Archives mensuelles : décembre 2014

ET S’IL NOUS FALLAIT APPRENDRE A VIVRE DANS L’ANTHROPOCENE ?

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Alors que le sommet COP20 de LIMA sur le climat se termine à l’issue de négociations difficiles, et un an avant la conférence décisive COP21 à Paris qui doit impérativement renouveler les engagements du protocole de Kyoto, j’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical à l’excellent livre des historiens du CNRS Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz intitulé  » L’événement anthropocène », paru fin 2013. Les scientifiques nous l’annoncent, la Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique : l’Anthropocène qui succède à la Pléistocène (il y a 2,5 millions d’années) et à l’Holocène (qui a débuté il y a 11 500 ans). Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, mais une révolution géologique d’origine humaine : « une terre dont l’atmosphère est altérée par les 1400 milliards de tonnes de CO2 que nous y avons déversées en brûlant charbon et pétrole, un tissu vivant appauvri et artificialisé, imprégné par une foule de nouvelles molécules chimiques de synthèse qui modifient jusqu’à notre descendance, un monde plus chaud et plus lourd de risques et de catastrophes, avec un couvert glaciaire réduit, des mers plus hautes et des climats déréglés. Depuis la révolution industrielle, notre planète a basculé vers un état inédit ». Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers voire des millions d’années dans les archives géologiques et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables. Comment vivre et agir désormais dans l’Anthropocène ? En « repensant le passé pour ouvrir l’avenir », le livre de Bonneuil et Fressoz appelle à de nouvelles humanités environnementales concourant à renouveler nos visions du monde et nos façons d’habiter ensemble la Terre.

C’est le chimiste de l’atmosphère et prix Nobel pour ses travaux sur la couche d’ozone, Paul Crutzen, qui, le premier, en février 2000 à Mexico, a déclaré « Nous ne sommes plus dans l’Holocène, mais dans l’Anthropocène ! », formalisant ainsi la nouvelle époque géologique dans laquelle nous sommes entrés, une époque dominée par l’action humaine (du latin anthropos signifiant « être humain », et « kainos » signifiant « récent/nouveau »). Une époque qu’il propose de faire débuter en 1784, date du brevet de James Watt sur la machine à vapeur, symbole du commencement de la révolution industrielle et de la « carbonification » de notre atmosphère. Aujourd’hui, le concept d’Anthropocène est devenu un point de ralliement entre géologues, écologues, spécialistes du climat et du système Terre, historiens, philosophes, citoyens et mouvements écologistes pour penser ensemble cet âge dans lequel l’humanité est devenue une force géologique majeure. C’est dans l’air que se trouve l’arme du crime qui a mis fin à la période géologique précédente : l’Holocène. Les gaz à effet de serre sont responsables du réchauffement climatique, le tissu de la vie sur terre (biosphère) subit une dégradation généralisée qui nuit à la biodiversité (au rythme actuel, 20% des espèces auront disparu en 2030), les cycles bio-géochimiques de l’eau, de l’azote et du phosphate sont gravement modifiés, de sorte que « nous consommons non seulement les fruits, mais aussi l’arbre sur lequel nous sommes assis ». L’Anthropocène est un événement, un point de non-retour qui bouleverse nos représentations du monde. Selon le philosophe et professeur à Sciences-Po Bruno Latour, « L’anthropocène est le concept philosophique, religieux, anthropologique et politique le plus décisif comme alternative aux idées de modernité ». Car il nous faut désormais inventer un nouvel idéal d’émancipation différent de celui des Modernes.


Comprendre le réchauffement climatique en 4… par lemondefr

Lorsqu’on évoque la crise environnementale, on évoque en général quatre dimensions principales : le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la raréfaction des ressources naturelles, et les effets de la pollution. Mais il est temps, selon les auteurs, de ne plus parler de « crise » environnementale, car « le mot « crise » entretient un optimisme trompeur puisqu’il désigne un état transitoire, alors que nous sommes entrés dans une bifurcation géologique sans retour prévisible à la normale, lançant la terre « dans de nouveaux états porteurs de dérèglements, pénuries et violence qui la rendront moins aisément habitable ». Il nous faut donc abandonner aussi la perspective rassurante d’un « développement durable », qui laisse trop croire à la possibilité de perpétuer la croissance économique moyennant un peu plus de « conservation » de l’environnement. Loin de l’avènement glorieux d’un « Age de l’homme », l’anthropocène témoigne plutôt de notre « impuissante puissance », et annonce une époque conflictuelle et violente. Cette situation nouvelle appelle des réponses politiques à l’échelle planétaire car il faut « arbitrer entre divers forçages humains antagonistes sur la planète, entre les empreintes causées par différents groupes humains (classes, nations), par différents choix techniques et industriels, ou entre différentes modes de vie et de consommation. Point d’issue possible sans action politique, et sans une forme de gouvernance mondiale efficace. Penser l’Anthropocène, c’est abandonner l’espoir d’une « sortie de crise », mais apprendre à y survivre, c’est à dire à stabiliser le système Terre dans un état un tant soit peu habitable et résilient, limitant la fréquence des catastrophes, sources de misère humaine. Mais c’est aussi apprendre à y vivre, « dans la diversité des cultures et l’égalité des droits et des conditions, dans des liens qui libèrent les altérités humaines et non humaines, dans l’infini des aspirations, la sobriété des consommations, et l’humilité des interventions ». Une expérience qui pourrait alors, selon les auteurs, s’avérer extraordinairement émancipatrice !

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Effets du Kamagra est varié pour tout le monde. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure alternative. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

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ET S’IL ETAIT TEMPS DE COMPTER (SUR) VOS VRAIS AMIS ?

 » How far would your friends go for you ?  » Comme tous les samedis, la rubrique #EclatDeRire de ce blog vous propose les meilleurs films publicitaires humoristiques venus du monde entier. Avec cette semaine, une fois n’est pas coutume, une série de trois petits films venus du Kazakhstan, réalisés pour le lancement d’un film intitulé « Heist he wrote », montrant qu’il y a des moments dans la vie qui nous permettent de vérifier si nos amis sont de vrais amis! Ceux sur qui nous pouvons vraiment compter … Je vous souhaite à toutes et à tous de passer un excellent week-end, malgré la pluie, avec vos VRAIS amis !

XylPO-oNzko

Effets du Kamagra est varié pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le règne. Pas agréable de penser.

ET SI L’ECOLE APPRENAIT LE NUMERIQUE ?

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J’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical au dernier livre de Jean-Michel BLANQUER intitulé « L’ECOLE DE LA VIE » publié chez Odile Jacob. Jean-Michel Blanquer, que j’ai appris à connaitre et apprécier depuis sa nomination à la tête du Groupe Essec, est, de mon point de vue, un des meilleurs spécialistes français de l’éducation. Dans un premier temps recteur de l’Académie de Guyane, puis nommé recteur de l’académie de Créteil où il s’est fait remarquer pour ses innovations pédagogiques, il fut également directeur général de l’enseignement scolaire au Ministère de l’éducation. Dans « L’école de la vie », Jean-Michel Blanquer revient sur les fondamentaux de ce qu’il pense être « le premier des biens : l’éducation » et le plus beau métier du monde : l’enseignement. Il en souligne les paradoxes : le paradoxe du rapport au temps, qui provoque trop souvent une opposition artificielle entre les Anciens et les Modernes, le paradoxe du rapport à la pratique, qui oppose dogmatiquement la théorie et la pratique, rappelant qu’il faut remettre au centre de l’enseignement la question du désir (« Celui qui aime à apprendre est bien près du savoir » disait Confucius), et le paradoxe du rapport au politique, qui enferme la droite et la gauche dans un clivage artificiel qu’il convient de dépasser. Pour bâtir une « Ecole de la vie » capable de transmettre aux enfants les savoirs fondamentaux leur permettant de vivre librement, Jean-Michel Blanquer veut « Innover, Expérimenter, et évaluer », au nom de trois grands principes : Le principe de transmission (l’éducation est là pour faire le lien entre les générations), le principe de progressivité de l’apprentissage (chaque marche d’escalier est nécessaire pour progresser), et le principe de cohésion, en particulier entre parents-professeurs (« L’école ne doit pas délier mais relier »).

Après avoir redéfini les enjeux de la Maternelle (le « Métier de vivre »), de l’école élémentaire (« un socle pour la vie »), du Collège (« Du collège unique au collège commun ») et du lycée (« Le lycée de la liberté »), Jean-Michel Blanquer revient sur les grands enjeux transversaux comme la « coéducation » avec la famille ou l’éducation prioritaire qui doit devenir selon lui un véritable laboratoire d’innovations. Jean-Michel Blanquer propose de repenser l’organisation du système éducatif en donnant plus de pouvoir aux acteurs de terrain, et en faisant des professeurs les pièces maitresses du changement, proposant une « autonomie-responsabilité » à l’échelle de chaque établissement. Dans cette transformation nécessaire, le numérique ne doit pas être vu comme un risque, mais comme une chance. Pour Jean-Michel Blanquer : « le surgissement du numérique est le fait majeur de notre époque » qui a un impact politique, économique, mais aussi cognitif, car « il bouleverse nos manières d’apprendre et de voir ». Tout en étant conscient que le numérique, comme la langue d’Esope « peut être la source du meilleur comme du pire », Jean-Michel Blanquer (adepte de twitter : @jmblanquer) considère que « l’école doit prendre en compte le fait que nos élèves sont des « digital natives ». Ils sont nés, vivent, pensent, et se projettent avec le numérique. C’est la raison pour laquelle le numérique doit faire partie , avec le raisonnement, la capacité d’initiative, et la maitrise corporelle, des quatre grandes compétences transversales de l’école élémentaire ». Pour Jean-Michel Blanquer, « l’école a un rôle central à jouer pour former les élèves à un usage responsable du numérique », et il faut mettre l’interactivité au service de la pédagogie, permettant aux professeurs de mieux individualiser leur enseignement : « Il y a là quelque chose de puissant que Socrate n’aurait sans doute pas renié puisqu’il ne délivre jamais un savoir tout fait, mais le fait de toujours émerger grâce au dialogue, c’est à dire à l’interactivité ». Le numérique, en plus de sa dimension ludique dans l’apprentissage, permet également aux professeurs une préparation plus collective et participative des cours, ainsi qu’un meilleur suivi et évaluation des élèves : « Il ne s’agit pas d’instaurer une transparence absolue, une sorte de téléréalité à l’échelle planétaire, mais bien de donner vie à l’idée d’une éducations plus active pour tous ». Et tout au long de la vie, à l’exemple du MOOC produit récemment par l’Essec avec Edgar Morin (cliquer ici). Pour Jean-Michel Blanquer : « La France, grâce à son service public de l’éducation, se trouve en réalité dans une situation, conceptuelle et pratique, privilégiée pour tirer le meilleur du numérique, et en faire un instrument au service de la démocratie et de l’émancipation ». Puisse l’avenir lui donner pleinement raison !

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Effets du Kamagra est divers pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure choix. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

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ET SI L’EXCES DE TRANSPARENCE PAYAIT ?

Comme tous les samedis, notre rubrique #EclatDeRire vous propose les meilleurs films publicitaires venus du monde entier. Je vous ai ramené de Finlande, où je me trouvais en début de semaine, la toute nouvelle campagne de la banque scandinave Nordnet, qui a décidé de pousser la transparence jusqu’à l’absolue franchise de l’acteur de sa publicité TV, qui nous avoue avoir touché 8000 dollars pour dire du bien de la banque qui l’a payé, et partager une tasse de café avec un autre acteur qu’il reconnait ne jamais avoir rencontré auparavant… Un humour bien frais venu du froid… Froid auquel, je l’espère, vous saurez résister pour ce week-end que je vous souhaite comme toujours excellent !

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ET SI VOUS CHANTIEZ « IMAGINE », VOUS AUSSI, AVEC JOHN LENNON, KATY PERRY ET WILL I AM ?

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#EveryVoiceCounts pour le projet #IMAGINE de l’UNICEF ! Alors faites comme moi : 1.Téléchargez sur votre Iphone ou votre Ipad l’application gratuite TOUCHCAST en cliquant ici 2. Enregistrez en trois minutes votre version d’ »Imagine » aux côtés de John Lennon, Katy Perry, Will I am, David Guetta et beaucoup d’autres, et 3. Partagez votre clip vidéo sur les réseaux sociaux pour débloquer un dollar pour l’UNICEF (qui sera donné en votre nom par des entreprises et organisations partenaires de l’UNICEF).

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« Imagine a world where all children have a chance to fultill their potential, where every child has a decent place to sleep, enough food, a classroom, and the health to learn, grow and thrive. Imagine a world where the rights of every child are realized ».Faire que ce monde imaginaire devienne réalité est la mission de l’UNICEF qui vient de lancer, à l’occasion du 25ème anniversaire de la convention des Droits de l’Enfant (vidéo ci-dessous), le projet #IMAGINE, pour faire mieux connaitre la cause des enfants et lever des fonds. Mon ami Mike Jurkovac (qui avait déjà produit le fameux clip « Yes we can » pour Obama en 2008) a réalisé le clip officiel du projet #Imagine (qui réunit 100 personnalités dont Craig David, Angelique Kidjo, les acteurs Idris Elba, Hugh Jackman, Courteney Cox,aux côtés de Ben Ki-moon) , en partenariat avec Yoko Ono et David Guetta. Il a proposé à son ami Edo Segal, fondateur de Touchcast, une plate-forme qui permet à chacun de réaliser très simplement des vidéos intégrant des contenus (photos, vidéos, flux internet, effets spéciaux…) en temps réel dans l’image), de mettre sa technologie et son application au service de l’UNICEF, pour construire le plus grand karaoke de l’histoire, et permettre à chacun d’apparaitre dans le clip vidéo en faisant entendre sa voix. Une version spéciale du clip sera réalisée avec les contributions du monde entier et diffusée le 31 décembre au soir dans le monde entier. De nombreuses entreprises mondiales (comme TBWA) ont décidé de soutenir ce projet et d’inciter à participer. De très nombreuses voix connues et anonymes ont déjà contribué. Il ne manque que la votre (même si, comme moi, vous n’êtes pas très bon chanteur) ! Je compte sur vous car #EveryVoiceCounts !

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