ET SI NOUS AVIONS L’UBERISATION QUE NOUS MERITONS ?

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J’ai décidé ce consacrer ce premier #JourDuPenseur dominical de 2017 au livre de Denis Jacquet et Grégoire Leclercq « UBERISATION. Un ennemi qui vous veut du bien ? « , paru fin 2016 chez Dunod, un livre enrichi de nombreux témoignages vidéo que vous pouvez directement retrouver sur le net avec les interviews de : Nathalie Chiche (Médiateur de la transition numérique), Bruno Haziza (SOS Jober), Karine Lazimi (Assurances), Emmanuel Leneuf (@flashtweet), Morgane L’Hostis (Popmyday), Thierry Marx (Mandarin Oriental), Céline Mounier (Sociologue), Pascal Picq (Paléoanthropologue), Robin Rivaton (Economiste),et Pascal Terrasse (Député). Dans ce livre qui met utilement les point sur de nombreux « i », les auteurs défendent la nécessité d’une « ubérisation régulée », et non « euthanasiée » si on ne veut pas d’une part tuer les emplois futurs de nos enfants, et d’autre part aggraver le retard français dans une évolution qu’il vaut mieux définir que subir. Je connais bien Denis Jacquet depuis déjà quelques années, et j’ai accepté de le rejoindre au sein de l’Observatoire de l’Ubérisation (dont TBWA\Corporate est l’un des partenaires). Un observatoire créé par la Fédération des Auto-entrepreneurs présidée par Grégoire Leclercq et l’association Parrainer la croissance présidée par Denis Jacquet, qui réunit une cinquantaine de personnalités de toutes obédiences issues du monde économique, d’entreprises de taille et secteurs divers, du milieu politique, sociologique, et de la recherche universitaire, qui organisera les premières Assises de l’Ubérisation, le 25 janvier 2017 à l’Assemblée Nationale et publiera à cette occasion son analyse et ses propositions sous la forme d’un « Livre Bleu » rédigé par les différents différents groupes de travail qui ont oeuvré pendant plus d’un an sur des thèmes comme « Quelle société voulons-nous ? Quel droit du travail pour demain ? Quelle fiscalité de l’économie collaborative ? Quelle protection sociale pour les indépendants ? Quelle gouvernance des données ? etc… Des enjeux majeurs sur lesquels il nous faut avancer sans attendre si nous voulons une évolution davantage choisie et moins subie.

Plus de richesse ou de précarité ? Plus d’activité ou de chômage ? Plus d’égalité ou de discrimination ? Plus de bonheur ou nouvel esclavage ? Plus de rêves ou de cauchemars ? L’Ubérisation excite toutes les peurs, les fantasmes, et les espoirs. C’est un phénomène mondial massif qui ne s’arrêtera pas. S’il ne sert à rien de lutter contre l’ubérisation, nous pouvons, en revanche, décider de conserver tout le bien qu’elle recèle et tenter d’en maitriser les aspects les moins souhaitables. Au delà de l’ubérisation, c’est sur tout ce que les technologies nous promettent qu’il faut s’interroger : intelligence artificielle, transhumanisme, post-humanisme, blockchain … Quel est leur pouvoir de transformation du monde, de l’homme et de l’humanité ? Même si le terme « ubérisation » peut revêtir de nombreuses définitions, allant d’une acception étroite (plate-forme technologique de mise en relation directe de l’offre et de la demande), à une acception très large (« innovation de rupture »), il est frappant de voir que le terme Ubérisation est entré dans le Petit Robert en 2017 sous cette définition :  » Déstabiliser et transformer avec un modèle économique innovant tirant parti des nouvelles technologies » : on définit donc le phénomène d’abord par son effet ! Les auteurs partent de l’analyse du phénomène Uber (et ses conséquences) pour l’élargir non seulement à l’ensemble des plate-formes apparues sur la plupart des marchés (voir infographie ci-dessous), mais aussi au modèle de l’économie collaborative, pour mieux mettre à jour l’enjeu central qui est d’abord celui d’une adaptation de la Société et de son modèle social, qui se doit d’être pensée et régulée.

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Ne valait-il pas mieux réguler UperPop plutôt que l’interdire ? N’a t’on pas tort de prendre comme bouc émissaire Heetch, une start-up française qui rend un vrai service à nos enfants en les ramenant de soirée sains et saufs la nuit, et au nom de quoi justifier que « Blablacar, c’est bien, mais Heetch, c’est le diable ? ». Les auteurs de « Ubérisation. Un ennemi qui vous veut du bien » sont convaincus que « la loi n’ira jamais aussi vite que la société », et qu’il est donc plus sage de construire un cadre de régulation que de multiplier les lois en évitant le syndrome de « l’autruche de la protection réglementaire ». Pour Denis Jacquet et Guillaume Leclercq, « il s’agit plus de définir un nouveau terrain de jeu dans lequel les acteurs anciens et nouveaux trouveront à s’exprimer, flanqués d’un nouveau droit et non de l’amendement de règles anciennes ». D’où l’importance fondamentale d’un nouveau droit du travail : réforme de la définition de la notion de « salariat déguisé », réforme du RSI etc… C’est à nous de fixer les nouvelles règles et de « tailler la révolution digitale à la mesure de l’homme, plutôt que de vouloir tailler l’homme à sa mesure »: « il ne faut pas moin de numérique, il faut plus d’humanité ». Mais pour celà, il est impératif que les nouveaux acteurs et les acteurs de l’économie actuelle se réunissent pour travailler ensemble à définir leur cadre concurrentiel. L’Ubérisation sera ce que nous en ferons. A condition de nous situer dans une posture proactive. C’est ce qu’auront à coeur de démontrer les Assises de l’Ubérisation à l’Assemblée Nationale où je vous donne rendez-vous le 25 janvier !

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