Archives mensuelles : décembre 2012

Et si… on se retrouvait en 2013 ?

...26 décembre 2012

Voilà. C’est fini pour 2012. Je pars ce soir à 9 400 kilomètres de Paris. Et je déconnecte en emmenant quelques bons livres à lire sur la plage (histoire de…

Et si l’orchestre était recyclé ?

...26 décembre 2012

La vidéo ci-dessus, partagée sur Facebook par mon ami Emmanuel André, est en train de faire le buzz de cette fin d’année. Elle raconte l’histoire des musiciens des bidonvilles de…

Et si Internet était né avant Jésus ?

Image de prévisualisation YouTube

Plus de 12 millions de vues pour cette vidéo publiée il y a deux ans, mais que je n’ai découverte que ce matin via @PPC (c’est ce que l’on pourrait appeler la « longue traine de Noël » ;-) ). Elle nous raconte, non sans humour, l’histoire de la Nativité au travers des réseaux sociaux, depuis l’Annonciation faite à Marie, jusqu’au choix online des cadeaux par les Rois Mages. Vous pourrez également lire la version 100% twitter de l’histoire dans la vidéo ci-dessous. Excellent Jour de Noël à toutes et à tous !

Image de prévisualisation YouTube

Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

Et si on partageait 10 idées qui tuent pour 2013 ?

Image de prévisualisation YouTube

Pour ce dernier #JourDuPenseur de l’année 2012 (car le #JourDuPenseur part se ressourcer en vacances avec moi la semaine prochaine), je vous propose ma sélection des dix idées qui tuent parmi les « 50 Big Ideas for 2013 » publiées par les « LinkedIn Thought Leaders », communauté dont j’ai l’honneur de faire partie (cliquer ici). Pour la fin de l’année, LinkedIn a demandé à chacun des 194 membres de cette communauté dont le membre le plus suivi, avec plus d’un million de followers, est Richard Branson, quelle était sa « Big Idea » pour 2013. Dans un post titré  » This year, the war on drugs ends« , Branson défend la thèse qu’il faut désormais se concentrer sur les politiques d’éducation et de prévention en matière de drogues, plutôt que sur la répression (voir la vidéo ci-dessus). Les fidèles lecteurs de ce blog ne seront pas surpris par le thème que j’ai choisi dans mon post intitulé  » The year of ChanGGe (for improving Global Governance) » consacré à l’importance et l’urgence d’améliorer la Gouvernance Mondiale. J’ai sélectionné pour vous les 8 autres idées qui m’ont paru les plus intéressantes : 3 concernent les grands enjeux mondiaux, et 5 concernent l’évolution des entreprises à l’heure d’internet et des réseaux sociaux.

• Deepak Chopra, troisième personnalité la plus suivie sur LinkedIn après Richard Branson et Barak Obama, dans un post intitulé « A critical mass of consciousness« , défend l’idée qu’il faut donner aux citoyens du monde une masse critique de connaissances et de prises de conscience pour atteindre les 8 objectifs du Millénaire fixés par les Nations Unis (voir mon post  » Et si nous nous mobilisions pour que les objectifs du millénaire soient atteints ? » en septembre 2010).

• Arianna Huffington, présidente du Huffington Post et septième personnalité la plus suivie sur LinkedIn, dans un post intitulé « the year we prioritize beating stress« , propose une véritable philosophie de vie autour du thème « less stress, more living ».

• Bill Gross, le CEO d’Idealab, dans un post titré  » Climate change will matter again« , fait le pari que 2013 sera l’année du « tipping point » de l’action concertée des pays en matière de réchauffement climatique.

0d9ab26

• Dan Sanker, CEO de CaseStack, dans un post intitulé « Collaboration over competition » veut nous convaincre que le business n’est plus forcément une guerre, mais a tout à gagner à s’appuyer sur la collaboration avec les clients et  la coopération avec les concurrents.

• Charlene Li, fondatrice d’Altimer Group, dans un post titré « Get all of your employees on social media« , propose de considérer les réseaux sociaux comme stratégiques pour les entreprises, et de former 100% des collaborateurs des entreprises pour qu’ils deviennent des ambassadeurs de leur marque.

• Don Peppers, auteur de « Extreme Trust », dans un post intitulé « Social Filtering for trust« , prédit l’accélération de l’utilisation systématique des « social graphs » au nom du fait que le jugement des gens que l’on connait a plus de valeur que celui des gens que l’on ne connait pas.

• Steve Rubel, EVP d’Edelman, dans un post titré « Put a content engine inside your company« , propose à chaque entreprise d’adopter la « newsroom mentality » pour produire plus de contenus et de points de vue pertinents.

• Enfin, Pete Cashmore, CEO de Mashable, dans un post intitulé « Unbundling media » est convaincu que l’avenir des contenus digitaux est d’être fragmentables pour être plus facilement diffusés en pièces détachées dans une logique de « microcontent blogging ».

Vous trouverez parmi les « Big Ideas for 2013″ d’autres très bons posts, allant de « Learning fast from failure » à « Be the head marketer of you« , en passant par les perspectives des Big Data (« Big objective data for big smart decisions » et « Big Data for the little Guy« ).

Vous trouverez l’intégralité des « Big Idea for 2013″ en cliquant ici . N’hésitez pas à ajouter la vôtre en commentaire de ce post !

3b3155a

Effets du Kamagra est varié pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

Et si on évitait d’adopter les (mauvaises) pratiques du e-commerce ?

Image de prévisualisation YouTube

Comme tous les samedis sur ce blog, c’est la rubrique #EclatDeRire avec les meilleures campagnes humoristiques venues du monde entier. Avec cette semaine, deux nouveaux films signés Google Analytics complétant un premier film sorti en octobre dernier, montrant de manière très drôle, les mauvaises pratiques du e-commerce appliquées à un supermarché bien réel. Dans ces trois vidéos YouTube, Google n’hésite pas à tourner en dérision l’imprécision du moteur de recherche, la difficulté d’inscription, ou la préconisation promotionnelle pour mieux vous convaincre d’adopter les techniques d’optimisation que vous trouverez sur le blog associé à la campagne en cliquant ici. Que vous fassiez vos courses de Noël en ligne ou en boutiques, je vous souhaite un excellent week-end !

Image de prévisualisation YouTube Image de prévisualisation YouTube

Effets du Kamagra est différent pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

Et si la pub vous permettait d’échapper à la fin du monde ?

seat-fr-maya-ambieznt-marketing-saatchi-saatchi-switzerland-suisse-idée-secours-survivre-fin-du-monde-1-600x360

La fin du monde n’aura donc pas lieu vendredi, si l’on en croit à la fois le CNRS (cliquer ici), et la NASA (cliquer ici) dans deux documentaires fort intéressants, qui nous apprennent à ne pas mélanger Mayas et Aztèques et à compter en base 20 ! Ceci étant, la pseudo-fin du monde est non seulement l’occasion de faire la fête, mais aussi pour un certain nombre de marques de faire leur pub. Qu’il s’agisse de marques commerciales comme SEAT en Suisse, qui vous propose en cas d’urgence de fuir le plus rapidement possible (ci-dessus), ou qu’il s’agisse de l’agence de pub TBWA en Israel, qui a ouvert un site et une application facebook vous permettant de réserver votre place dans la nouvelle Arche de Noé créée pour l’occasion, en emmenant la personne de votre choix qui contribuera à repeupler la planète après le cataclysme ! Mais attention, pour obtenir votre place dans l’arche, il vous faudra répondre à une question existentielle que je vous laisse découvrir en cliquant ici ou dans l’image ci-dessous. En attendant de vous retrouver sur l’arche TBWA, je vous souhaite une excellente fin du monde à toutes et à tous ! ;-)

tbwa_1

Effets du Kamagra est différent pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

Et si le musée de l’Internet ne fermait jamais ?

el-museo-de-internet

The Big Internet Museum est un site conçu par l’agence TBWA\Neboko Amsterdam, qui retrace l’histoire d’Internet au travers des faits marquants et inventions les plus célèbres du web. Vous apprendrez ainsi que le premier mail date de 1972, que le premier spam a eu lieu en 1978 sur l’Arpanet, et que le premier smartphone permettant d’accéder au web est sorti en 1992. Vous pourrez aussi mieux comprendre les particularismes du net, des lolcats au Rickroll, en passant par l’histoire du gif (qui avait fait par ailleurs l’objet d’une très joli vidéo : cliquer ici). Le musée virtuel nous permet de redécouvrir l’histoire du Web en naviguant à travers sept ailes : audio-visuel, médias sociaux, technologies, périphériques, jeux-vidéos, mêmes et histoire. Le Musée, ouvert par définition 24h sur 24h et 7 jours sur 7, accueille également des expositions temporaires, la première d’entre elles étant consacrée à l’histoire du flash (cliquer ici). Il est possible à chaque visiteur de proposer une « œuvre du web » à exposer dans le musée, et vous êtes encouragés à donner un tweet pour faire sa promotion. La mémoire du net a désormais un emplacement identifié ! La visite commence ici

The-Big-Internet-Museum-SPAM

tbim_0021_double-rainbow

Effets du Kamagra est divers pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

Et si Moodjo faisait mieux que Foursquare et Meetic réunis ?

Image de prévisualisation YouTube

Moodjo, est une toute nouvelle application gratuite pour Smartphones vous garantissant « les rencontres sans les rateaux » et renvoyant la chanson éponyme de Benabar (illustrée ci-dessus par David Vidal) à un passé définitivement révolu. La toute nouvelle application Moodjo dont le slogan est « Tag me if you can », est née d’une idée toute simple : alors qu’il existe des centaines de services pour sociabiliser sur le net, il n’existe pas d’outil véritablement efficace pour faciliter les rencontres dans la vraie vie. Tout le monde en a fait l’expérience : on a beau faire tout ce qu’il faut pour se créer des opportunités (sorties, activités, etc.), être ouvert d’esprit, il est de plus en plus difficile de faire des rencontres spontanées dans la vie quotidienne. Pourtant, 58% des clients français des sites de rencontre avouent avoir choisi le web par manque d’opportunités de rencontre dans leur quotidien (source : étude Parship, mars-avril 2011).

logo+claim-mosaïc-3333x3333

L’idée géniale selon moi de Moodjo s’appuie précisément sur cet insight : le potentiel de rencontres dans la vie quotidienne est infini… mais il est largement sous-exploité. Ce qu’il manque la plupart du temps, c’est un petit coup de pouce permettant de faire sauter un certain nombre de verrous… au premier rang desquels, la peur de se prendre purement et simplement un « râteau ».Moodjo a été pensé précisément pour répondre à cela : renverser la logique habituelle des services de rencontre pour replacer la drague ou la rencontre amicale dans un contexte convivial, spontané, naturel et humain : en soirée, au boulot, en vacances, en faisant du sport, par l’intermédiaire d’amis… Le principe est simple : vous taguez les gens que vous croisez par hasard ou ceux que vous cotoyez dans vos cercles de fréquentation et qui vous plaisent. Les autres utilisateurs font de même, et, s’il y a intérêt réciproque avec une personne, moodjo vous met en relation, tout simplement. Vous pouvez taguer sans stress, car tant que le tag est unilatéral, votre identité n’est pas révélée : vous restez anonyme tant que n’aurez pas été tagué en retour.

my_circles

Moodjo se distingue de toutes les autres applications de rencontre géolocalisées non seulement par son bouclier anti-rateaux, mais aussi par sa logique d’organisation en communautés : vous pouvez créer et rejoindre des cercles en fonction de vos affinités, qu’il s’agisse de groupes (votre entreprise, votre club d’anciens…), de lieux (vos bars habituels), d’activités (sport, musique…) ou d’événements (concerts…). A titre d’exemple, j’ai créé le cercle « TwitterAddicted » pour fédérer les fans de twitter sur Moodjo. Si vous ajoutez à cela toute une série de fonctionnalités étonnantes (Reverse Check In, Chat, Création d’événements, de cercles privés, possibilité de rencontres dans les TGV, etc.) vous obtenez un outil de rencontre assez diabolique qui donne un sacré coup de vieux aux acteurs installés du marché…

Live

Moodjo a été créé par Sebastien Thiriet (SebT sur le visuel ci-dessus, @sebthiriet sur twitter), un brillant jeune ancien du groupe TBWA (également passé par Ogilvy), qui avait quitté BDDP&Fils pour faire un tour du monde d’un an, véritable « road trip » qui lui fera traverser 5 continents, 12 pays et où il passera quelques milliers d’heures dans des bus plus improbables les uns que les autres… heures qu’il mettra à profit pour peaufiner avec son associé Olivier son projet d’application. Ce post n’est pas sponsorisé, et je n’ai pas l’habitude de faire de la publicité sur mon blog pour les idées de mes amis, mais j’ai deux raisons pour vous en parler aujourd’hui. La première est que je pense vraiment que Moodjo est « l’application française qui tue » de cette année 2012, et la seconde est que ce type de projet « artisanal » a besoin au départ d’un coup de pouce pour atteindre rapidement la taille critique qui peut faire son succès français, puis mondial. D’autant plus que l’application est totalement gratuite, et qu’elle ne dispose d’aucun budget de marketing et communication. Alors, je compte sur vous, retrouvons-nous dès aujourd’hui sur Moodjo ! Pour télécharger gratuitement Moodjo dès maintenant : cliquez ici !

sayhello

Effets du Kamagra est différent pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

Et si c’était la plus belle bande-annonce cinéma de 2012 ?

Image de prévisualisation YouTube

Découverte via un tweet de @EricScherer (en charge de la prospective et des médias futurs chez France Televisions) retweeté par @Brunopatino), le patron de France 5 et du numérique de FranceTV, voici la vidéo Filmography 2012 qui vient d’être mise en ligne : un mixage très bien fait réalisé à partir des 300 films de l’année (de The Dark Knoght Rises à The Avengers en passant par Skyfall et même Holy Motors de Leos Carax…) dont vous trouverez la liste détaillée en cliquant ici. Combien saurez-vous en reconnaitre ? Si vous êtes un vrai cinéphile, vous pourrez toujours rejouer en revoyant la compilation Filmography 2011 ci-dessous ! ;-)

Image de prévisualisation YouTube

Effets du Kamagra est différent pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

Et si le pouvoir donnait un peu trop la grosse tête ?

dark-vador-wallpaper

Comme tous les dimanches, c’est l’heure de notre rubrique #JourDuPenseur, avec aujourd’hui une contribution de Sophie Reiser, étudiante en classes prépa et lectrice fidèle de ce blog, qui avait déjà publié  « Et si la touche « delete » était nécessaire à la vie ? » en septembre dernier. En attendant mardi, le n-ième (et décisif ?) épisode du combat Copé/Fillon qui déchire l’UMP, Sophie s’est interrogée sur la question du pouvoir et plus particulièrement sur les raisons qui peuvent pousser à vouloir le garder jusqu’à l’absurde, en utilisant l’éclairage de l’excellent livre de Laurent Auzoult publié en 2011 chez Dunod sous le titre  » Le pouvoir donne t-il la grosse tête ? ».

L_AuzoultLaurent Auzoult Chagnault, maitre de conférences en psychologie sociale à l’université de Franche-Comté, distingue quatre types de pouvoirs : deux formes « passées » et deux formes plus contemporaines : La première forme , que Max Weber  qualifie d’autorité traditionnelle et que l’on retrouve dans Servitude volontaire de La Boétie, repose sur le respect des normes, y compris religieuses, et fonde un principe de routine c’est-à-dire une obéissance envers ce qui a, réellement ou d’une manière supposée ou prétendue, toujours existé. La deuxième forme, nommée autorité charismatique, repose sur la croyance en la qualité extraordinaire de la personne détentrice de l’autorité. Ces deux formes anticiperaient, à l’échelle historique, ce qui apparaît comme une forme « moderne » d’exercice du pouvoir, à savoir l’autorité légale, évoquée par Rousseau dans Le contrat social, qui repose alors sur des normes rationnellement établies (lois, décrets, règlements). Dans les faits, on peut penser à l’échelle interculturelle que ces trois formes de pouvoir coexistent encore aujourd’hui. Dans le même temps, la diffusion des modèles démocratiques et l’importance croissante de la communication, conduisent depuis quelques années à l’amplification d’une quatrième forme de pouvoir qui s’appuierait simplement sur des modes de pensée construits à partir de discours légitimes qui se propagent d’autant plus facilement qu’ils se diffusent « librement ». C’est ce que l’on pourrait appeler l’autorité naturelle. Dans son livre « Le pouvoir donne t-il la grosse tête ? », Laurent Azoult (qui vient de publier un nouveau livre sous le titre : « Conscience de soir et régulations individuelles et sociales ») répond de manière très concrète à 62 questions que l’on se pose couramment sur le pouvoir, en s’appuyant à chaque fois sur des expériences menées en psychologie sociale. Celui-ci propose en effet un exposé synthétique d’une centaine d’expériences de psychologie ayant trait au pouvoir : On y retrouve listées les plus célèbres expériences comme celle de Milgram (1974) montrant les dangers de la déresponsabilisation opérée par l’expertise scientifique, au cours de laquelle 70 % des participants avaient électrocuté mortellement des sujets ne donnant pas la réponse attendue, celle de Zimbardo (1971), montrant les dérives en situation de détention de pouvoir, n’ayant pu être menée à son terme, puisque l’expérience vite dépassat toutes les limites attendues, ou l’expérience de Asch de 1956, montrant l’influence du groupe sur la perception individuelle…Sophie Reiser s’est amusée à lire le combat Copé/Fillon à l’aune de certaines de ces expérimentations… Je lui cède donc la place :

Et si on mettait à nu le pouvoir ?

9782100566617-GQuoique antérieur à la querelle opposant M. Jean-François Copé à M. François Fillon (car celle-ci soulève l’éternelle question de l’ambivalent attrait exercée par le pouvoir sur les hommes, le « Etre empereur ! Mon Dieu ! J’avais trop d’être roi ! » (Hernani, Hugo acte IV scène 2)), le livre de Laurent Auzoult apporte sur cette rivalité un éclairage intéressant. Un certain nombre d’expériences relatées dans l’ouvrage permettent de mieux comprendre cette lutte fratricide parfois ubuesque de deux hommes dont l’enjeu est le pouvoir. En s’acharnant à défendre leur propre candidature, Messieurs Copé et Fillon se décrédibilisent-ils ? A priori oui, et c’est relativement sans surprise. Plus étonnant, cependant, ils seraient probablement plus crédibles si l’un faisait la campagne de l’autre ! C’est ce que montre l’une des expériences citées pour l’ouvrage consistait à faire juger à des sujets de la capacité à convaincre de textes sur les droits conférés aux juges à la cour pénale. Les deux auteurs fictifs de ces textes étaient le réputé procureur de New York et un trafiquant de drogues sous les barreaux. La conclusion était formelle : les sujets n’avaient pas forcément été convaincus par le texte le plus expert (celui du juge), mais avaient été systématiquement convaincus lorsque les auteurs du texte semblaient défendre une cause perçue comme inverse à leur intérêt personnel, quelle qu’elle ait été (on jugeait le juge plus crédible lorsqu’il plaidait pour une baisse du pouvoir des juges, et le mafieux lorsqu’il plaidait pour une hausse). On devine ainsi à quel point l’entreprise de M. Fillon et Copé doit être couronnée de succès. Quelle stratégie de communication les deux hommes politiques ont-ils intérêt à adopter ? Afin d’asseoir son autorité, les larmes ne sont jamais les bienvenues. Car « plus l’on se montre agressif, plus l’on est vu comme un « leader » ». Peut être est-ce l’explication partielle des comportements observés ces dernières semaines : agir de manière trop douce, conciliante, c’était risquer d’être vu comme le moins « leader » des deux. C’est ce que montrent les études menées par Tiedens. L’une des ses experiences concerne notamment l’affaire Monica Lewinsky : après avoir regardé deux allocutions différentes de Clinton, toutes deux sur le thème du mea culpa, les sujets ne sont pas près à lui accorder le même pardon. En effet, après l’allocution où il est le plus agressif, Clinton semble, pour les sujets, bien plus à même de garder ses fonctions présidentielles. Explication possible, donc…Tout cela se serait-il produit si Copé et Fillon s’étaient sentis isolés ? Probablement pas : le fait de se sentir soutenu conforte la volonté de prise de pouvoir. Ainsi, une expérience demande à des sujets ne se connaissant pas d’accomplir une tâche répétitive et particulièrement inutile (écrire longuement « aAbBcCdD ») : le taux de rebellions face à l’exercice constaté est de 16%. En revanche, si les sujets se connaissent avant l’expérience la rébellion face à l’autorité est beaucoup plus importante, puisqu’elle atteint un participant sur deux ! Les clans des uns et des autres portent ainsi peut-être également leur part de responsabilité dans cette situation…Enfin, et surtout, la perception qu’ont Messieurs Copé et Fillon de la situation actuelle peut elle être biaisée par le fait qu’ils sont déjà, au moins par leurs statuts respectifs, des hommes de pouvoir ? Autrement dit, y a-t-il une sorte d’inhibition, de perte de contrôle de soi liée au pouvoir ? C’est l’hypothèse que tend à valider l’expérience américaine suivante : dans celle-ci, les participants sont séparés en deux groupes, les évaluateurs et les exécutants. Les évaluateurs touchent 6 dollars les exécutants 4, plus 2 dollars éventuels, accordés par les évaluateurs selon leur jugement du travail réalisé par l’exécutant. Tous vont devoir parler d’un blanc, Jeff, et d’un noir, Joe. Une partie des exécutants et des évaluateurs est prévenue qu’il faudra éviter de parler de Joe en évoquant les clichés traditionnels (chômeur, paresseux…). Aucuns stéréotypes ne sont évoqués concernant Jeff. En revanche sur Joe, si tous les non avertis (exécutants et évaluateurs) tendant à en tirer des clichés, la divergence va s’opérer au sein du groupe des avertis. Les exécutants avertis vont en dresser un portrait neutre. Les évaluateurs avertis, eux, en revanche, vont en faire une description beaucoup plus stéréotypée : se sentant dans une position de pouvoir, échappant elle-même au contrôle, ils vont ainsi nettement moins prêter attention à leurs faits et gestes, ce qui conforte l’hypothèse d’une sorte d’inhibition du pouvoir. On ne peut bien sûr pas relater toutes les expériences ici, mais il est important de souligner que si toutes les expériences évoquées ici semblent aller dans le sens de l’intuition, cela n’est bien sûr pas le cas de tous les résultats. Précisons aussi que tous ceux désireux de connaître des études sur le rapport entre le pouvoir et le sexe (dans tous les sens du terme), seront pleinement satisfaits ! Mais nous avons fait l’hypothèse que ce facteur n’était pas moteur dans la lutte entre Messieurs Copé et Fillon.  En tous cas, il se dégage de ces expériences que le sentiment de pouvoir est extrêmement aisé à faire acquérir à un sujet (de même, d’ailleurs, que celui de subordination), ce qui permet une certaine prise de distance vis-à-vis de notre propre situation : le pouvoir, c’est surtout ce que l’on croit en détenir !

Sophie Reiser.

DSCF9676-150x150

Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.