ET SI LE DIGITAL NOUS PERMETTAIT DE TRAVAILLER LÀ OÙ NOUS VOULONS VIVRE ?

PrixManpowerHECfromantin

Pour la reprise de la saison de la rubrique dominicale #JourDuPenseur de mon blog, j’ai le plaisir de vous livrer en exclusivité (voir photo en bas de ce post) les 8 finalistes de la 24ème édition du Prix RH ManpowerGroup-HEC Paris, dont je fus membre du jury juste avant l’été, et dont le Lauréat sera connu le 8 Octobre prochain. Ce prix a été créé en 1995 par l’Institut Manpower pour l’Emploi, afin de promouvoir un ouvrage apportant une réflexion novatrice sur le travail, l’emploi ou la société. Depuis 2006, Manpower a souhaité élargir son champ d’action et s’associer aux réflexions sur les grands changements de l’entreprise, de la société, du travail et de l’économie. C’est ainsi qu’en 2007, le Prix fut remis à Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie. Depuis 2008, le Prix est organisé en partenariat avec HEC Paris. Au prix du jury, s’ajoute désormais le Prix des Elèves HEC effectué sur la base de la “short-list” de 8 ouvrages établie par le Jury. En 2018, le Grand Prix avait été attribué à Laurent Alexandre pour son livre “La Guerre des Intelligences – Intelligence artificielle vs intelligence humaine ” le Prix des Elèves avait été remis à Guillaume Pitron pour “Le La guerre des métaux rares – La face cachée de la transition énergétique et numérique” . En 2017, le Grand Prix avait été attribué à “Makestorming” de Marie-Noëlle Viguié et Stéphanie Bacquere (Diateino) et le Prix des Elèves HEC Paris avait été attribué à “La chute de l’empire humain” de Charles-Edouard Bouée aux Editions Grasset.

jury_2016

Pour sa 24ème édition, 155 ouvrages (promu par 41 éditeurs) avaient été pré-selectionnés, conduisant à une première liste réduite à 12 livres lus par chacun des membres du Jury dont je faisait partie aux côtés de Genevieve Ferone-Creuzet (cofondatrice de Prophil), Marie-Hélène Dick (Présidente de Panpharma), Marine De Paillerets (VP HR de CHANEL International), Philippe Oster (Dircom d’HEC Paris), Pascal Morand (Pdt Fédération Haute-Couture et Mode), et l’économiste et directeur de recherche au CNRS Jacques Perrin. Un jury coordonné par Jean-Pierre Richard, et supervisé par Christian Boghos, DG Communication de Manpower Groupe et directeur de la Fondation Manpower. Le cru 2019 des finalistes est selon moi d’une très grande qualité. Je vous recommande vraiment la lecture de chacun des huit finalistes (et j’aurais l’occasion après le 8 octobre de vous reparler de mes coups de coeur qui n’ont pas été retenus parmi les huit livres soumis au Jury des Elèves HEC). J’ai prévu de vous présenter, chaque semaine à venir, un des huit finalistes (en faisant jouer l’ordre alphabétique pour ne pas “spoiler” le palmarès). Commençons donc par la lettre “F” avec l’excellent livre de Jean-Christophe Fromantin intitulé ” Travailler où nous voulons vivre – Vers une géographie du progrès” (Editions François Bourin). Maire de Neuilly-sur-Seine depuis 2008 et ancien député, Jean-Christophe Fromantin a porté le projet de candidature de la France à l’organisation de l’Exposition Universelle de 2025, jusqu’à son retrait du fait de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Il avait déjà publié plusieurs ouvrages sur les territoires et la mondialisation dont “Mon village dans un monde global” (2012) et “Le Temps des territoires” (2011).

Pourquoi faudrait-il nécessairement migrer dans les grandes métroples pour réussir sa vie ? Jean-Christophe Fromantin est convaincu que la concentration urbaine dans les mégalopoles nous conduit à une impasse globale : économie et culture standardisée, appauvrissement des liens sociaux, recherche constante de rentabilité … et que cette quête perpétuelle d’optimisation nous fait renoncer au véritable progrès qui devrait avoir pour objectif l’amélioration de la qualité de vie humaine. Parce que les Français aspirent aujourd’hui à un meilleur quotidien, veulent choisir leur mode de vie et lui redonner du sens, Jean-Christophe Fromantin propose un véritable redéploiement géographique des territoires, permis par les nouvelles technologies, qui peuvent trouver là leur véritable utilité : accès à la santé, à la culture, à la mobilité, au travail : “Avec les technologies, les frontières s’abolissent”. Réinvestir les territoires, c’est privilégier un monde où l’on VEUT vivre et non un monde où l’on DOIT vivre. A l’inverse de la standardisation des métropoles, la diversité de nos cultures et de nos villes doit pouvoir donner à chacun la possibilité d’assumer ses choix de vie. Pour l’auteur, il y a six grandes familles de mesures à prendre : De l’aménagement du territoire (ce n’est pas tant la vitesse que la maillage qui compte), au redéploiement de la politique de logements, en passant par la reconnaissance du primat de la culture et du patrimoine, en faisant des villes moyennes des satellites des métropoles, en lacant de grands emprunts nationaux, et en réformant la gouvernance territoriale autour de binômes métropoles-région. Ce mouvement vers les territoires serait aussi le moyen de résoudre des enjeux nationaux importants comme la crise des métropoles hypertrophiées, la crise du logement et surtout, la quête du sens de la vie : “Permettre à chacun de vivre là où il le souhaite, c’set lui donner l’opportunité de lier son propre bonheur au destin de son pays. Y a t-il une perspective politique plus enthousiasmante que celle-là …?”. Une thèse à contre-courant des idées reçues sur le primat des grandes villes, particulièrement convaincante pour le provincial dans l’âme que je suis et que je resterai.

8finalistesManpowerHEC

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>