Archives mensuelles : juillet 2012

Et si on ne sous-estimait pas la stupidité ?

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Récréation pour ce #JourDuPenseur post 14 juillet (et post concert de Madonna au Stade de France), avec un petit livre humoristique qui a rendu célèbre l’économiste Italien, Carlo M.Cipolla, intitulé  » Les lois fondamentales de la stupidité humaine ». Un livre qui confirme partiellement la thèse de Diesel sur les personnes stupides :  » L’individu stupide est le type d’individu le plus dangereux », bien davantage que « les crétins », ou même que « les bandits » !

CipollaCarlo M. Cipolla, né en 1922 et mort en 2000, fut un économiste et historien italien dont l’intérêt résidait plus dans l’analyse sociale que dans les faits et chiffres. Il enseigna à Berkeley et à l’Ecole Normale supérieure de Pise. Il devint célèbre pour ses travaux sur la surpopulation et sur la … stupidité ! Initialement rédigé en anglais en 1976 (et édité en série limitée chez « Mad Millers », autrement dit les Meuniers Fous) sous le titre « The basic laws of human stupidity », les lois fondamentales de la stupidité ont attendu 15 ans pour être traduites en italien dans un premier temps, 25 ans pour être rééditées en anglais et 35 ans pour être (enfin) disponibles en Français.

1293830-gfPartant du principe que « l’humanité a toujours été dans le pétrin », Carlo M. Cipolla a décidé de comprendre comment fonctionnait le groupe humain des gens stupides, « l’une des plus puissantes forces obscures qui entravent le bien-être et le bonheur de l’humanité ». Il définit l’être stupide comme l’être irrationnel capable d’agir sans aucun intérêt, ni pour lui, ni pour vous, et met en évidence « les 5 lois fondamentales de la stupidité » . Loi N°1 : « Chacun sous-estime toujours inévitablement le nombre d’individus stupides existant dans le monde ». Loi N°2 : « La probabilité que tel individu soit stupide est indépendante de toute les autres caractéristiques de cet individu ». Loi N°3 :  » Est stupide celui qui entraine une perte pour un autre individu ou pour un groupe d’autres individus, tout en n’en tirant lui-même aucun bénéfice et en s’infligeant éventuellement des pertes ». Loi N°4 : « Les non-stupides sous-estiment toujours la puissance destructrice des stupides. En particulier, les non-stupides oublient sans cesse qu’en tout temps, en tous lieux, et dans toutes les circonstances, traiter et/ou s’associer avec des gens stupides se révèle immanquablement être une erreur coûteuse ». Loi N°5 :  » L’individu stupide est le type d’individus le plus dangereux. » et son corollaire « L’individu stupide est plus dangereux que le bandit ». En créant un axe X qui mesure le gain qu’un individu donné tire de ses actes (gain positif ou négatif), et un axe Y qui mesure le profit qu’un autre individu tire des actions du premier, on peut définir quatre quadrants et donc quatre types de comportements : le comportement » intelligent »ou le bien de l’un provoque le bien de l’autre (que l’on pourrait appeler aujourd’hui le « win-win ») , le comportement « Bandit » (que l’on pourrait nommer le « win-lose »), ou le bien de l’un se fait volontairement au détriment du bien de l’autre, le comportement « Crétin » où l’on se fait du mal en faisant le bien de l’autre »  (que l’on peut appeler « lose-win ») et le comportement stupide qui produit le mal de l’un et le mal de l’autre (qu’on pourrait appeler « lose-lose »). Pour l’auteur, l’action du bandit a le mérite d’être rationnelle :  » on peut prévoir les actions d’un bandit, ses manoeuvres malfaisantes et ses aspirations détestables : on peut donc souvent s’en défendre ». Mais face au comportement irrationnel d’un individu stupide, vous êtes démuni ! Parce que leurs actions ne sont pas conformes aux règles de la rationnalité, leur attaque nous prend en général au dépourvu et la défense rationnelle ne fonctionne pas. C’est ce que pensait Dickens lorsqu’il déclarait que « l’homme peut tout affronter, armé de stupidité et d’une bonne digestion » ou Schiller qui écrivait « contre la stupidité, les dieux mêmes luttent en vain ». De la stupidité comme arme absolue ! L’humanité n’a donc pas fini d’être stupide. Pour le meilleur ET pour le pire !

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Effets du Kamagra est varié pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

Et si vous reviviez en « live » la prise de la Bastille ?

http://www.dailymotion.com/videoxs00f3

Mon ami Thomas Snégaroff, historien et professeur de géopolitique que vous pouvez voir régulièrement sur TV5 dans L’histoire en marche, et dont je vous recommande le dernier livre « L’Amérique dans la peau« , est à l’origine de la série radiophonique de l’été « France Info y était », qui commence aujourd’hui avec la reconstitution de la prise de la Bastille. Pendant tout l’été, deux journalistes de l’antenne, Grégoire Lecalot et Hélène Lam-Trong vont nous faire revivre des événements historiques, à la manière de France Info, dans le respect de la vérité historique et grâce à une reconstitution sonore de l’époque, avec le commentaire (et le recul) de Thomas Snégaroff.

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Après l’épisode de La Bastille, vous pourrez suivre successivement en live la mort de Lincoln en 1865, puis retrouver Alcibiade en 489 avant JC, Henri IV en 1610, Marignan en 1510, Christophe Colomb en 1492 et Pompéi en 79. A chaque fois, l’émission radio est relayée sur le net par une infographie commentée (cliquer ici ou dans l’image ci-dessus) et une présence sur les réseaux sociaux (facebook, twitter…) adaptée à la situation. Rendez-vous aujourd’hui sur France Info à 16h50, 18h50, 21h50 ou 0h20, ou cliquez ici pour écouter, en live comme si vous y étiez, la prise de la Bastille !

http://www.dailymotion.com/videoxs5a9g

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Et si on roulait sur l’eau ?

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Merci à mes amis de l’agence TBWA\Djaz en Algérie de m’avoir fait découvrir via facebook cette superbe animation en projections 3D réalisée sur un mur d’eau par TBWA au Canada pour le pré-lancement de la nouvelle Nissan Altima, à l’occasion de la journée nationale canadienne, pour le 145 ème anniversaire de la nation. Le spectacle a été diffusé le dimanche 1er juillet simultanément dans 4 villes canadiennes (Halifax, Ottawa, Toronto et Vancouver). Le show avait été précédé d’une vidéo teasing (ci-dessous). La première voiture 3D amphibie !

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Et si on sortait de l’âge de pierre de l’humanité ?

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Retour de notre rubrique #JourDuPenseur après deux semaines d’absence pour cause d’agenda international quelque peu chargé. Ce sont justement les 11 heures dans l’avion qui me ramenait de Shanghai avant-hier qui m’ont permis de dévorer le livre le plus intéressant qu’il m’ait été donné de lire depuis La Voie, d’Edgar Morin ( voir « Et si Edgar Morin avait trouvé la voie ? »), qui en a rédigé la préface. Il s’agit du dernier livre de Patrick Viveret : « La cause humaine – Du bon usage de la fin d’un monde », aux éditions LLL (Les Liens qui Libèrent), un livre d’une profondeur et d’une simplicité remarquable qui passionnera tous ceux qui, comme moi, se rangent avec le Collegium International, du côté des humanistes planétaires.

220px-Patrick_ViveretPatrick Viveret est philosophe, ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes. Il est également cofondateur du Forum pour d’autres indicateurs de richesse, et initiateur  des rencontres internationales Dialogues en humanité, qui se déroulent chaque année à Lyon, et dont l’édition 2012 se termine aujourd’hui même. Il est notamment l’auteur de Reconsidérer la richesse, et Pourquoi ça ne va pas plus mal. Dans un monde en plein bouleversement, où l’exacerbation des rivalités pourrait conduire à de nombreuses régressions, Patrick Viveret prône une autre approche de la mondialité centrée sur la conscience de la communauté de destin qui lie l’humanité, destin qui se joue autant à l’échelle de nos quartiers qu’à l’échelle de la planète. Au nom de la seule cause qui vaille selon lui, celle de l’humanité, qui doit devenir le nouvel horizon de toute politique. Comme le souligne Edgar Morin dans sa préface : «  Viveret réintroduit l’humain dans la pensée politique… Il incite au final à lier la résistance créatrice, l’expérimentation anticipatrice, et la vision transformatrice, afin de sortir de l’âge de pierre de l’humanité ».

1275736-gfEn opposant « les tours et les tentes », Patrick Viveret nous rappelle que l’ennemi de l’humanité est l’homme lui-même « En ligne de mire, c’est toujours l’Autre, qu’il habite le même quartier ou l’autre bout du monde ». La barbarie n’est pas extérieure, mais intérieure, et « le barbare ce n’est pas l’autre, c’est le refus de l’autre ». D’où la nécessité d’adopter une autre approche de la mondialité, centrée sur la conscience de cette communauté de destin qui lie l’humanité pour le pire, mais aussi pour le meilleur ». Patrick Viveret fait partie de ceux qui pensent que la fin de ce monde n’est pas la fin du monde, mais la transition vers un nouveau monde : « L’apocalypse est aussi dévoilement ». Dans ce clair-obscur, des monstres peuvent apparaître, mais aussi la nouvelle voie, chère à Edgar Morin, à condition d’allier « l’optimisme de la volonté au pessimisme de l’intelligence », comme le proposait Gramsci. Pour Viveret, l’enjeu central maintenant est de dépasser la peur qui nous empêche d’agir au moment même ou la conjonction des crises (financière, écologique, sociale, géopolitique) peut nous mener aux pires catastrophes si nous ne faisons rien pour changer nos manières de vivre. Partant du principe que « nous avons déjà percuté le mur », Viveret suggère d’explorer les brèches qui nous permettent de commencer à nous en sortir en adoptant la maxime de Gandhi : «  soyons le changement que nous proposons », afin d’éviter la facilité suicidaire du repli dépressif. Un tel projet suppose de retrouver « le gout de la discussion, de l’imagination et de l’action » : il se nourrit d’abord de désir, « …et l’énergie du désir est très supérieure à celle de la peur ». Ce désir pour Viveret, c’est le désir d’humanité. Son diagnostic est « qu’au cœur de la crise systémique, se trouve la démesure » (ce que les Grecs appelaient l’(h)ubris, qui se traduit par une fuite en avant dans notre rapport à l’argent, au progrès ou à la nature, avec, au cœur de la société, l’économie, au cœur de l’économie, la finance, et au cœur de la finance « l’économie émotionnelle » où se succède euphorie et panique. C’est cette démesure qui provoque crise sociale et mal de vivre. D’où l’urgence pour l’auteur d’opposer au couple démesure/mal de vivre, fondé sur la domination et l’avoir, un autre axe, celui du « bien vivre », que d’autres appelleraient « sobriété heureuse » (Pierre Rabhi), abondance frugale (Jean-Baptiste de Foucauld) ou « saciété joyeuse ». Il est pour cela nécessaire, selon Viveret, de réorienter nos économies et nos politiques publiques vers des logiques de mieux-être et de qualité de vie, sachant que « ce qu’il faut sauver, ce n’est pas la planète, c’est l’humain ! ». Il faut prendre le meilleur de la modernité (l’émancipation sous toutes ses formes), et rejeter le pire de la modernité (la « chosification » de tout). Il faut prendre le meilleur de la tradition (rapport à la nature, au lien social et au sens), et rejeter ce qu’elle a de pire (la dépendance), dans une logique de co-construction d’un nouvel universel, et sortir ainsi de notre âge de pierre qui est aussi celui d’une « humanité au cœur de pierre ». Car, selon Viveret, l’humanité « est une espèce qui ne s’aime pas », et qui passe son temps à nier l’intelligence émotionnelle collaborative qui pourtant la caractérise depuis toujours. La seule issue ? Changer de paradigme en substituant une logique de partage à la logique d’accumulation qui nous gouverne. Nous devons individuellement et collectivement, passer de « la peur de la mort, à l’audace de vivre » et nous poser réellement la question « Que voulons faire de notre vie ? » et pas simplement « dans notre vie ». Cette prise de conscience collective doit nous amener à repenser la gouvernance mondiale pour lutter contre les 6 grandes menaces : destruction écologique, autodestruction nucléaire, cocktail explosif de la misère, démesure de l’économie financière, risque de guerre de civilisation et d’une science sans conscience. Il faut agir dès l’éducation en opposant au modèle de réussite individuelle un modèle de réussite collective, en passant comme le dit Edgar Morin du logiciel ego-compétitif, au logiciel alter-coopératif. Il nous faut aussi apprendre à « construire du conflit » comme alternatif à la violence, et imposer un modèle humain profondément empathique, comme le défend également Jeremy Rifkin (voir « Et si l’empathie était le moteur de l’humanité ? »). Il faut remettre le sujet de l’amour (reconnaissance de l’altérité), du bonheur (qualité de présence et d’intensité) et du sens (liberté de conscience) dans le débat public, et ne plus simplement renvoyer ces sujets fondamentaux à la sphère individuelle. Ces trois aspirations fondamentales appelant à construire une « haute qualité démocratique » nouvelle, fondée sur « le droit de chaque être humain à vivre debout intensément et à ne pas se contenter de vivoter ou de survivre ». Viveret veut nous faire sortir de la pensée TINA (« There is no alternative » formulé par Margaret Thatcher) et du cycle DCD (Dérégulation, compétition et délocalisation), pour construire une alternative qui soit de nature à agir en même temps sur la dette écologique, la dette sociale et la dette financière. Il veut encourager les audits de richesses réelles, les expérimentations de monnaie sociales, et les initiatives d’économie sociale et solidaire, dans une démarche qu’il nomme REV associant Résistance créatrice, Expérimentation anticipatrice, et Vision transformatrice. Pour Viveret, réussir l’aventure du 21ème siècle, c’est accéder à « une citoyenneté terrienne où les humains apprendraient à pratiquer entre eux et dans leur rapport à la nature, des stratégies de collaboration plutôt que de rivalité ou de prédation ». Cela pourrait passer par un nouveau Manifeste Universel des Droits Humains » intégrant l’exigence de droits citoyens mondiaux et la reconnaissance de nos devoirs à l’égard de la nature. Il n’est plus temps de vouloir placer l’humain au centre, il est temps de le faire vraiment. Le jeu en vaut la peine, puisqu’il s’agit tout simplement de « la cause humaine ».

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Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.