ET SI NOUS DEVENIONS (TOUS ) PLUS CRÉATIFS ?

Capture d’écran 2020-10-25 à 08.03.46

J’ai décidé de consacrer mon #JourDuPenseur de ce dimanche, à un livre que vous allez adorer et qui a selon moi, le pouvoir de transformer votre vie, en démultipliant votre envie (et votre capacité) de créer. Ce livre s’appelle « Le Déclic Créatif » et fait écho à la brillante démonstration musicale que Yaron Herman avait faite à TedxParis en octobre 2014 (vidéo ci-dessous). Ai-je encore besoin de présenter Yaron Herman, ce brillantissime pianiste de jazz franco-israélien, bientôt quadragénaire, que beaucoup considèrent comme le nouveau « Keith Jarrett », révélé au grand public aux Victoires de la Musique en 2008, et Président de la Montreux Jazz Academy en 2015 et 2016. J’aime beaucoup son dernier album « Songs of The Degrees » (en Trio), mais j’ai un faible particulier pour ses Variations en piano solo de 2006, que je vous invite à découvrir en lisant ce post ! Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que Yaron Herman a commencé tardivement le piano à l’âge de 16 ans, après que sa carrière prometteuse de basketeur se soit arrêtée brutalement du fait d’une grave blessure au genou. Yaron aura alors la chance d’étudier le piano avec le musicien de jazz Opher Brayer, qui utilise une méthodologie basée sur la philosophie, les mathématiques et la psychologie. Méthode qui libéra l’extraordinaire potentiel créatif de Yaron. Mais aussi sa passion de la pédagogie et de la transmission de « l’art de créer » qu’il a déjà pu exercer à de multiples reprises (en particulier lors de divers Tedx) et qui s’incarne aujourd’hui dans ce livre enthousiasmant qui est en train de changer (vraiment) la vie de chacun des amis à qui je l’ai offert. Comme son titre l’indique, ce livre est bien plus qu’un livre, c’est un véritable « déclic » libérateur de votre envie de créer.

Nous croyons souvent la créativité réservée aux artistes, aux entrepreneurs ou à celles et ceux dotés d’un talent ou d’un don. Voire uniquement aux « grands » artistes: ceux que l’on identifie dès leur plus jeune âge et dont on cultive le talent, à force d’encouragements. Pourtant, la créativité n’est pas réservée à ces quelques élus ou « grands » artistes. Elle n’est même pas propre à l’art: l’art n’en est qu’une de ses déclinaisons possibles, ce n’est pas son seul mode d’expression. Fonder une famille, se faire des amis, monter une affaire, militer, exprimer ses idées, résoudre des problèmes… Les champs de la créativité sont infinis et souvent insoupçonnés ! Yaron Herman considère la créativité au sens le plus large possible, comme la capacité d’exprimer ce qui nous est propre et unique à travers un instrument, une idée, un geste, qui le traduiraient de la façon la plus sincère. Pour lui, la créativité n’est pas un talent, c’est une habitude, une attitude, une façon d’être que l’on peut apprendre et cultiver. C’est pourquoi son livre s’adresse à tout le monde : à ceux qui sont déjà conscients de leur créativité et voudraient continuer à la développer, mais aussi à tous les autres, qui la cherchent encore. Tous ceux qui n’ont pas encore exploité leur potentiel créatif. Ceux qui estiment n’avoir aucun talent particulier. Voire ceux qui, intimidés par les grands artistes qu’ils admirent, ne s’autorisent pas à explorer le potentiel créatif qu’ils ont en eux. Pour Yaron Herman « la seule manière d’échouer dans le domaine de la créativité est de l’ignorer ».

La première étape de la méthode Herman, consiste à « s’autoriser à créer ». Car nous n’avons pas besoin d’être « artistes » pour faire un geste artistique : « J’aime l’idée que l’on est défini par un verbe plutôt que par un adjectif ou un nom. L’action compte plus que le titre. Agir pour devenir. Je ne suis pas écrivain, mais j’écris ce livre. En ce sens, on ne peut pas dire que certains seraient créatifs, et d’autres non. En revanche, certains utilisent leur créativité, d’autres pas (encore !). L’idée n’est pas forcément de s’y consacrer à plein temps, si on ne le peut pas ou si on ne le veut pas, mais de faire de la place à sa créativité pour qu’elle puisse s’exprimer, s’épanouir et éclairer tous les aspects de sa vie : « La créativité est comme une lampe torche qui, si elle est bien utilisée, peut révéler des trésors cachés et enfouis dans l’ombre de l’âme ». En commençant par être créatif pour soi-même, et non pas pour les autres : « Le but est de créer. Tout simplement. Créer sa vie. C’est un engagement vis-à-vis de soi. Chacun à son échelle doit créer pour vivre. Qu’il s’agisse de fonder une entreprise, de jouer d’un instrument de musique, de peindre ou de faire de l’escalade, cultiver sa créativité renouvelle en profondeur sa manière de penser ». De «ce n’est pas pour moi», à «Je vais être ridicule», il faut commencer par se débarrasser de toute idée reçue inhibant la création, pour se donner la liberté de créer. Puis se livrer à une petite introspection dans un processus d’archéologie intérieure pour «trouver son piano», définir le ou les terrains d’expression de sa créativité, «cette bizarrerie qui deviendra votre super pouvoir».

53faaef3-6b2a-4b89-b9df-1e2dbabb80c1

La deuxième étape de la méthode Herman passe par une discipline quotidienne de l’exercice de la créativité. Un apprentissage de la créativité qui passe par quatre étapes fondamentales : la capacité de reconnaitre (en observant les « patterns » (motifs) de son environnement), la capacité de générer (de nouveaux « patterns »), de transposer (par analogie), et de composer (en temps réel). En n’oubliant jamais que la créativité est un jeu, qui consiste aussi à se jouer des contraintes pour les transformer en opportunités. A l’exemple de la «Clim de Bach» qui fut le thème de l’intervention de Yaron Herman à TedxParis en octobre 2014 : comment un bruit de climatisation cassée dans un avion devient la source d’une improvisation musicale nourrie par un motif de Jean-Sébastien Bach. Yaron Herman consacre également une partie de son livre aux grands pièges à éviter pour débrider sa créativité. Il insiste particulièrement sur l’importance d’apprendre à prendre ce qu’il appelle l’« habitude de créer ». C’est la persévérance qui déclenche le talent. En matière créative comme en matière sportive, il faut avoir l’obsession de s’améliorer, apprendre à aimer la pratique. D’où l’importance de la discipline créative : planifier, s’organiser et considérer le temps comme un ami. Temps de création, mais aussi temps de maturation des idées. En laissant toute sa place à la sérendipité et au hasard. Et laisser venir la magie de la création. Sans peur de l’échec qui doit être considéré comme l’une des meilleures sources d’apprentissage. Une magie qui finira toujours par arriver et vous permettra de connaitre la joie de l’improvisation. Une capacité qui change la vie et contribue à changer le monde : « Exprimer sa créativité, même à petite échelle, nous prédispose à jouer de tout et avec tout. Cela nous permet d’improviser avec la vie et nous prépare à accueillir ce qui va advenir ». Et donne du sens à chaque vie. Donnant raison à Mark Twain : « Les deux jours les plus importants de votre vie sont le jour où vous êtes né et le jour où vous découvrez pourquoi ».

4784-Mark-Twain-Quote-The-two-most-important-days-in-your-life-are-the-768x432

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>