Archives mensuelles : mars 2014

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ET SI ON EMPECHAIT LE MONDE DE SE REFERMER ?

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J’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical à un sujet fondamental relativement peu traité par les médias, et qui a fait l’objet en mars d’un rapport très intéressant de la Carnegie Foundation, sous le titre « Closing Space : Democracy and Human Righs Support Under Fire ». Si vous suivez ce blog depuis longtemps, vous connaissez ma sensibilité particulière aux enjeux de la gouvernance mondiale, et mon engagement pour le Collegium International (cliquer ici). Ce qui m’amène à m’intéresser aux actions des ONG internationales (à l’exemple de ONE, dont nous reparlerons cette semaine) et aux travaux des autres grands think tanks mondiaux, comme la Carnegie Foundation. Fondée en 1910 (voir vidéo ci-dessous), la Carnegie Foundation (« The Carnegie Endowment for International Peace ») est le plus ancien des Think Tanks américains consacré aux affaires internationales, qui a pris en 2006 un tournant radical en ouvrant des bureaux dans les principales régions géostratégiques de la planète (Pékin, Moscou, Beyrouth, Bruxelles). Le dernier rapport de la Carnegie Foundation, publié en mars dernier, et dont vous pouvez voir la présentation dans la deuxième vidéo ci-dessous par ses auteurs, met en évidence le risque majeur si rien n’est fait urgemment pour lutter contre les gouvernements qui tentent de limiter le pouvoir des associations non gouvernementales qui luttent pour la liberté et la démocratie dans leurs pays.

Depuis le début des années 2000, on peut observer une tendance de fond très inquiétante dans le monde entier. En revendiquant leur indépendance, leur volonté de s’émanciper des influences politiques occidentales, dans de nombreux pays autour du globe, un certain nombre de gouvernements sont en effet en train de mettre en place des mesures, officielles comme officieuses, visant à affaiblir les organisation non gouvernementales de défense des droits de l’Homme et des libertés individuelles. Les principaux pays concernés par ce phénomène sont, assez logiquement, les pays dont les régimes politiques sont de type semi autoritaire, comme la Russie ou le Venezuela. Quant aux pays à régime pleinement autoritaire, il est intéressant de noter que, si les organisations de promotion des Droits de l’Homme n’y ont jamais été les bienvenues (depuis leur création, donc depuis les années 80 pour les pays post-communistes) ils ont néanmoins encore resserré la vis. Ainsi, en Ouzbékistan, depuis une petite dizaine d’années, 300 associations ont été purement et simplement dissoutes, les autres sont passées sous contrôle national, et plus de 80% des fonds étrangers arrivant en Ouzbékistan à destination des organisations ont été bloqués. Selon le rapport de la Carnegie Foundation, la situation vis-à-vis des régimes autoritaires et semi autoritaires est alarmante, et ce pour deux raisons : la première est que les pays sont en train de déployer un arsenal légal et administratif subtil pour expulser les associations hors de chez eux, la seconde est qu’ils se copient les uns les autres : si l’un trouve une méthode habile, les autres la copieront probablement. Parmi cet éventail de méthodes, on peut en retenir deux des plus menaçantes et des plus répandues. La première consiste à bloquer les financements des organisations non gouvernementales à grandes échelles : en 2011, lors d’une étude menée conjointement sur 33 pays, 87% des associations déclaraient voir leurs sources de financements taries. Au sein de cette catégorie, deux phénomènes sont massivement repérables : le premier consiste à bloquer officiellement le financement par des fonds étrangers, soit en les taxant outrageusement, comme en Russie, soit en les interdisant spécifiquement pour les organisations luttant pour les libertés individuelles, comme en Inde. La seconde consiste à imposer des formalités administratives rigides et interminables, comme l’obtention de l’autorisation gouvernementale pour chaque transfert, comme en Algérie ou au Nepal. Sans compter la « chasse aux sorcières » mise en place par les gouvernements : Russie, Equateur, Venezuela…Tous accusent les organisations d’être à la solde des puissances occidentales. Et dans le cas du dernier, il ne s’agit pas que de rhétorique, puisque les associatifs peuvent désormais être reconnus coupables de « trahison », et leurs membres sont donc passibles de 15 ans d’emprisonnement.

Mais comment expliquer que ce mouvement n’ait pas toujours eu lieu ? Pourquoi a-t-il débute aussi récemment ? Si l’on peut envisager qu’il soit directement lié à la personnalité et aux obsessions personnelles de certains dirigeants, il ne faut pas néanmoins oublier plusieurs raisons, plus structurelles. L’aide internationale s’adresse essentiellement à des pays émergents ou des pays post communistes. En d’autres termes, à des pays anciennement colonisés. Des lors, des le début de leur intervention, l’aide internationale respectait un accord tacite : celui de ne pas prôner de changement politique, mais plutôt un progrès économique et social, et celui de ne pas essayer d’influencer les ex-citoyens, mais les gouvernements. Cela permettait de s’éloigner des accusations d’ingérence. Pourtant, des la chute de l’empire soviétique, cet accord est remis en cause : au lieu d’aller vers les gouvernements, l’aide commence à se tourner massivement vers les ONG, donc vers les citoyens, plutôt que vers les gouvernements. Dans un premier temps, ceux-ci ne réagissent pas : la démocratie apparait brièvement comme un idéal universel, ils sous estiment la force des ONG, n’y voyant que des initiatives disparates, d’autant plus que l’état de construction politique justifie la présence de ces organisations. Mais, début 2000, les régimes se radicalisent, alors qu’au même moment, en Serbie, grace à l’aide occidentale, les ONG montrent leur pouvoir de mobilisation, schéma qui se reproduira, par exemple, lors de l’invasion de la Géorgie. De plus, la promotion de la démocratie est a ce moment là utilisée par les Etats-Unis pour mener leur « guerre contre la terreur » et promouvoir leur « Freedom Agenda ». La démocratie promue par les ONG devient alors synonyme d’intérêt géostratégique américain. Avec l’intervention en Lybie en 2011, cette vision ne s’est guère altérée. Enfin, avec l’avènement des nouveaux médias sociaux, les régimes autoritaires et semi autoritaires ont plus que jamais pris conscience de la force du peuple. Or les ONG opèrent massivement sur ces réseaux et via ces technologies. Elles représentent donc une importante menace. Autant de facteurs qui expliquent et confirment que ce mouvement n’est pas éphémère : il s’inscrit dans une tendance de 10 ans, et n’est pas près se s’arrêter. Dès lors, que peuvent faire les ONG ? Le rapport préconise de nombreuses mesures, dont on peut ici livrer un aperçu . Tout d’abord, prendre conscience du problème. Ce phénomène de rejet des ONG portées sur les libertés individuelles est massif, et pourtant relativement inconnu, sauf par quelques experts sur le sujet. Il est essentiel que toutes les associations connaissent ce phénomène. Ensuite, se méfier et rejeter les solutions individualistes : dans une perspectives machiavéliques, nombre des gouvernements ont compris qu’ils pouvaient « diviser pour mieux régner ». En négociant au cas par cas des solutions avec les associations, ils renforcent la compétition inter association plutôt qu’une véritable action de celles-ci contre le gouvernement. Des lors, les associations devraient promouvoir le « tout ou rien » : soit la situation change pour toutes les associations, soit elle ne change pour aucune, et se méfier des solutions individuelles. Enfin, réduire les conflits liés à la lutte anti terroriste : de nombreux gouvernements utilisent la chasse aux terroristes pour justifier leurs mesures liberticides : détention arbitraire, jugement arbitraire, démantèlement d’associations, y compris d’ONG, etc. Des lors, il est indispensable d’être beaucoup plus nuancé dans son discours, en commençant par les Etats-Unis, et d’éviter de permettre des amalgames entre financement d’ONG et financement de la lutte anti-terroriste. A l’heure où la lutte pour la démocratie devient de moins en moins universelle, il apparait plus important que jamais de soutenir les ONG qui luttent pour la promotion de la démocratie et des libertés, et promouvoir un monde plus ouvert si l’on veut éviter qu’il ne se referme.

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Effets du Kamagra est divers pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

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ET SI VOUS AVIEZ LA LANGUE BIEN ASSUREE ?

Comme tous les samedis sur ce blog, notre rubrique #EclatDeRire vous propose les meilleures campagnes de publicité humoristiques du monde entier. Avec aujourd’hui le retour dans un film d’une charmante cruauté, de la saga des assurances CENTRAAL BEHEER, dont vous trouverez les meilleurs films en cliquant ici, auquel j’ajoute en bonus le film « speedboat » ci-dessous qui date de 2012. Une saga toujours ponctuée de la phrase devenue culte « Even Apeldoorn Bellen » (« Il est temps d’appeler Apeldoorn »), du nom de la cité désormais célèbre où se trouve le Call Center de la Compagnie d’assurances. En vous espérant que vous n’aurez pas besoin d’appeler Apeldoorn aujourd’hui, je vous souhaite à toutes et à tous un excellent week-end !

Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle choix est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

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Et si vous sortiez de votre zone de confort ?

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Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical, non pas à un livre, mais à une vidéo pédagogique de 7 minutes intitulée « Do you dare to dream ? », publiée par Inknowation (ci-dessous). Vous y verrez synthétisés et illustrés intelligemment les concepts de « comfort zone », « learning zone » and « panic zone », au nom du bon vieil adage : « If you want something in your life you’ve never had, you’ll have to do something you’ve never done »!

Si le concept de « zone de confort » est surtout utilisé en psychologie et en développement personnel, c’est aussi un concept essentiel dans le processus d’idéation utile aux marques et aux entreprises. Au coeur de la méthodologie de la Disruption développée par Jean-Marie DRU depuis 1997 pour aider à produire des idées rupturistes, se trouve la notion de remise en cause des conventions. Le processus créatif disruptif vise à aider les marques et les entreprises à sortir de leur zone de confort pour obtenir une plus grande part de futur, et non pas simplement une plus grande part de marché. Lorsque Apple se lance dans la musique avec iPod, puis dans la téléphonie ou les tablettes, ou lorsque Netflix passe d’une logique de distributeur de vidéos, puis de VOD, à une logique de producteur (avec la production d’ »House of Cards »), ces entreprises prennent le risque de sortir de leur zone de confort, et de leur business traditionnel. Mais comme disent les anglo-saxons : « High risk, high return » !

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Vous pouvez aussi évaluer votre propre zone de confort et les moyens d’en sortir en faisant le test « What is my comfort zone ? » en cliquant ici !

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ET S’IL N’Y AVAIT PAS D’ARC EN CIEL SANS NUAGE ?

Comme tous les samedis, notre rubrique #EclatDeRire vous propose les meilleures campagnes de publicité humoristiques du monde entier. Avec aujourd’hui un nouveau chapitre de la saga SKITTLES (dont vous pouvez revoir les premiers épisodes en cliquant ici, ici, ou encore ici), qui nous rappelle qu’il n’y saurait y avoir d’arc-en-ciel sans nuage. Je vous souhaite donc un week-end bien nuageux, mais plein de bonnes surprises de toutes les couleurs !

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ET SI VOUS SUIVIEZ POUR UNE FOIS LES CONSIGNES DE SECURITE ?

Déjà plus de 4 millions de vues sur YouTube pour la vidéo d’AIR NEW ZEALAND (ci-dessus), qui a décidé de s’associer à Sports Illustrated Swimsuit pour réaliser cette version spéciale des consignes de sécurité, et célébrer ainsi les 50 ans de la compagnie, en bonne compagnie, sur les iles Cook… Une démarche qui ne sera pas sans vous rappeler celle de Virgin America, dont la géniale vidéo (ci-dessous) est en passe d’atteindre les 9 millions de vues sur YouTube !

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ET SI ON LUTTAIT CONTRE LE PESSIMISME MEDIATIQUE ?

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J’ai décidé de consacrer la rubrique dominicale #JourDuPenseur de ce blog à un petit livre très inspirant intitulé  » Comment les médias nous parlent (mal) – Contre le pessimisme médiatique et ses effets politiques », écrit par la sémiologue Mariette Darrigrand, qui dirige les cabinet « Des Faits et Signes ». Blogueuse, chargée de cours à Paris 13, elle est également chroniqueuse à France Culture et intervient régulièrement dans les médias dont elle analyse finement le discours. Dans « Comment les médias nous parlent (mal) », Mariette Darrigrand met en évidence ce qu’elle appelle le « doxa blues », c’est à dire la manière dont la doxa (le discours vide) prend le pas sur le logos (le discours plein), dans un cercle vicieux pessimiste et improductif. J’ai eu personnellement l’occasion ce mois-ci de prendre les médias français en flagrant délit de « dérive pessimiste ». Le 6 mars 2014, le cabinet Ernst & Young a publié une étude faite auprès de plus de 30 000 personnes dans le monde entier (43 pays) sur les relations entre les clients et les banques, montrant que 44% des gens en moyenne font « totalement confiance à leur banque principale » (en anglais « complete trust »), 49% font une « confiance modérée » (« moderate trust ») et 7% (seulement) font une confiance faible ou nulle (« minimal trust or no trust). Le rapport insistant, qui plus est, sur le fait que la confiance progresse entre 2013 et 2012, même si elle est en moyenne moindre dans les pays européens. Alors que tous les médias du monde ont relayé cette étude sur le thème du verre à moitié plein, la presse française s’est caractérisée par une vision du verre à moitié vide, pour ne pas dire franchement vide ! En commençant par l’AFP titrant « Plus d’un client sur deux n’a pas confiance dans sa banque principale » sans préciser dans le titre qu’il s’agissait de la « confiance totale », ce qui est dit dans le corps du communiqué. Avec pour effet de conduire les autres médias français quelque peu panurgiques à une lecture anormalement pessimiste d’une étude que tous autres médias du monde ont lu de manière optimiste ! A l’exemple de L’Express.fr qui titre sans état d’âmes : « moins d’un client sur deux fait confiance à sa banque ! » Comment s’étonner ensuite que les français soient pessimistes ? Cet art de cultiver le pessimisme et cet amour du déclinisme sont des symptômes bien français qui m’avaient déjà conduit en février 2006 à publier en article dans Le Monde titré « L’optimisme – Un devoir civique » (voir à la fin de ce post). Et c’est aussi le thème principal du livre de Mariette Darrigrand, qui après avoir analysé quelques grands mots (et grands maux !) du média blues, propose aux médias de se soigner en ajoutant à leur fonction épique, éthique et esthétique, une fonction métalinguistique conduisant à une remise en cause de l’emploi des clichés et lieux communs qui bloquent la pensée et nous enferment collectivement dans une logique paralysante.


Mariette Darrigrand : "le mot-star de 2013 est… par franceinter

Qui n’a jamais fait l’expérience qui consiste à se lever du bond pied le matin de manière optimiste, avant d’allumer la radio ou de lire la presse et de voir son énergie positive disparaitre dans le media blues ambiant ? C’est le point de départ du livre de Mariette Darrigrand qui nomme ce média blues « doxa blues », reprenant le terme de Parménide, cinq siècles avant Jésus-Christ, qui voulait désigner la nature d’une parole vide, médiocre, répétitive et dirions nous aujourd’hui « cliché », à l’opposé du Logos, la parole pleine, noble et intelligente. Selon Mariette Darrigrand, « la doxa, l’opinion majoritaire, le truisme répété en boucle, doit être considérée avant même d’être une manipulation, comme une litanie », qui nous rend à la fois « déprimés et rassurés, bercés et menacés » : « la même info nous est servie en boucle par des médias paresseux ou impécunieux, sans argent ou sans idées, et le pire, est que nous sommes consentants. Nous reprenons le chant pessimiste et le blues qu’elle nous refile ». Mariette Darrigrand montre ainsi dans son livre comment les médias se complaisent et nous complaisent dans certains concepts défaitistes : le refrain de la fragilité (qui crée les conditions d’un fatalisme global ravageur), la métaphore de la Tempête (qui construit un décor d’horizon bouché), l’amour de la météo et du temps immédiat (qui crée un climat décliniste), la médiatisation de la colère (qui est une impasse de la pensée), l’attente du Re-tour (qui empêche de progresser vers le futur), et l’idée de crise pris dans son acception catastrophique (qui nous empêche de voir l’opportunité de changement positif qu’elle contient). Au final, « deux discours encerclent les médiavores que nous sommes : le premier est grandiloquent et d’un catastrophisme non éclairé : notre monde n’a pas d’avenir. Le second est dérisoire mais lourd de conséquences : ne pensez pas le futur puisque seul demain est intéressant, pluie ou soleil que porterez-vous ? Cassandrisme intelligent et présentisme décérébré aboutissent à la même conclusion : notre monde est privé de toute perspective ». Mariette Darrigaud souligne que contrairement aux médias anglo-saxons, « il n’a jamais été question, dans le vocabulaire médiatique français, de convalescence », alors que ce concept (en anglais « recovery ») est devenu très important dans le vocabulaire médiatique américain et anglais (il suffit de taper sur Google « Economic Recovery » pour s’en rendre compte) : « N’étant pas ancrés dans la pensée positive de nos amis d’Outre-Atlantique, nous sommes privés de l’idée que nous pouvons recouvrer nos forces, que nous pouvons profiter du sens etymologique de convalescence (cum valere, autour d’un « cum » qui signifie « avec » et « valere » qui signifie valeur). C’est pourquoi Mariette Darrigaud propose de rechercher les contrepoints positifs de ces lieux communs, qu’elle appelle des « antidoxes », « antidotes aux divers poisons qui enveniment notre univers sémantique, stimulateurs de visions nouvelles », à l’exemple du concept d’ »anti-fragility » développé par Nassim Nicholas Taleb (dont je vous avais parlé ici). Reprenant la distinction grecque entre Epos (fonction épique : le reportage, l’information sur les faits), Logos (fonction éthique : le jugement, le commentaire, l’édito), et Mythos (fonction esthétique : la narration, l’illustration, l’imagination), Mariette Darrigrand propose de redonner du sens à la notion de Topos, la fonction métalinguistique, que l’on retrouve déjà dans certains médias, mais de manière limitée aujourd’hui dans les rubriques décryptages ou idées . Une fonction qui consisterait pour les médias eux-mêmes à réfléchir et à nous faire réfléchir sur les mots et les discours qu’ils utilisent, et sur le sens de leur représentation. Au nom d’une conviction simple et de bon sens : on ne sortira pas la France du blues, sans la sortir de son « blues des média ».

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Effets du Kamagra est divers pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

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ET SI L’EFFICACITE TENAIT À UN CHEVEU?

Comme tous les samedis sur ce blog, #EclatDeRire vous propose les meilleures campagnes publicitaires humoristiques du monde entier. Avec cette semaine le retour d’Old Spice, dans une campagne qui marque l’entrée dans le domaine capillaire de la marque de Procter & Gamble habituée des prix publicitaires. La sortie de cette campagne juste avant le Superbowl 2014 où Old Spice n’était pas présent, fait qu’elle est passée relativement inaperçue, mais le film « The meeting » (ci-dessus) monte en puissance et a déjà dépassé les 2 millions de vues sur YouTube … Quelle que soit la qualité de vos cheveux, je vous souhaite à toutes et à tous un très bon week-end !

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ET SI LES OBJECTIFS NE SE REDUISAIENT PAS À DES CHIFFRES ?

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J’ai décidé de consacrer ce #JourDuPenseur à un livre très éclairant de Pierre-Yves Gomez, intitulé « Le Travail invisible – Enquête sur une disparition ». Pierre-Yves Gomez est professeur de stratégie à EMLYON Business School. Il fut Président de la Société Française de Management, et dirige aujourd’hui l’Institut Français de Gouvernement des Entreprises. Spécialiste du lien entre l’entreprise et la société, il est l’auteur de nombreux livres et articles académiques. Pour Pierre-Yves Gomez, ceux qui dirigent l’économie aujourd’hui ne voient plus la réalité du travail et cherchent à en faire abstraction : ils utilisent des instruments de gestion si abstraits qu’ils rendent invisibles les personnes qui créent la valeur économique. Dans « Le Travail Invisible », Pierre-Yves Gomez démontre de manière très convaincante que la reconnaissance du travail vivant est le seul vrai projet politique de nature à relever notre économie, mais aussi notre société.

Comme l’explique la vidéo ci-dessous, la financiarisation de l’économie s’explique d’abord par le fait que « tout le monde veut être rentier ». Cette rente, aujourd’hui, correspond notamment à la retraite, et il y a donc une épargne gigantesque de tous les salariés du monde. Or cette épargne veut être placée sur des entreprises sures, afin de ne pas être perdue. Du coup la « rente des masses » va s’allouer auprès des grandes entreprises, participant à un formidable mouvement de concentration. Ce mouvement de concentration, ou les grands groupes triomphent, chiffres à l’appui, est conduit par une logique financière ayant pour impératifs abstraction et vitesse. De ces impératifs nait une transformation radicale des grands groupes, qui drainent donc, directement ou indirectement, l’ensemble du travail et du capital mondial : ils se financiarisent. En d’autres termes, ils veulent rationaliser leurs résultats ce qui les amène d’une part à « abstraire la réalité matérielle (le travail est assimilé à quelques éléments déterminants) », d’autre part à « maitriser le temps (le nombre d’actes de travail est encadré par le temps qui lui est consacre) » et enfin à « faire de la compétition spéculative (c’est par effet de miroir et de comparaison que le travail est finalement évalué) ». En conséquence, la stratégie de l’entreprise procède d’un double mouvement quasi paradoxal. Le premier est ascendant. Depuis la financiarisation, la stratégie de l’entreprise devient extérieure : on se fixe des ratios que l’on doit atteindre pour l’extérieur, pour être à la hauteur des attentes du marché. La finance ne marque plus le résultat d’une stratégie, mais devient l’objectif que sert la stratégie du manager. Le second est descendant : influencé par ces résultats rationalises, le manager va à son tour rationaliser l’entreprise. Cette transformation du travail réel en objectifs chiffrés à atteindre rend le travail invisible. L’illustration parfaite de ce concept se traduit dans l’annonce du PDG d’Alcatel en 2001: « Le plan De restructuration visant à faire d’Alcatel une entreprise sans usines touchera 41 usines et 8000 salariés.’ Une entreprise sans usines, c’est la traduction moderne d’une Athènes sans esclaves : un espace économique pur où l’on peut enfin calculer et décider sans s’encombrer de cette protestation pitoyable envers l’abstraction rationnelle qu’est le travail réel des gens. » Pour Pierre-Yves Gomez : »Le cauchemar de Marx s’est donc réalisé et on peut, dans ses termes parler d’une gigantesque auto-exploitation du prolétariat. L’industrie financière, et son oligarchie, n’en est pas, loin s’en faut, l’unique bénéficiaire. Elle gère consciencieusement ce système [...] Le travailleur est emporté dans ses rouages; l’actionnaire épargnant se félicite de sa rente. » Nombreuses sont les raisons qui expliquent que ce système perdure : bien-être collectif (réduction de la pauvreté mondiale), ignorance de la globalité du système, hyperconsommation, etc.

Pierre-Yves Gomez propose de repenser l’économie en repartant d’une réflexion sur la valeur travail, dans sa triple dimension : subjective, objective et collective (voir la vidéo ci-dessous). D’un point de vue collectif, d’abord. Gomez, s’appuyant sur la thèse de Simone Weil, soutient que : « dans une société véritablement libre, ceux qui travaillent doivent savoir comment ils construisent, ensemble, la société commune [...] leur travail n’est jamais neutre ou absorbé par de vastes mécaniques abstraites qui sont rationnelles à leur place. Leur laisser croire cela, c’est les priver d’une responsabilité qui détermine leur véritable liberté. « D’un point de vue plus particulier et subjectif ensuite: l’expérience du travail doit être, pour Gomez, résolument valorisée. Valorisée, elle devient vecteur de réalisation subjective. D’autre part, dans sa dimension objective, c’est-à-dire dans son activité de création d’objet ou de service, le travail n’a pas vocation a devenir uniquement objectif et impersonnel : si ce que l’on veut atteindre, le résultat, est impersonnel, la manière dont on l’atteint, le savoir-faire, est lui tout à fait singulier. Enfin, le travail est vecteur de socialisation, et de solidarité intersubjective. Alors que faire pour remettre en lumière le travail, un travail personnel, individuel, subjectif ? Il s’agit de partir d’un constat simple, proche du pléonasme : « le travail est humain. » Et comme tout acte humain, il faut d’abord lui laisser la possibilité d’être paradoxalement désintéressé : dans un centre d’appel pour résoudre des problèmes techniques, les employés étaient si las de la procédure hyper standardisée qu’ils mettaient, pendant leur temps libre, la solution à ces problèmes gratuitement en ligne, à la plus grande stupeur de leur manager. La gratuité permet d’échapper à la norme, d’être plus créatif. A l’inverse, l’enfermement dans des schémas purement financiers mène à décompter scrupuleusement ses heures de travail, ne pas sortir de ses objectifs… Il faut également lui laisser la possibilité d’être reconnu par les autres, et le manager doit alors jouer un rôle significatif : au lieu d’être fier de ses résultats, il doit être fier de ses collaborateurs, même des plus lointains. Pierre-Yves Gomez va même jusqu’à conseiller de « définanciariser » l’entreprise. Comment? En faisant appel à l’empathie en proposant aux managers de s’immerger régulièrement dans la vie de leurs collaborateurs : en « accompagnant des commerciaux pendant une tournée, s’occupant d’une tache sur une machine », etc. A l’inverse, les employés devraient également se sentir plus concernés par le travail de leur direction. C’est en remettant la dimension humaine du travail au coeur de l’économie que l’on pourra créer un système vertueux. En ne se contentant pas d’objectifs chiffrés, mais en y ajoutant des objectifs humains, sociaux et sociétaux. On perdra peut-être en lisibilité extérieure, mais on gagnera sans aucun doute en humanité.

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ET SI VOUS TOUCHIEZ LA LIMITE DU BRICOLAGE ?

Comme tous les samedis sur ce blog, #EclatDeRire vous propose les meilleures campagnes publicitaires humoristiques du monde entier. Avec cette semaine, la toute nouvelle campagne de la chaine de bricolage-décoration LOWE’S nous rappelant qu’il nous faut parfois reconnaitre nos limites d’amateur en faisant appel à de véritables professionnels. Que vous profitiez du soleil pour bricoler ou non, je vous souhaite à toutes et à tous un excellent week-end !

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ET SI LES FEMMES S’EMPARAIENT DU POUVOIR DE TWITTER?

En novembre dernier, le site ComplexTech a publié un article intitulé  » Gender divide, how men and women use twitter differently ». On y apprend, entre autres, que les femmes sur twitter dans le monde sont plus nombreuses que les hommes, qu’elles écrivent plus de tweets, partagent plus de photos et vidéos, et suivent plus de comptes que les hommes. Elles ont tendance à parler des autres, là où les hommes parlent plus d’eux-mêmes. Elles expriment sur twitter davantage leurs émotions, là où les hommes profèrent plus de jurons…

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En tant que média du 21ème siècle, il serait logique que twitter soit à minima paritaire. Si les célébrités féminines sont encore plus suivies que les célébrités masculines (voir le top 100 dominé par Katy Perry en cliquant ici), et si les femmes journalistes ou politiques ne sont pas moins suivies que les hommes (Arianna Huffington atteint 1 479 210 followers et Hillary Clinton 1 202 226), la sphère des dirigeants d’entreprise est, sur twitter comme dans la réalité des entreprises, une communauté avant tout masculine. La situation est encore moins rose en France : la France est un pays où twitter compte nettement plus d’hommes que de femmes, et où le nombre de femmes dirigeantes est particulièrement faible, en particulier dans les fonctions les plus hautes des entreprises. Et si celà n’était pas une fatalité ?

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C’est pourquoi Tweetbosses (l’initiative pour inciter les dirigeants à twitter plus et mieux, que j’avais lancé en octobre 2012 avec @PPC, @duboissetb et @vesnalyze et qui retweete chaque jour « les meilleurs tweets des meilleurs boss » ), organise à l’occasion de la semaine de la Journée Internationale des Droits de la Femme, en partenariat avec Twitter France (représenté par Justine Ryst), une conférence intitulée « Twitter, atout des femmes dirigeantes ». La conférence se jouera ce soir à guichet fermé, mais vous pourrez suivre le live-tweet sur le compte @tweetbosses à partir de 19h ce lundi 3 mars. Comme je suis en déplacement à New York, c’est Valérie Lecasble (@vlecasble), vice-présidente de TBWA\Corporate qui introduira la conférence à ma place, aux côtés de Justine Ryst, directrice du développement de Twitter France. La première table ronde, animée par Aude Baron, rédactrice en chef de @LePlus_obs, réunira : Véronique Bourez (Coca Cola), Lorraine Willems (StoryBox), Bénédicte Tilloy (SNCF Francilien) , Stéphanie Pélaprat (Restopolitan), et Anne Lalou ( Web School Factory). La deuxième table ronde réunira : Marie-Christine Lanne (Generali), Karine Lazimi (Allianz) , Muriel Rocher (ING France), Odile Roujol (Orange) et Huguette Ranc (IBM). Pierre-Philippe Cormeraie (Tweetbosses) et Anne de Bethencourt (WomenLab) rendront publique une étude concernant les femmes dirigeantes françaises sur twitter, et Pierre Haski, David Abiker et Anne Roumanoff feront part de leur témoignage. N’hésitez pas à relayer le live-tweet ce soir !

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