») d’adapter leur idée originale aux technologies d’aujourd’hui.

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C’est donc Harvey Gabor, le directeur artistique, aujourd’hui à la retraite, qui a conçu en 1971 la campagne Hilltop et sa célèbre chanson « I’d like to buy the world a coke« , qui permet à Google de battre tous les geeks de la nouvelle génération en remportant le Grand Prix de la catégorie mobile à Cannes. Son idée étant de permettre aux internautes d’offrir à distance un Coca-Cola disponible dans des « vending machines » spécialement développées pour l’opération, afin d’enregistrer les réactions et remerciements de celles et ceux qui se voient offrir un Coca-Cola venu du bout du monde. Ou comment passer du « Brand belief » énoncé dans les années 70, au « Brand Behavior » permis par les réseaux sociaux.

En plus de ce Grand Prix, la catégorie « Mobile » devrait décerner ce soir une dizaine de Lions d’or, parmi lesquels devrait logiquement se trouver l’opération « VIP Fridge Magnet » signée TBWA\Raad Dubai dont je vous avais parlé sur ce blog en avril dernier  (« Et si on pouvait activer le bouton pizza en cas d’urgence ?« ). Une application pionnière qui n’a pas fini de faire des émules à l’exemple de la SmartDrop d’Evian.

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Effets du Kamagra est divers pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure choix. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si c’était l’idée qui tue de Cannes 2012?

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Celles et ceux qui me suivent sur Twitter savent que je suis arrivé à Canne hier pour le 59th International Festival of Creativity, plus connu sous l’appellation Cannes Lions, juste à temps pour assister à la première remise de prix pour les catégories Promo & activation, PR et Direct. Beaucoup des idées primées ont fait l’objet d’un post sur ce blog au cours des douze derniers mois. Mais il en est une que je n’avais pas trouvé le temps de relayer, qui est pour moi THE BIG IDEA de l’année, un peu comme le fut Tesco Home Plus dont je vous avais parlé l’an dernier (« Et si on faisait ses courses en attendant le métro ?« ). Personnellement, je lui aurais accordé le Grand Prix de la catégorie Promo & Activation, ce qui aurait évité de donner deux grands prix (Promo & Activation et Direct) à la campagne « Small Business Saturday » (vidéo ci-dessous) d’American Express, qui aurait pu se contenter du Grand Prix de la catégorie Direct… Cette idée qui tue 2012, pour moi, c’est celle de Hellman’s (vidéo ci-dessus), la célèbre marque de mayonnaise d’Unilever au Brésil, qui, pour inciter les consommateurs à diversifier l’usage de la mayonnaise, leur a offert à la sortie des caisses, une recette imprimée sur leur ticket, utilisant les ingrédients précis qu’ils venaient d’acheter et de payer. Une démonstration de plus de la tendance lourde du « Marketing In Real Time », dont je parlais au forum Netexplorateurs 2011, et plus récemment, le 12 juin dernier, à la journée Marketing Revolution (cliquer ici) organisée par Marketing Magazine.

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Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

Et si la sagesse sortait de la barbe de Lee Clow ?

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Au moment de l’ouverture du Festival de Cannes de la publicité, je ne pouvais pas ne pas consacrer cette rubrique dominicale #JourDuPenseur à celui que beaucoup considèrent, à juste raison, comme l’un des meilleurs penseurs de la publicité mondiale : Lee Clow, le charismatique patron de la création mondiale de TBWA, dont la barbe iconique vient de publier son premier livre…

leeclowsbeard_bookDepuis quelques jours, à l’occasion de la sortie du livre leeclowsbeard (cliquer ici), vous pouvez télécharger gratuitement sur l’AppStore l’application éponyme et écouter la voix du gourou de la pub américaine vous délivrer ses meilleurs conseils. Plus de 28 000 abonnés au compte twitter @leeclowsbeard ont pu profiter, depuis l’ouverture du compte le 11 mai 2009, des 889 aphorismes qui constituent aujourd’hui un livre dont le contenu a été 100% produit sur twitter. Mais ce que beaucoup ne savent pas, y compris parmi les followers de @leeclowsbeard, c’est que l’auteur de ces aphorismes n’est pas Lee Clow lui-même (qui  a découvert l’existence du compte créé à sa barbe par les félicitations qu’il recevait de la part des followers de son compte-fake), mais un créatif de Dallas, Jason Fox, qui avait juste eu envie de créer un compte satirique de la publicité, en se cachant derrière la barbe de Lee. Le fond et la tonalité des tweets ressemblent tellement à la pensée de Lee Clow, qu’un grand nombre de ses amis (dont Rob Schwartz, patron de la création de TBWA\Chiat\Day Los Angeles, ou moi-même) ont commencé par n’y voir que du feu, jusqu’au moment où Lee nous a confirmé qu’il n’était pas l’auteur des tweets de sa barbe. C’est alors que Rob et Lee ont décidé d’inviter l’usurpateur à déjeuner à Los Angeles, et de cautionner sa démarche en publiant ensemble le livre officiel de la barbe de Lee Clow !

33-jobs-clow-012411Lee Clow, patron créatif mondial de TBWA,  est une légende vivante de la publicité américaine. Californien, passionné par le surf et amoureux des chiens, il a rejoint l’agence Chiat Day créée en 1968 à Los Angeles, et devint célèbre pour avoir conçu avec Steve Hayden le fameux film de lancement du MacIntosh d’Apple en 1984, diffusé une seule fois au Superbowl, élu depuis « film du siècle » par les américains. Lorsque Steve Jobs revint à la tête d’Apple en 1997, c’est à son ami Lee Clow qu’il confia le soin de relancer, avec le réseau TBWA, la marque à la pomme, et c’est ainsi que fut conçu la campagne « Think Different » et le film « Genius » mettant en scène les génies créatifs du siècle. Lee Clow est également connu pour sa contribution aux grandes campagnes mondiales de TBWA\Chiat\Day, en particulier Nissan, Adidas, Pedigree, pour n’en citer que quelques unes qui lui sont chères. Mais Lee Clow est également devenu un gourou de la publicité mondiale, du fait de la grande qualité de ses prises de parole sur le métier et sa philosophie créative radicale, en totale symbiose avec la Disruption, le concept développé par Jean-Marie Dru, dont il fut le partenaire pour le développement mondial de TBWA depuis 1998. Lee Clow est également l’inspirateur de Media Arts Lab, l’agence 100% dédiée à Apple au sein de TBWA, présente à Los Angeles, Londres, Tokyo et Beijing, qui produit l’ensemble des campagnes Mac, iPod, iPhone et iPad.


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Je vous recommande sincèrement la lecture du livre @leeclowsbeard, dont j’ai extrait pour vous 15 de mes citations préférées (ci-dessous), sans oublier d’y ajouter la seule citation du livre prononcée par Lee Clow et non par sa barbe : « Make it smart, make it beautiful, have fun » !

- « Consumer never complain about ads being too smart »

- « Your ad begins as an interruption. Make paying attention to it feel like a reward »

- « Every client wants something new. And three examples of where it’s worked before »

- « Media changes. The rules of good creative do not »

- « If you want a stronger call to action, create a better ad »

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- « The client may be the judge, but the consumer is the jury and executioner »

-  « It’s easier to get great work when you treat great people with great respect »

-  « Worry about the impression and ad will make before worrying about how many impressions it will get »

- « No man is wise who refuses to risk »

- « A boring product is no excuse for a boring ad »

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- « An ad should be an appetizer, not a buffet »

- « The better the work, the shorter the presentation »

- « A group of 12 people can’t even decide where to go to lunch; why let them decide where to take your brand ? »

- « Being better is the best way to being different »

- « Just because it’s measurable does not mean it matters »

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Effets du Kamagra est divers pour tout le règne. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si un simple post-it pouvait révolutionner votre business model ?

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Un livre dont la quatrième de couverture commence par « Les modèles économiques disruptifs sont emblématiques de notre génération… » et qui consacre sa double page centrale au pouvoir du « Et si ? » (photo ci-dessus) pouvait difficilement espérer échapper à l’oeil vigilant de #JourDuPenseur. Contrairement à ce que certains pourraient penser, il ne s’agit pas d’un nouveau livre signé TBWA sur la Disruption, mais bien d’un ouvrage collectif « crowdsourcé » (470 coauteurs) inspiré par la thèse d’Alexander Osterwalder sur « les business models innovants », écrite sous la direction d’Yves Pigneur, professeur à HEC Lausanne. Je vous en recommande vivement la lecture tonique, vivifiante et imagée, très inspirante si vous avez l’intention de créer votre entreprise (quelle qu’elle soit), ou si vous souhaitez transformer celle dans laquelle vous êtes.

business-model-generation-bookC’est en 2004 qu’Alexander Osterwalder achève la rédaction de sa thèse de doctorat sur les modèles économiques innovants, sous la direction d’Yves Pigneur. En 2006, la démarche décrite dans la thèse commence à être appliquée un peu partout dans le monde à partir du blog d’Alexander, notamment par 3M, Ericsson, Deloitte et Telenor. C’est alors que Patrick Van der Pijl suggère d’accompagner la méthode d’un livre, qui soit conçu lui-même de manière innovante. C’est ainsi qu’ils lancent « The HUB« , plateforme en ligne où ils publient leurs écrits, permettant à toute personne de participer à l’écriture, via une cotisation qui a permis en partie de financer la production du livre. Le directeur artistique de l’agence « The Movement », Alan Smith, entend parler du projet et lui apporte les compétences graphiques de son agence, complétée par JAM, agence spécialisée dans les outils et méthode de la pensée visuelle. Le résultat : un livre innovant sur le fond comme dans la forme, qui déclare avoir consommé pas moins de 28 456 post-its pour son élaboration ! Car le célèbre post-it note de 3M s’avère un élément indispensable pour pratiquer la méthode avec succès…

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La méthode de Business Model Generation repose sur une représentation simplissime des modèles économiques de toute entreprise en 9 blocs de base : 1.SC =Segments de clientèle (les différents groupes d’individus ou d’organisations que cible une entreprise), 2. PV = Propositions de valeur (produits et services créateurs de valeur incluant design, marque, prix…) 3. CX = Canaux de communication et de distribution 4.RC = Relations avec le client (acquisition et fidélisation) 5. R€ = Flux de revenus 6. RES = Ressources clés ( physiques, financières, intellectuelles, humaines..) 7. AC = Activités clés (ce que l’entreprise doit faire) 8.PC = Partenaires clés (dont les fournisseurs clés) 9. C€ = Structure de coûts (les principaux couts générés par le fonctionnement de l’entreprise). En décomposant ainsi votre activité, vous obtenez une Matrice fondamentale, que vous pourrez adapter à votre cas particulier à l’aide de post-its, sur le modèle ci-dessous appliqué à iPod/iTunes d’Apple :

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Pour compléter l’analyse, on peut distinguer (par exemple via trois couleurs), les trois types d’organisation : 1. celles fondées sur la relation client, 2. celles fondées sur l’innovation produit, et 3. celles fondées sur les infrastructures. Ces trois types d’organisation peuvent coexister au sein de la même entreprise, mais peuvent également être dégroupés. Voilà ce que celà donne sur l’analyse du modèle économique de la banque privée avec en vert, les activités « relationnelles », en rouge « les activités « innovation produit » et en bleu les « activités d’infrastructure ». Cette analyse permet de repérer de manière simple les conflits (par exemple ici entre la neutralité nécessaire du conseil et l’intérêt qu’a la banque de vendre ses propres produits), et d’ouvrir la porte au dégroupage (par exemple séparation des activités de transaction et de conseil). De nombreux autres exemples allant du modèle économique de Google à celui de Lego ou de la Wii sont donnés dans le livre.

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Cette analyse permet également d’étudier le mode de fonctionnement des nouveaux business model ouverts de type « fremium » ou « open source » à l’exemple de Skype qui offre les appels internet et vidéos, mais fait payer les appels vers les téléphones, tout comme Gillette qui minimise ses marges sur les rasoirs pour profiter au maximum du réachat des lames, ou encore Nespresso, qui vent des machines mais dont le principal revenu vient des capsules. Un chapitre particulièrement intéressant est consacré au Design  (connaissance du client, génération d’idées, pensée visuelle, prototypage, storytelling et scénarios). C’est en cherchant à innover (« Et si ? ») à partir de chacune des cases de la matrice que l’on peut inventer de nouveaux business models « prototypes », dont on peut ensuite définir les forces et les faiblesses. A titre d’exemple, voici 8 prototypes  de modèles économiques pour publier un livre, allant de l’édition à l’ancienne au livre personnalisé, en passant par le livre co-créé (cliquer sur les images pour les agrandir) :

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Cet exemple montre à quel point les entreprises se trompent quand elles pensent que leur business model est figé et intangible. Les opportunités et les options sont nombreuses. Il suffit de modifier une case (autrement dit, changer un post-it) pour créer un scénario nouveau qui modifie l’ensemble de la structure de l’entreprise. L’évaluation force/faiblesse de chacun des scénario dans l’environnement concurrentiel de l’entreprise, va permettre de déterminer la meilleure stratégie innovante, et de redessiner l’entreprise future. L’application de cette matrice n’est pas réservée aux entreprises privées : la même technique peut-être utilisée par les organisations à but non lucratif, les associations caritatives, le secteur public ou celui de l’économie solidaire. Car toute entreprise humaine a un modèle économique. Pour parfaire leur démonstration, les auteurs ont publié à la fin de leur ouvrage la matrice du livre : un flux de revenu original ( le livre a été financé par les pré-ventes et les droits d’inscription payés par les co-créateurs, des revenus supplémentaires ayant été générés par des versions personnalisées du livre pour des entreprises et leurs clients) et une proposition de valeur différenciante : un format « à l’italienne », une conception très visuelle, et un contenu crowdsourcé… Bref, un livre qui vous donnera envie d’innover jusque dans la conception de votre prochain livre. Et vous convaincra définitivement, s’il en était besoin, que le secret de l’innovation est bien dans la remise en cause d’une convention existante, qu’il s’agisse d’une innovation de communication, d’une innovation produit/service, ou d’une innovation de business model. C’est tout l’art appliqué de la Disruption , fondé sur la formule magique du « Et si ? ». Une simple question de remise en question !

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Et si vous êtes prêts à investir 50 minutes de votre temps pour réfléchir sur votre business model, voici la vidéo de présentation en anglais par l’auteur de sa démarche chez Google à Moutain View l’an dernier  (il existe également sur vimeo une vidéo de 90 minutes en français qui présente la méthode : cliquer ici).

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Et si les idées se trouvaient par errance ?

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Ayant reçu la drogue mensuelle préférée de mon cerveau, Philosophie Magazine, dont la couverture de juin est titrée « D’où viennent les idées ? » (qui fera l’objet d’une émission « Du grain à moudre » sur France Culture le 5 juin à 18h20), il m’était difficile de ne pas y consacrer ce centième #JourDuPenseur dominical. Même si, en tant qu’idéaliste assumé, l’introduction d’Alexandre Lacroix titré « Eloge des idées vécues », sur le rapport dialogique idéalisme/matérialisme m’a quelque peu laissée sur ma faim (mais n’est-ce pas l’intérêt d’un édito bien écrit que d’ouvrir l’appétit ?), je vous recommande la lecture du dossier central du magazine et tout particulièrement la réponse de 13 philosophes contemporains à la question « Dans quelles circonstances ont-ils trouvé leur concept clé ? ». Leur réponse commune pourrait tenir en un seul mot : Sérendipité !

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De Walt Disney, qui déclare avoir eu l’idée de Mickey, en quelques heures et sans effort, dans un train qui le ramenait de la côte Est américaine vers la Californie, en se remémorant avoir domestiqué une petite souris brune dans le bureau où il travaillait à Kansas City, à Zygmunt Bauman, qui a eu la vision du passage de la post-modernité à la modernité « liquide » (terme utilisé désormais pour nommer la dissolution des structures sociales solides qui relient les individus) lors d’un concert donné par le violoncelliste Yo-Yo Ma, il semblerait que l’ »EUREKA! » soit le fruit de la sérendipité (à ne pas confondre avec le fruit du hasard : l’errance mentale étant loin d’être hasardeuse, comme l’explique Lionel Naccache, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, auteur de l’excellent livre  » Perdons-nous connaissance? (Odile Jacob- 2010). Le terme « Sérendipité » (issu de l’anglais « serendipity ») n’est pas encore entré dans tous les dictionnaires.

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Wikipédia le définit dans les termes suivants : « La sérendipité est le fait de réaliser une découverte inattendue grâce au hasard et à l’intelligence, au cours d’une recherche dirigée initialement vers un objet différent de cette découverte. « Sérendipité » est, en français, un néologisme créé à partir du mot anglais « serendipity », terme lui-même créé par Horace Walpole, en 1754, dans une lettre à son ami Horace Mann, envoyé du roi Georges II à Florence, pour désigner des « découvertes inattendues, faites grâce au hasard et à l’intelligence, et selon les termes mêmes de Walpole faites par « sagacité accidentelle ». Il s’était inspiré du titre d’un conte d’origine persane intitulé Voyages et aventures des trois princes de Serendip, où les héros, tels des chasseurs, utilisaient des indices pour décrire un animal qu’ils n’avaient pas vu. Voici le passage en question (trad. dans Les aventures des trois princes de Serendip et Voyage en sérendipité, Thierry Marchaisse, 2011) : « …cette découverte est presque de l’espèce que j’appelle serendipity, un mot très expressif que je vais m’efforcer, faute d’avoir mieux à vous narrer, de vous expliquer : vous le comprendrez mieux par l’origine que par la définition. J’ai lu autrefois un conte de fées saugrenu, intitulé Les Trois Princes de Serendip : tandis que leurs altesses voyageaient, elles faisaient toute sorte de découvertes, par accident et sagacité, de choses qu’elles ne cherchaient pas du tout : par exemple, l’un des princes découvre qu’une mule borgne de l’œil droit vient de parcourir cette route, parce que l’herbe n’a été broutée que sur le côté gauche, où elle est moins belle qu’à droite – maintenant saisissez-vous le sens de serendipity ? L’un des exemples les plus remarquables de cette sagacité accidentelle (…). » Ce conte est inspiré d’anciens contes persans. Il fut publié en italien en 1557 par l’éditeur vénitien Michele Tramezzino, dans une version qui fut traduite et adaptée en français, en particulier par Louis de Mailly en 1719. C’est à cette version et sa traduction anglaise parue en 1722 sous le titre Travels and Adventures of Three Princes of Sarendip que se réfère Walpole lorsqu’il crée le mot serendipity. Serendib ou Serendip ou Sarendip était l’ancien nom donné au Sri Lanka en vieux persan. L’histoire raconte que le roi de Serendip envoie ses trois fils à l’étranger parfaire leur éducation. En chemin, ils ont de nombreuses aventures au cours desquelles, ils utilisent des indices souvent très ténus grâce auxquels ils remontent logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Ils sont ainsi capables de décrire précisément un chameau qu’ils n’ont pas vu. Ce conte a inspiré le Zadig de Voltaire. »

61-1-170Sans aller jusqu’à croire comme le penseur français Alain que « Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l’ont pas cherchée », on peut voir combien les grandes idées, par exemple scientifiques, on été découvertes lors d’un chemin de traverse, une errance intelligente. Comme l’écrit Michel Eltchaninoff :  » Combien de savants ont pu cristalliser le résultat de leur recherche à l’occasion d’une observation accidentelle, d’un raisonnement connexe, d’une expérience inattendue ? Faire un pas de côté pour se recentrer, telle est la logique de la sérendipité ». Citant Merleau-Ponty (« La volonté de dormir empêche de dormir »), il nous rappelle que l’on « ne peut arracher de force une idée : il faut la laisser croître et apparaitre en cultivant ce qui la rend possible, mais en l’oubliant en tant que telle ». C’est l’intérêt du processus de brain storming, dont Luc de Brabandere nous dit qu’il permet de sortir du « piège de la pensée catégorielle », mais c’est aussi sa limite : la solution n’est pas dans l’errance pure, mais dans l’errance intelligente, celle d’une conscience qui suit, comme le dit Hegel « son propre désir singulier, mais qui réussit à le rendre universel ». C’est la force des Disruption Days, que de circonscrire intelligemment le cercle de l’errance.  Comme le disait Philippe Michel, mon maitre idéologue à penser (voir « Et si Philippe Michel était toujours vivant ?« ), une grande idée (de marque), « c’est quand la vérité particulière (de la marque) rencontre une vérité universelle (de la vie) », ouvrant ainsi la porte à l’expérience des idées vécues … Just Do It  ! ;-)

Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.