Archives mensuelles : novembre 2014

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ET SI NOUS SORTIONS DU MOYEN-AGE DE LA DATA ?

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J’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical au nouveau livre collectif édité chaque année par l’école EPITA sous la direction de Yannick Lejeune, intitulé cette année  » BIG FAST OPEN DATA – Décrire, décrypter et prédire le monde : l’avènement des données ». Un livre qui se lit comme un magazine avec de nombreuses interviews d’excellents spécialistes des données comme Viktor Mayer-Schönberger, Alex « Sandy » Pretland (MIT), en passant par Stéphane Distinguin (Fabernovel), Alain Levy, Laurent Letourmy, Jonathan Morin, Philippe Sajhau, Alain Bensoussan, Gilles Babinet et Henri Verdier pour n’en citer que quelques uns. Les grands sujets traités sont « Le quantified self », « Les mondes numériques », « Le citoyen et la Cité », « Les entreprises et le business des données », et « La science à l’ère des mégadonnées ». Comme le rappelle Fabrice Bardèche dans son introduction  » En matière de traitement de l’information, les données ne s’additionnent pas, elles se multiplient, et l’Eldorado est devenu un casse-tête » : « Capteurs « monitorant » nos faits et gestes, smartphones récoltant nos communications, réseaux sociaux détaillant nos envies et nos goûts, sites espionnant nos relations online avec les autres ou avec nos fournisseurs, le champ de production de données n’a jamais été aussi vaste ». Comme le souligne Yannick Lejeune : « Tout l’enjeu consiste à enregistrer les bonnes informations, celles qui font sens, mais aussi ne pas écarter celles que l’on n’attendait pas pour détecter les signaux faibles, les corrélations émergentes ». Le problème n’est donc plus tant la collecte des données, que leur sélection, leur manipulation, leur analyse et leur utilisation. Pour sortir du Moyen-Age de la Data et accéder à la Renaissance d’un (sur)homme connecté !

Parmi les 20 contributions du livre, je me suis particulièrement interessé à celle de Rand Hindi sur le thème  » Le soi quantifié ». Codeur à l’âge de 10 ans et entrepreneur à 14 ans, Rand Hindi est docteur en bio-informatique et fondateur de Snips, une start-up dédiée à l’utilisation des données personnelles pour améliorer la vie quotidienne et pour que les objets connectés s’adaptent à notre mode de vie. Snips a conçu pour la SNCF « Tranquilien » (vidéo ci-dessous) l’une des applications les plus spectaculaires utilisant la BIG DATA, renseignée à la fois par des données de la SNCF, mais aussi par les usagers des trains qui peuvent indiquer s’il reste des places assises dans leur wagon pour améliorer encore l’information en temps réel sur l’occupation des trains. Comme l’explique Rand Hindi dans la vidéo ci-dessus enregistrée à Paris à l’Open World Forum fin octobre 2014, Snips travaille actuellement sur un projet génial consistant à vous proposer automatiquement les quatre applications pertinentes en fonction du lieu et de votre activité à chaque instant. Une solution idéale pour les montres connectée et pour vous éviter de crouler sous les notifications permanentes de toutes vos applications.

Désormais, la data permet de transposer les usages d’Internet au monde réel. La séparation des sphères « online  » et « offline » est en voie de disparition. Ce phénomène qui a commencé avec les téléphones portables « qui permettent d’être connectés en permanence, mais surtout d’être identifiés en tant qu’individus dans la vie réelle », se développe au travers des objets connectés : « D’ici une dizaine d’années, plusieurs centaines d’objets (chaussures, stylos, etc..) seront connectés sans que nous y prêtions la moindre attention. Et cette ultra-connectivité nécessite de l’intelligence artificielle pour être vraiment transparente et rester au service de l’être humain, au lieu de constituer une contrainte et une source de frustration, comme c’est le cas aujourd’hui. Nous sommes en train de sous-traiter aux objets connectés une partie du travail de notre cerveau, et cela nous permet d’effectuer d’autres actions : « une sorte de symbiose entre biologie et technologie se développera probablement à terme ». Dans ce nouveau monde « ultra-connecté et ultra intelligent » dont les ressources naturelle sont limitées, la technologie permettra non seulement de mieux utiliser les ressources rares disponibles, mais aussi de créer d’étendre les ressources accesssibles : « les systèmes de réalité augmentée » seront si intelligents et si imbriqués dans la société que nous ne serons peut-être plus capables de les différencier. Il s’agit simultanément de la fin de la civilisation telle que nous la connaissons , et d’une opportunité de la préserver ». Comme pour chaque nouvelle technologie, les applications dérivées de la DATA porteront le meilleur ou le pire. Mais il est, selon Rand Hindi, « très stimulant d’imaginer que nous sommes une génération de transition, capable de construire un environnement meilleur, à condition que nous ne nous trompions pas » !

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Effets du Kamagra est varié pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

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ET SI VOUS INVESTISSIEZ DANS LE PLUS GRAND SELFIE DU 19ÈME SIECLE ?

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« EN PLEIN COEUR MUSEE ORSAY. MAGNIFIQUE 22M2. IMPORTANTS TRAVAUX A PREVOIR ». Tel est le titre de l’annonce presse et affichage conçue par BDDP Unlimited pour promouvoir une souscription via le site de crowdfounding ULULE visant à recueillir 100 000 euros pour la restauration du chef d’oeuvre de Courbet « L’atelier d’artiste », qui aura lieu au coeur du Musée d’Orsay (voir vidéo explicative ci-dessous). Plus de 90 000 euros ont déjà été levés, et si vous faites comme moi aujourd’hui un don, en profitant des contreparties proposées qui sont particulièrement attractives, nul doute que le nouvel objectif de 100 000 euros devrait être atteint rapidement (l’objectif initial était de 30 000 euros) ! Pour souscrire, c’est ici : http://fr.ulule.com/courbet/.

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ET SI STAR WARS REVENAIT AUSSI EN PUBLICITÉ ?

A l’occasion de la sortie hier du trailer de STAR WARS Episode 7 (cliquez ici), un an avant la diffusion du film « The Force Awakens » en décembre 2015, j’ai décidé de consacrer notre #EclatDeRire du samedi aux films publicitaires les plus drôles inspirés par Star Wars. En commençant par un tout nouveau film conçu pour un Festival du film Argentin qui se déroule chaque année à Los Angeles (vidéo ci-dessus)… Il n’y a pas eu que des bons films publicitaires inspirés par Star Wars, mais les trois films ci-dessous sont vraiment imparables … Excellent week-end à toutes et à tous, et « Que la force soit avec vous » !

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ET SI ON VOYAIT LA VIE EN AIRBNB ?

« WELCOME HOME » ! Voici le premier film publicitaire d’Airbnb signé TBWA\Singapore. Merci à Françoise VIDAL pour son post Facebook qui nous livre quelques éléments complémentaires sur sa réalisation : « La prouesse technique (et artistique) du moment est réalisée par la vidéo « Welcome to Airbnb » de l’agence TBWA de Singapour, pour la plateforme communautaire de location et de réservation de logements de particuliers souhaitant faire partager l’expérience de ses voyageurs. Tournée en une prise et sans image de synthèse dans un hangar de 40 m2, à Auckland (Nouvelle Zélande) elle a mobilisé 30 personnes qui, sur 5 semaines, ont conçu un monde en miniature de 85 m2. Soit 2 400 heures de construction pour créer un paysage de 20 m2 de contreplaqué, de 160 plaques de polystyrène et de 12 litres de colle, avec 100 arbres uniques, plus de 60 maisons et 240 Plantes et fleurs ainsi que 96 figurines dont 6 miniatures de « vrais » voyageurs Airbnb et 2 chiens. Le château, quant à lui, a été imprimé en 3D et peint à la main brique par brique. Enfin, 9 artistes ont actionné les transitions à la main, à mesure que le train avançait sur les rails. Un travail de Titan pour un monde en miniature, un comble ! Après la découverte de la vidéo ci-dessus, regardez aussi le making of sur Youtube (ci-dessous) ». Les fans de train électriques devraient particulièrement apprécier !

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ET SI NOUS (RE)PRENIONS LE POUVOIR SUR NOS VIES ?

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J’ai décidé de consacrer mon #JourDuPenseur dominical au dernier livre de Jacques Attali intitulé « Devenir soi », que j’ai lu avec intérêt dans l’avion – endroit toujours propice à la réflexion s’il en fut – qui m’emmenait hier de Paris à Washington. Ce livre a pris une résonnance particulière à l’aune d’une conversation que j’avais eue vendredi dernier avec un ami lecteur de ce blog qui se reconnaitra, à la suite de la cérémonie d’enterrement d’une personne dont j’étais très proche. La question posée était celle de la trace que nous aimerions laisser de notre passage sur cette terre, et de l’action que nous menions pour en avoir une plus grande maitrise. C’est l’exact sujet du livre de Jacques Attali : Comment devenir soi ? Comment prendre le pouvoir sur nos vies, dans un monde souvent difficile à supporter, et qui risque de le devenir davantage ? Comment se prendre en main, sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses, ou s’en remettre à un pouvoir politique de plus en plus impuissant ? Au delà de la renaissance personnelle permise par cette quête, Jacques Attali défend la thèse d’une Renaissance collective corollaire : « plus nombreux seront ceux qui ne se résigneront pas à rester des « résignés-réclamants », plus profonde sera la démocratie, plus seront libérées les énergies et créées des richesses ». Nous aurions dont tout à y gagner !

Jacques Attali est convaincu et veut nous convaincre qu’il est temps pour chacun de se prendre en main, sans trop attendre d’autrui, afin de véritablement « DEVENIR SOI » , avec cette injonction : « Arrachez-vous à la routine, aux habitudes, au destin tout tracé, à une vie choisie par d’autres : choisissez votre vie ». L’auteur nous propose un nouveau « pari pascalien » qui passe par la liberté du choix de son destin. L’enjeu étant de quitter la survie pour expérimenter la « sur-vie », en sachant profiter d’un événement de sa vie pour mieux la réorienter. Après avoir souligné l’évolution négative du monde et le risque de ce qu’il appelle la « Somalisation » de la planète, Jacques Attali nous invite à quitter le statut trompeur de « résignés-réclamants » pour adopter une posture résolument volontariste où l’on « ne se contente pas de consommer des objets, des services, des prothèses ou de la politique », mais où l’on décide d’agir en prenant en main sa vie personnelle et en agissant sur son environnement, à l’exemple des artistes, entrepreneurs positifs qui tiennent compte des générations suivantes, de ceux qui « nettoient le monde », transforment l’éducation, la santé ou agissent contre toutes les formes de misère, de pauvreté, d’exclusion ou d’atteintes aux libertés. De Gandhi à Assange, en passant par des dizaines d’autres exemples de personnalités célèbres ou peu connues, mis en évidence par l’auteur, et par un hommage aux conférences TED « un des principaux lieux d’exposés mondiaux de « devenir soi » contemporain ».

Après une partie consacrée aux différentes théories religieuses et philosophiques du « devenir soi » à travers les âges dont je retiendrai en particulier la maxime de Rousseau « Soyons pour le reste de ma vie, ce que j’aurai trouvé devoir être après y avoir bien pensé », Jacques Attali propose un cheminement en 5 étapes pour aider chacun « à faire le métier dont il rêve, d’apprendre ce qu’il veut apprendre, de choisir librement son apparence, ses amours, sa sexualité, son lieu de vie, sa langue, de trouver et d’assumer qui on est vraiment ». Et de refaire ces choix plusieurs fois dans une vie, simultanément ou successivement, en exploitant « les formidables potentialités qui se trouvent devant nous ». Parce qu’aucune société ne sait élever ses enfants pour qu’ils deviennent eux-mêmes, et parce que les parents poussent rarement leurs enfants à choisir un modèle de réussite différent du leur, il faut en général un EVENEMENT qui peut être un choc ou le fruit d’une longue maturation, pour générer la nécessaire remise en cause de son existant. Cet événement est nécessaire mais pas suffisant, s’il n’est suivi d’une PAUSE de réflexion et d’introspection qui permette de parcourir un CHEMIN en cinq étapes : 1. Comprendre les contraintes imposées à sa vie par la condition humaine, par les circonstances et par les autres, 2. Se respecter et se faire respecter : réaliser qu’on a droit à une belle et bonne vie, à du beau et à du bon temps 3. Admettre sa solitude : ne rien attendre des autres, même de ceux que l’on aime et qui nous aiment, dispenser de l’amour sans en attendre en retour, et vivre cette solitude intrinsèque à son humanité comme une source de bonheur, 4. Prendre conscience que sa vie est unique, que nul n’est condamné à la médiocrité, que chacun a des dons spécifiques, et qu’on peut mener plusieurs vies dans une vie, et 5. Prendre la décision de prendre le pouvoir sur sa vie. Pour Jacques Attali, il « faut comprendre que le but ultime de toute vie n’est en aucun cas « survivre » en « résigné-réclamant », mais de « sur-vivre » en créateur, autrement dit de mener une « sur–vie » définie selon ses propres valeurs et ses aspirations, une vie que personne d’autre ne pourrait concevoir de même façon ». Comme le démontre formidablement notre ami Cyrille de Lasteyrie (plus connu sous le pseudo de @vinvin) dans la vidéo ci-dessus enregistrée au dernier TedxParis, « Le plus grand risque est de ne pas en prendre ». C’est en prenant le contrôle de nos vies que nous pourrons le mieux influer sur celles des autres, à commencer par nos propres enfants : « Plus nombreux seront ceux qui ne se résigneront pas (cf vidéo ci-dessous), meilleur sera l’avenir du monde ».

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ET SI VOUS EVITIEZ LE « NO WEB INN » ?

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Une fois n’est pas coutume, notre rubrique #EclatDeRire du samedi n’est pas consacrée à une campagne télévisuelle, mais à la toute nouvelle campagne d’affichage NOVOTEL signée TBWA\Paris que j’aime vraiment beaucoup. Je sais, vous allez me dire que je suis quelque peu juge et partie, mais je tiens à dire que s’il m’arrive régulièrement d’être client de Novotel, Novotel n’est pas un client de TBWA dont je m’occupe personnellement. Subjectivité ne rime donc pas forcément avec partialité ! Je vous laisse juge… Quelque soit l’endroit où vous choisirez de dormir (pour ce qui me concerne, ce sera à Washington), je vous souhaite à toutes et à tous un excellent week-end !

Grand Pathetic hotel

Hotel de la note salée

Hotel des 3 repas froids

Hotel du meeting desastreux

Hotel des gamins mal accueillis

Rikiki HotelThe place not to be

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ET SI NOUS FAISIONS DE « L’IDIOTE » LE PREMIER SPECTACLE « SATISFAIT OU REMBOURSE PAR SES FANS  » ?

J’ai eu la chance d’être invité le 29 septembre dernier, par mon ami Alain Péron (consultant le jour, et acteur le soir) à la première de la reprise de « L’IDIOTE » de Marcel Achard, une pièce irrésistible créée en 1960, qui inspira ultérieurement une des aventures de « La Panthère Rose » du fameux Inspecteur Clouseau (« Quand l’inspecteur s’emmêle »). J’ai tellement apprécié cette comédie, interprétée par une troupe formidable dont l’histoire ressemble à un conte de fées (voir ci-dessous), que j’ai décidé de vous inciter sérieusement à la voir en proposant à 20 lecteurs de ce blog, un « Satisfait ou remboursé » (par mes soins) si vous réservez au Grand Point Virgule ( cliquez ici pour réserver, ou téléphonez au 01 42 78 67 03), spectacle à 20H tous les lundis et mardis. Pour profiter de cette offre exceptionnelle  » Satisfait ou Remboursé », il vous suffit de m’envoyer un tweet à @nicolasbordas ou un mail privé facebook, et je vous confirmerai par retour que vous faites bien partie des 20 personnes dont j’assure la place. Dans ce cas, si vous n’êtes pas satisfait de votre soirée théâtrale lundi ou mardi, je vous rembourserai la somme de 25 euros, prix d’une place. Si vous êtes pleinement satisfait, ce qui me semble plus que probable, je vous demande en contrepartie de faire la même offre à un(e) (ou plusieur(e)s) de vos amis pour la semaine suivante, en assurant à votre tour leur satisfaction à concurrence de 25 euros par ami(e), et en diffusant votre offre sur les réseaux sociaux avec le hashtag #FaisonsLidiote. Histoire de participer au succès mérité d’une troupe amateur dont l’aventure ressemble déjà à un conte de fées !

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L’IDIOTE est interprétée par une troupe amateur d’une manière incroyablement professionnelle ! Il y a 10 ans Marie Utreh (qui joue aujourd’hui le rôle principal) découvre L’Idiote de Marcel Achard et c’est le coup de foudre. C’est Jean-Laurent Cochet, créateur du célèbre Cours Cochet qui a formé tant de grands acteurs français, qui lui a conseillé ce texte que l’on ne trouve plus que chez les bouquinistes. En la voyant sur scène, Jean-Laurent Cochet a eu un flash : Josefa Lanthenay, l’héroïne de la pièce qu’il a vue à sa création en 1960, interprétée alors par Annie Girardot, c’est Marie ! Marie n’aura désormais plus qu’une seule obsession en tête : jouer l’Idiote. Cela devient le projet d’une vie. Alors elle va se préparer année après année, enchaîner cours et stages. Avec Jean Laurent Cochet bien sûr, mais aussi Jack Waltzer qui lui enseigne les techniques de l’Actor Studio. Il lui faut une troupe. Elle retrouve Philippe Le Gars qui a été un des ses professeurs au Cours Cochet. Il sera le Juge et assurera la mise en scène. Elle rencontre mon ami Alain Péron. Le contact passe aussitôt. Il sera le greffier. Un à uns, les autres comédiens de la troupe seront aussi choisis parmi les élèves du cours. Tous passionnés, tous bosseurs, engagés à répéter plusieurs fois par semaine mois après mois jusqu’à ce que chaque réplique soit parfaite. L’équipe se donne à fond et le 26 juin 2013 une première représentation est donnée au Festival de Saint-Sulpice : le public est en liesse. Les 200 places assises en plein air ont été prises d’assaut. Des spectateurs s’entassent sur les côtés pour assister debout à la représentation. On n’en finit plus d’applaudir en cette douce nuit de juin. Après ce premier succès il faut rebondir. Grâce aux recommandations de Gérard Depardieu, le plus célèbre des anciens élèves de Jean-Laurent Cochet, Marie rencontre Stéphanie Bataille, la directrice du Théâtre Antoine réputée pour son caractère bien trempé. C’est au théâtre Antoine justement que l’Idiote avait été créée le 23 septembre 1960 avec Annie Girardot et Jean-Pierre Cassel (voir affiche d’origine dans la photo ci-dessous). Quelle belle idée ce serait de rendre hommage à Marcel Achard en rejouant sa pièce sur les mêmes planches cinquante quatre ans plus tard au même endroit. L’idée plait à Stéphanie Bataille, qui considère que « la vie c’est une chaîne », et qui décide de donner un coup de main à Marie. Elle dit banco et accepte de prêter le théâtre Antoine pour une soirée unique le 29 septembre 2014. Et le miracle se reproduit, le 29 septembre plus une place de libre, les 780 spectateurs qui assistent au spectacle se régalent, applaudissent longuement après chaque acte et réclament plusieurs rappels à la fin de la représentation. Cela ne peut pas s’arrêter ainsi. Stéphanie Bataille aide alors la troupe à obtenir le Grand Point Virgule pour présenter la pièce au public parisien. Une chaîne, dont je fais partie, se forme parmi les spectateurs pour encourager la pièce. En ferez vous partie vous aussi ?

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L’IDIOTE est une comédie policière irrésistible. Josepha Lanthenay, jeune et ravissante femme de chambre, est-elle coupable du meurtre de Miguel, son amant, abattu d’un coup de revolver ? Elle s’est réveillée nue à ses côtés, et tout la désigne, à commencer par les supposés derniers mots de la victime : « Josefa, pourquoi as tu fait ça ? ». Les réponses ingénues de cette petite provinciale au juge d’instruction qui mène l’interrogatoire ne plaident pas en faveur de son innocence. Son insouciance et sa liberté de moeurs (elle accorde aussi ses faveurs à son très distingué employeur, Benjamin Beaurevers, ce qui n’est pas du gout de sa légitime Marie-Dominique) sont autant d’éléments à charge pour un magistrat retors. A moins que la coquette ne soit idiote ? Toujours est-il, que niaise ou rouée, Josefa n’en fait pas moins chavirer les coeurs. De l’opiniâtre magistrat à son benêt de greffier, en passant par le Proc et le garde chiourme, toute la mâle assemblée en pince pour l’accusée. Et elle dans tout ça ? Eh bien, elle est formelle : elle n’a pas tué Miguel, et elle veut qu’on lui fiche la paix … A vous de juger !

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ET S’IL ETAIT TEMPS DE BASCULER VERS UNE CONSOMMATION HEUREUSE?

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J’ai décidé de consacrer ce #JourDuPenseur à « Vers une consommation heureuse », le tout dernier livre d’Elisabeth Laville, avec qui j’ai eu l’occasion de travailler avant qu’elle ne crée Utopies, cabinet pionnier dans le conseil en développement durable pour les entreprises, déjà auteur de plusieurs ouvrages dont L’entreprise verte, Achetons responsable! et Un métier pour la planète, et surtout pour moi! . J’avais eu l’occasion de vous parler d’Elisabeth Laville lors de son intervention à Tedx Paris en 2011 (cliquer ici). Comme le dit le psychiatre Christophe André, « Vers une consommation heureuse est un livre très bien documenté, plein d’énergie et d’optimisme, qui donne envie d’agir et nous aide à devenir des consommateurs plus avisés, des citoyens plus motivés, et des humains plus heureux ». Face à ce qu’elle appelle « notre addiction » à une consommation qu’elle juge insuffisamment questionnée par la société, Elisabeth Laville propose une alternative positive, de nature à résoudre l’impasse individuelle et collective dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui : individuellement, le bien-être décroit avec la consommation matérielle une fois nos besoins essentiels assouvis et collectivement, notre course folle épuise les ressources naturelles et dérègle le climat. Pour Elisabeth Laville,il est urgent d’adopter un comportement et des politiques responsables, qui visent à remplacer la quantité par la qualité, et à définir une « nouvelle morale du bonheur » où le renforcement du lien prenne le pas sur l’acquisition des biens.

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« La consommation consiste pour les individus à dépenser de l’argent qu’ils n’ont pas, pour acheter des choses dont il n’ont pas besoin, afin d’impressionner des gens qu’ils n’aiment pas ». Cette citation de Clive Hamilton donne le ton du réquisitoire anti-consommation frénétique d’Elisabeth Laville qui veut « lever le tabou » du sujet de la consommation, cette « religion universelle ». Chaque semaine, un Français a le choix entre 1250 nouveaux livres, 10 nouveaux parfums et 13 nouveaux films, consomme en moyenne une boite de médicaments et 1,5 kilos de viande. Notre volume de consommation est trois fois plus élevé qu’il ne l’était en 1960. Notre addiction à la consommation aggrave les inégalités et épuise nos ressources naturelles sans nous rendre plus heureux pour autant. Après avoir effectué l’analyse détaillée et argumentée de nos dénis dans une partie très intéressante de son livre, Elisabeth Laville nous propose « de voir le verre à moitié plein, et non à moitié vide », convaincue que « ce n’est pas en promettant des restrictions qu’on encouragera les individus à changer » :  » La catastrophisation du futur démobilise les gens » ! De manière constructive, Elisabeth Laville analyse cinq marchés emblématiques qui sont en pleine évolution : la mode, les médicaments, l’électronique grand public, l’alimentation et la viande, montrant comment se mettent déjà en place des voies d’avenir.

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Pour accélérer le mouvement, Elisabeth Laville propose d’agir à trois niveaux : premièrement, en privilégiant à titre individuel une consommation de biens et de services plus respectueuse des hommes et de la planète, deuxièmement, en redéfinissant les finalités de la consommation en intégrant la question des générations futures, et troisièmement, en favorisant l’émergence de nouveaux modes de vie rééquilibrant échanges marchands et non marchands (« Moins de biens, plus de liens »). Les consommateurs y sont prêts (cf le succès du tri et recyclage, de la consommation collective, de la location, de la revente d’occasion ou du partage…). Mais il faut que la puissance publique accompagne ce mouvement, si on veut véritablement l’accélérer, à l’exemple des programmes « My money week » en Angleterre, « One tonne less » au Danemark, ou « Green Card » en Corée. Le succès de cette reprogrammation est aussi aux mains des entreprises qui comprennent l’intérêt de vendre un service durable plus qu’un produit à obsolescence programmée, et qui prennent de plus en plus leur responsabilité sociétale au sérieux. Comme le souligne Jo Confino, éditorialiste au Guardian :  » le mouvement global pour un développement durable échouera tant qu’il ne parviendra pas à créer une vision attractive du futur ». Il nous faut donc inventer une nouvelle morale du bonheur pour les temps post-consuméristes. En ce sens, la démarche d’Elisabeth Laville vient enrichir et compléter celle de Pierre Rabhi (citation ci-dessous), auteur de « Vers la sobriété heureuse ». Parce que « La révolution des comportements et des esprits à commencé, il appartient aux gouvernements, collectivités locales et entreprises de l’accompagner pour opérer un basculement : « une société qui s’autoriserait à reconnaitre les besoins non matériels ( identité, communauté, estime de soi, défi, amour, joie …) et à trouver des moyens non moins matériels de les satisfaire, consommerait bien moins de ressources et d’énergie, tout en atteignant des niveaux bien plus élevés d’épanouissement et de bonheur humain « .

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ET SI, EN NOVEMBRE, LA MOUSTACHE FAISAIT LE HEROS ?

Comme tous les samedis, notre rubrique #EclatDeRire vous propose les meilleures campagnes publicitaires humoristiques venues du monde entier, avec cette semaine, deux films signés BBDO Canada pour la fondation MOVEMBER (contraction de « Mo » pour moustache et de « novembre ») qui propose, chaque année en novembre, aux hommes du monde entier de se laisser pousser la moustache, pour sensibiliser l’opinion et lever des fonds pour la recherche dans les maladies masculines telles que le cancer de la prostate. Ce mouvement né en Australie, est devenu international depuis 2007. En 2012, plus de 1,1 millions de personnes avaient participé, rapportant plus de 100 millions d’euros à l’association. Pour devenir un Mo Bro, inscrivez-vous ici ! Avec ou sans moustache, je vous souhaite à toutes et à tous un excellent week-end !

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ET SI LES RESEAUX SOCIAUX N’ÉTAIENT PAS POLITIQUEMENT NEUTRES ?

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J’ai décidé de consacrer ce #JourDuPenseur au nouveau livre très intéressant de Yves Jeanneret « Critique de la trivialité – Les médiations de la communication, enjeu de pouvoir », un ouvrage érudit de 726 pages qu’il serait inconvenant de vouloir résumer en quelques lignes, tant il met en évidence certains effets pervers de la culture de « l’écrit d’écrans », en particulier sa dimension par essence réductrice ! Il se trouve que je serai cette semaine au CELSA aux côtés de ce professeur de Sciences de l’information et de la communication, et chercheur expert en communication, pour évaluer un rapport produit dans le cadre de ses études par Roxanne Legendre, étudiante en Master 2 au Celsa, sur le thème « INSTAGRAM, VERS UNE COMMUNICATION SANS FILTRE ». J’en ai donc profité pour lire le dernier ouvrage d’Yves Jeanneret, publié en 2014 aux Editions Non Standard, qui est la suite naturelle de son précédent essai publié en 2008  » Penser la trivialité : la vie triviale des êtres culturels ». Celles et ceux d’entre vous qui ont lu mon livre « L’idée qui tue » savent à quel point je suis sensible à la notion d’idées en tant « qu’être culturels vivant, se déplaçant de cerveaux en cerveaux », que l’on doit originellement à Teilhard de Chardin (avec le concept de Noosphère), brillamment développée ultérieurement par Edgar Morin dans son livre « La Méthode- tome 4 – Les idées : leur habitat, leur vie, leurs moeurs, leur organisation ». La propagation des idées en tant qu’être culturels est au coeur de la réflexion d’Yves Jeanneret dans son livre « Critique de la trivialité ». Comme il l’explique dans la vidéo ci-dessous, il faut ici comprendre « trivialité » au sens étymologique latin (TRIVIUM = Carrefour). Il s’agit donc de l’analyse de la façon dont les idées circulent, sont partagées dans la société et se transforment en prenant des sens nouveaux. Et de l’impact des nouvelles technologies de l’information sur le mode de propagation et l’influence des idées. Car comme le rappelle à juste titre l’auteur : à l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, « Il ne suffit pas que les choses circulent massivement et très vite pour que l’appropriation sociale des objets soit réelle ».

Derrière son apparente culture de la démocratie contributive et son culte de la transparence, Wikipédia n’est pas une démarche innocente : elle incarne un projet politique fondé sur une information faiblement contextualisée ou mise en perspective, qui laisse peu de place à la contradiction ou au débat d’idée. C’est ce que démontre brillamment Yves Jeanneret dans son introduction : Parce que son moteur est la correction (et non la confrontation), Wikipédia est « l’incarnation médiatique d’un imaginaire du cybersavoir » témoignant d’une « vision positiviste accumulative de la démarche scientifique médiatisée, fondée sur l’idée de progrès et celle de transparence ». Il en va de Wikipedia comme des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou de nos outils d’écran type powerpoint : en formatant la manière de propager nos idées, ils en conditionnent aussi le sens et l’interprétation que l’on peut en faire. Et à ce type façonnent nos cerveaux et la manière dont ils perçoivent l’information, dans une démarche qui n’est pas politiquement neutre. Parce que le pouvoir réside « plus sûrement dans la dissémination subtile de ses formes inaperçues que dans son affirmation éclatante », Yves Jeanneret a voulu dans « Critique de la trivialité » contribuer « à mettre au jour des pouvoirs qui tiennent moins au contenu particulier des énoncés, qu’aux modalités de leur partage social et par là, poser des questions politiques qui sont rarement évoquées dans le débat actuel sur le rôle de la communication ». Dans la première partie du livre intitulée  » Des prises à l’emprise : ces médiations dont on s’empare », l’auteur propose des outils conceptuels pour appréhender la communication sur les « êtres culturels ». Dans la deuxième partie intitulée  » La rencontre des prétentions – Arts et métiers de la trivialité », il analyse la façon dont les acteurs (journalistes, entreprise, communicants …) s’engagent dans l’univers ainsi décrit. et comment les conceptions de la communication deviennent des métiers, des savoirs experts, des stratégies au service du pouvoir économique et politique au sein de ce qu’il appelle « les prétentions à professionnaliser la trivialité ». Dans la troisième partie intitulée « Une nouvelle économie Scripturaire », l’auteur revisite le concept de Michel de Certeau à l’aune des nouvelles technologies de l’information avec en son coeur le concept d’ »architexte », cet « objet mutant », qui formate notre usage écrit des écrans. Enfin dans la quatrième partie intitulée « le capitalisme médiatique », l’auteur réinterroge la notion de médiatisation, nous sensibilisant aux enjeux politiques et éthiques, et nous proposant d’être « attentif aux formes tendancielles de domination que nous sommes susceptibles non seulement de subir, mais d’exercer » par la communication.

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A plusieurs reprises, Yves Jeanneret se réfère aux notions de « dépublicitarisation » et d’ »hypermédiatisation » développés par sa collègue du Celsa, Karine Berthelot-Guiet, dans un livre intitulé « Paroles de Pub – La vie triviale de la publicité », à qui j’avais consacré un post #JourDuPenseur en novembre 2013, intitulé « Et si la publicité nous parlait de nous » (cliquer ici). Un des effets pervers de la digitalisation des médias, tient à la disparition de certaines barrières normées entre la communication et l’information (qui se traduit, entre autres, par le développement du « native advertising ») : « les techniques marchandes gagnent en permanence des espaces de plus en plus étendus ». Yves Jeanneret souligne à juste titre la manière dont les communicants se sont emparés du web 2.0 et s’emploient  » à l’appareiller, à l’orienter, et à l’exploiter ». Rappelant l’importance de la notion de « densification sémiotique », qui consiste en « la création de formes conceptuelles denses susceptibles de solliciter l’attention, le désir et la mémoire », caractéristiques de la démarche publicitaire, Yves Jeanneret cautionne l’idée de « publicitarité » développée par Karine Berthelot-Guiet pour qualifier les formes nouvelles de communication non conventionnelles, en précisant que la densification sémiotique n’est pas une fixation statique, mais une mise en mouvement du discours. Bien au delà de la publicité et face aux nouveaux pouvoirs de la communication, Yves Jeanneret nous rappelle, à la fin de son long cheminement, que « la maitrise des conditions de possibilité de la communication est au coeur des métamorphoses médiatiques contemporaines ». Et que, puisque chacun est devenu média potentiel, la qualité, la richesse culturelle, et la valeur éthique des contenus qui circulent est plus que jamais de la responsabilité de chacun d’entre nous.

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Effets du Kamagra est divers pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.