Archives mensuelles : novembre 2015

L'application "17 Secours" imaginée par Nicolas Poirier

ET S’IL ETAIT URGENT DE METTRE LE 17 À L’HEURE DIGITALE?


L'application "17 Secours" imaginée par Nicolas Poirier

Nicolas Poirier, qui fut jusqu’à récemment le directeur juridique du groupe TEADS, est aujourd’hui consultant en droit des TIC, publicité online et réseaux sociaux à Montréal, où il vit depuis quelques années. Le 18 novembre dernier, il postait sur son profil Facebook le message suivant : « On a tous essayé de joindre un jour le 17, et pesté contre le temps d’attente (« Vous avez appelé Police Secours, ne quittez pas… Vous avez appelé… ») ridicule quand on est dans une situation d’urgence, ce qui est censé être le cas lorsqu’on appelle le 17. Sauf que. Le 17 a complètement explosé vendredi, ce qui compréhensible vu la situation particulière, mais inexcusable, car certains appels urgents sinon désespérés n’ont jamais été reçus. Le problème n’est pas qu’il n’y ait pas assez d’employés au 17, il ne servirait à rien d’avoir une armée d’opérateurs en « temps normal ». Le problème, est qu’il n’y ait que APPELER le 17 comme solution dans pareille situation d’urgence. Une solution existe, elle est d’une simplicité enfantine, ce qui rend d’autant plus navrant qu’elle n’ait pas été encore mise en œuvre. Une application, toute simple, uniquement dédiée aux vraies urgences. Et si vous partagiez pour qu’il y ait ne serait-ce qu’une petite chance qu’une personne ayant les moyens d’agir pour la création de cette appli voit passer cette idée ? » Son post était accompagné de la vidéo ci-dessous, présentant le projet.

Depuis l’idée fait son chemin dans les médias avec un article très complet dans L’OBS sous le titre « Les attentats de Paris mettent en lumière l’obsolescence du 17″ (cliquer ici), un relais dans Libération : « Une application pour désengorger le 17″(cliquer ici) et sur France Info (cliquer ici). L’intérêt d’une application de ce type est multiple. Du côté de l’utilisateur, possibilité de se signaler simplement et discrètement en cas d’urgence, de manière géolocalisée, et de recevoir des informations et conseils en temps réel. Du côté des autorités, possibilité d’être informé en temps réel, et d’informer la population de manière géolocalisée autour de l’événement. Si vous pensez comme moi, que cette application 17 Secours mérite de voir le jour rapidement, n’hésitez pas à la relayer vous aussi sur les réseaux sociaux !

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Effets du Kamagra est différent pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle alternative est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.

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ET SI NOUS SORTIONS ENFIN DU DÉNI CLIMATIQUE ?

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Retour de notre rubrique dominicale #JourDuPenseur à l’occasion de la sortie de l’excellent livre de Thomas Porcher et Henri Landes aux éditions Max Milo, intitulé « Le déni climatique ». Dans une semaine se tient la COP21 à Paris. Depuis presque 25 ans, les dirigeants de la planète tentent de négocier un accord ambitieux et efficace sur le climat, mais sans succès. A chaque fois, ils ont échoué, qu’il s’agisse des négociations à Kyoto en 1997 où ils ont signé un Protocole très lacunaire (celui-ci n’engage pas les deux plus gros pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis), ou des négociations de Copenhague en 2009 où ils n’ont pas réussi à trouver un accord qui le remplacerait. L’enjeu de la COP21 est toujours le même et nous pouvons être légèrement plus optimistes qu’auparavant. Les responsables politiques qui joueront un rôle clé, dont Barack Obama et Xi Jinping, sont plus que jamais déterminés à parvenir à cet accord historique et à ne pas répéter les mêmes erreurs. Cependant, le résultat de cette négociation sera vraisemblablement un accord que beaucoup jugeront à minima. Comme l’a dit John Kerry, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, il y a une semaine, l’accord de la COP21 n’engagera pas les pays sur des objectifs chiffrés en tant que tels, mais seulement à participer à un mécanisme de révision périodique de ces objectifs. Autrement dit, un accord contraignant dans la forme et non dans le fond. C’est la condition permettant à tous les pays d’y souscrire. C’est un progrès nécessaire, mais c’est loin d’être suffisant ! Pourquoi les négociations internationales ont-elles tant de mal à aboutir ?

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Selon Henri Landes et Thomas Porcher, c’est parce que les dirigeants de la planète, et nous tous collectivement, sommes dans un déni climatique. Dans leur récent ouvrage, Le déni climatique, Henri Landes et Thomas Porcher ne dénoncent pas le climato-scepticisme (celui-ci existera toujours mais influera de moins en moins sur la décision politique). Ils pointent plutôt du doigt comment les responsables politiques tiennent des discours ambitieux aux Nations unies, mais à l’inverse prennent des décisions contre le climat dans d’autre instances de négociation. Ils donnent plusieurs exemples de ce déni climatique qui n’échappe à aucun leader politique aujourd’hui. Premier exemple : des centaines de traités de libre échange sont signés entre Etats sans jamais mentionner le changement climatique, et encore moins fixer des objectifs en la matière. Or, le commerce mondial contribue fortement à l’empreinte carbone des différents pays. C’est le cas de l’accord en cours de signature entre les Etats-Unis et l’Asie, le Trans-atlantic Trade and Investment Partnership (TIPP) : aucune mention du climat.Deuxième exemple : le confiance aveugle dans les marchés. Soit ils ne prennent pas réellement en compte la lutte contre le changement climatique comme un objectif (notamment les bourses financières), soit ils sont terriblement inefficaces à cette fin. Il suffit de regarder l’échec du marché carbone européen : le prix du carbone européen à chuté de 25 euros depuis 2008 et fluctue aujourd’hui autour de 8 euros, ne donnant aucun signal prix pour les entreprises et les Etats européens pour sortir de l’énergie fossile. Quels sont les facteurs majeurs de cet échec ? Trop d’exonérations pour les grandes entreprises polluantes et trop de quotas alloués sur le marché. Bien que les marchés soient des instruments économiques, leur fonctionnement et leur encadrement dépendent directement de choix politiques.

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Dernier exemple: les dirigeants sont toujours obsédés par des indicateurs de richesse inadaptés. Le principal utilisé est le PIB, servant à mesurer la croissance, qui ne prend en compte ni la dégradation de l’environnement, ni la redistribution de la richesse, ni le bien-être des citoyens. “A quoi bon faire de la croissance, si elle repose sur l’exploitation d’énergies polluantes, sur la compression des salaires et des droits sociaux des salariés ?”, demandent les auteurs. Les dernières déclarations du G20 réaffirment que l’objectif principal des plus grandes économies de la planète est d’augmenter la croissance à l’échelle mondiale, notamment par une hausse du PIB de 2% d’ici 2018. Elles incluent des clauses floues sur le climat, sans fixer d’objectifs encore une fois. Ainsi, il ne devrait pas surprendre que les négociations climatiques ne puissent aboutir à des résultats réellement à la hauteur de l’enjeu. Les objectifs sur le climat sont exprimés et sont globalement consensuels, mais les moyens pour y parvenir sont absents. C’est sûrement pour cela que malgré 25 ans de politique climatique à l’échelle internationale, les énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre font toujours aujourd’hui 80% du bouquet énergétique mondial aujourd’hui, comme le souligne Henri Landes et Thomas Porcher. Et cela alors que les technologies de l’énergie renouvelable sont de plus en plus rentables et accessibles. Afin de sortir du déni climatique, il faut être cohérent dans nos décisions sur l’économie et la société avant et après les négociations climatiques. Cet essai propose dix solutions parmi lesquelles : soumettre l’Organisation mondiale du commerce aux objectifs préconisés par les scientifiques du climat, créer une taxe carbone mondiale qui est progressive en fonction du niveau d’IDH des pays, créer un G7 de l’environnement pour servir de contre pouvoir au G7 et faire une révision écologique de tous les programmes scolaires et surtout dans l’enseignement supérieur. Toutes ces solutions servant à faire basculer l’activité humaine dans un modèle plus soutenable et plus juste. La préservation du climat ne peut être une niche réservée aux seuls techniciens de la négociation ni aux chefs d’Etats une fois par an. La transition écologique est un projet transversal qui nécessite non pas de créer des nouvelles instances de décision mais de corriger celles qui existent déjà. Henri Landes et Thomas Porcher insistent sur la cohérence des politiques et sur l’aspect transversal de l’écologie qui n’existent encore pas sufisamment aujourd’hui. Même si la COP21 n’apporte pas de solution micracle, sa suite doit donner l’occasion de sortir du déni et de relever le défi climatique. Comme le dit à juste titre le petit film ci-dessous réalisé par BDDP&Fils pour Coalition21 : « Si on ne fait rien, personne ne le fera à notre place ! »


Effets du Kamagra est varié pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure choix. Et il est intéressant pas pour tout le paix. Pas agréable de penser.

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ET SI LES PARENTS N’ÉTAIENT JAMAIS PARFAITS ?

Vous n’avez pas besoin d’être un parent parfait pour être un parfait parent ! Comme chaque samedi, notre rubrique #EclatDeRire vous propose les meilleurs films publicitaires humoristiques venus du monde entier, avec cette semaine, une campagne produite par AdCouncil pour AdoptUSKids, une association qui aide à l’adoption d’enfants aux Etats-Unis. Une campagne fondée sur un « insight » imparable : le choix de l’attitude à adopter avec ses enfants face aux aléas du quotidien. Avec son lot d’incertitudes, et parfois de grande solitude … Que vous soyez un parent parfait ou non, je vous souhaite à toutes et à tous un excellent week-end !

Effets du Kamagra est différent pour tout le paix. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le monde. Pas agréable de penser.

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ET SI ON GARDAIT UNE TRACE DE NOTRE FUTUR ANTERIEUR?

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« Nous devrions tous être des progressistes conservateurs » proclamait l’économiste Nicolas Bouzou dans sa brillante intervention du TEDxParis 2015, dimanche dernier au Théâtre du Chatelet. « On peut aimer Internet et rester attaché à certains usages apparemment dépassés, comme le livre papier ». Le retour en vogue du disque vinyle ou la récente relance de Polaroïd en témoigne. Le « credo » de Nicolas Bouzou pourrait aussi être celui de Luc-Emmanuel AUBERGER, dont l’Expo Photo intitulée « Déjà demain » se tient jusqu’au 6 novembre au premier étage de la Galerie Etienne de Causans, 25 rue de Seine à Paris (entrée libre). Je connais de longue date Luc-Emmanuel AUBERGER, et je fais partie de ses premiers fans (et premiers acheteurs). J’écris ce post assis juste en face d’un magnifique tirage de la photo ci-dessus, accrochée à côté de ma bibliothèque personnelle. L’Expo « Déjà demain » nous montre tous ces objets du quotidien qui tendent à disparaitre avec la vie numérique, du stylo à plume (photographié comme un bébé-phoque, voir en bas ce post), aux cartes d’état major, en passant par les partitions papier (Luc-Emmanuel est aussi un talentueux pianiste) ou les billets de banque… Des photos achetables à des prix très raisonnables (autour de 450 euros pièce) compte tenu de la qualité exceptionnelle des tirages. Des natures mortes qui portent potentiellement bien leur nom, réalisée sans aucune retouche, dans un mouvement de flou qui évoque la disparition. Des photos très contemporaines qui constituent le musée encore vivant de notre futur passé.

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Voici le « Manifeste » de l’exposition « Déjà demain » signé Luc-Emmanuel AUBERGER : « Je tournais les pages de mon livre une à une et le papier me résistait parfois. Je faisais l’effort de replier la carte Michelin exactement dans ses plis. Je reconnaissais souvent l’écriture sur l’enveloppe que me tendait le facteur. J’échangeais quelques mots chaque jour en achetant mon journal. J’avais des billets en poche et je me sentais libre. Je sortais un 33T de sa pochette en faisant bien attention de ne pas le rayer. Je lisais des partitions annotées par d’autres au crayon. J’étais impatient de voir le tirage de mes films. J’écrivais à l’encre noir et mes stylos fuyaient … Aujourd’hui, je lis sur ma liseuse, je me dirige avec mon GPS, je reçois des mails, je lis la presse sur mon smartphone, je paye sans contact , j’écoute de la musique dématérialisée, les partitions défilent toutes seules sur ma tablette, je vois instantanément les photos que je prends, j’utilise la commande vocale au lieu d’écrire… C’est déjà demain ! » . Il ne vous reste que quelques jours (jusqu’à samedi) pour profiter de l’exposition !

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