ET SI NOUS EVITIONS DE DEVENIR TROP SEULS ENSEMBLE ?

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Notre rubrique #JourDuPenseur de ce dimanche pascal est consacrée à l’excellent livre “Alone Together”, de Sherry Turkle, professeur au MIT, un livre paru en 2012 aux Etats-Unis, qui n’est pas encore traduit en français. Ce livre a fait l’objet d’une remarquable présentation à la conférence TED de 2012 que vous retrouverez ci-dessous dans une version sous-titrée en Français. Sherry Turkle nous y rappelle que les objets connectés sont tellement psychologiquement implicants qu’ils ne changent pas simplement nos comportements, mais nous changent eux-mêmes et surtout transforment profondément nos relations avec les autres. Nous expérimentons de nouvelles façons d’être seuls ensemble. C’est pourquoi Sherry Turkle pense qu’il nous faut retrouver le temps et la valeur des vraies conversations, en prenant conscience de la dimension illusoire de la compagnie offerte par les machines.

Sherry Turkle est professeur au MIT, spécialisée en études sociales des sciences et de la technologie. Après avoir étudié les sciences sociales et obtenu un PHD en sociologie et psychologie à Harvard, elle a décide de se consacrer à l’analyse psychologique des interactions entre l’homme et la technologie. Auteur de très nombreux articles sur nos relations aux machines et aux robots, elle a consacré plusieurs livres à ce sujet en commençant par “The second self”, publié en 1984, montrant l’impact des ordinateurs personnels sur nos vies, puis “Life on the screen”, publié en 1995, consacré au role psychologique des avatars et des mondes virtuels, qui lui valut de faire la une du magazine Wired, et d’intervenir une première fois à la conférence TED. En 2012, Sherry Turkle publie “Alone Together”, un livre beaucoup plus critique sur la nouvelle solitude collective dans laquelle nous emmène l’excès d’usage de nos téléphones, tablettes et ordinateurs, qui se fait au détriment de l’approfondissement de la relation aux autres. Elle appelle à retrouver la capacité de solitude, et à réapprendre à écouter les autres en créant les nécessaires moments de déconnexion.

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Sur le campus du MIT, en 1996, Sherry Turkle rencontre avec surprise des êtres nouveaux, ne ressemblant en rien à ce qu’elle a pu croiser jusqu’alors. Equipés d’un sac à dos contenant ordinateur, émetteur radio et autres technologies, clavier en poche, les premiers « cyborgs » expérimentent une vie « connectée », 24 h sur 24. Et ils s’en réjouissent. L’un deux, que sa timidité paralyse et rend d’ordinaire quasi amnésique lorsqu’il interagit, lui explique pouvoir désormais converser avec assurance, puisqu’il peut littéralement revoir toutes les rencontres qu’il a vécues jusque là (et ainsi ne plus être déboussolé lorsqu’il recroise quelqu’un). Dix ans plus tard, le phénomène qui laissait Sherry Turkle perplexe est devenu une norme. Et pour cause, la technologie semble permettre l’épanouissement individuel. Internet, en nous permettant d’accéder à toutes les expériences possibles, nous aide à nous construire par expérimentation pendant l’adolescence, mais aussi à rattraper, une fois adulte, ce que nous n’avions pas expérimenté adolescent, et ainsi de nous forger une identité complète. Mais ce bilan n’est qu’apparent, et l’évolution des technologies semble nous avoir radicalement modifiés, dans notre individualité et dans notre rapport à autrui.

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Sur le plan individuel, la technologie nous rend avides de changement, et de ce fait « dissocie » notre identité. Dans les réseaux sociaux (de Facebook à Second Life), la possibilité de se construire et de maitriser son apparence virtuelle peut mener à une préférence pour le « soi virtuel » : certains utilisateurs de Second Life avouent ainsi que leur identité virtuelle leur permet de mieux « être eux-mêmes » que leur identité réelle. Parfois, les deux s’entremêlent: Pete, joueur de Second Life évoque ainsi l’influence bénéfique qu’a son mariage virtuel (avec une joueuse de Second Life dont il ignore tout de l’identité réelle), qui lui permet de s’exprimer librement et d’aborder des sujets comme la maladie ou sa mort, qu’il ne peut pas aborder avec sa femme réelle. Ces sujets sont trop graves, et angoissent son entourage réel. En les virtualisant, il les rend plus légers, moins réels, mais peut néanmoins se libérer de ses peurs. La double vie (donc identité) conjugale de Steve n’a rien de nouveau (on trouve des doubles vies dans la vie réelle). Néanmoins, cette dissociation est frappante par sa simultanéité temporelle : il peut être en même temps avec ses deux « épouses », situation que nous connaissons tous (lorsque nous répondons à un sms pendant une conversation réelle, par exemple). Or elle est problématique, car elle crée une dissociation quasi spatiale de notre présence (notre véritable présence étant définie par là où notre attention se porte), qui peut imposer arbitrairement à notre entourage (dans l’exemple, notre interlocuteur réel) notre absence. Le virtuel, lorsqu’il fait irruption à travers un coup de téléphone, mail, etc. crée un véritable mur spatial à travers sa temporalité immédiate, puisque notre communication semble nous placer en contact direct avec un absent. Cela peut par exemple nous faire nous projeter dans un cercle privé alors même que, spatialement, nous sommes en public : c’est ce qui se produit lorsque, dans un lieu public, un parfait inconnu étale sa vie privée au téléphone. Par ailleurs, le multitasking est également une manifestation de cette demande d’alternance. C’est un phénomène intéressant, car, comme le souligne Sherry Turkle, il n’augmente pas la productivité. En revanche, il stimule et même façonne l’activité neuronale, ce qui conduit à une surévaluation de ses performances. Nos cerveaux sont comme « rebranchés » lorsque nous faisons une recherche internet ou du multitasking. En d’autres termes, le plaisir ressenti grâce aux stimulations produites par le passage d’une activité à une autre nous procure l’illusion d’une plus grande productivité.

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Sur le plan des relations sociales, l’évolution des technologies, en médiatisant nos relations sociales, nous désinhibe (on parle toujours avec moins de retenue lorsque la perception d’autrui est moins palpable). Cette perte de retenue a plusieurs conséquences. Tout d’abord, la communication est de plus en plus compliquée. En effet, on hiérarchise les moyens de communication en fonction du degré de contact : le téléphone est plus intense que l’e-mail. D’où une utilisation tacite accrue des moyens de communications brefs et écrits pour l’anodin. Or cela rend les conversations téléphoniques ou directes beaucoup plus lourdes d’impératifs : l’anodin et l’administratif étant réservés aux mails, un impératif de profondeur est implicitement requis par les conversations téléphoniques et directes : on attend plus de notre interlocuteur. Cela fait que, paradoxalement, l’on fuit de plus en plus nos téléphones. Plus de communication, moins de communication. De plus, cette dissociation entre l’anodin et la véritable communication nous amène à réserver des moments précis (les rendez-vous) de communication. D’autre part, cette perte du contrôle de soi conduit à une véritable dissociation sociale entre le monde virtuel et le monde réel. Comme certains perdent tout contrôle d’eux même sur internet (lors de jeux en ligne, par exemple), deux options sont possibles : soit l’on égalise l’importance des deux mondes, soit l’on considère internet comme une sorte de réunion des Alcooliques Anonymes, dans laquelle il est dans l’intérêt de tous que tout ce qui s’y dit y reste. D’ailleurs, on trouve sur internet des phénomènes doublement surprenants d’épanchements très personnels (ceux qui s’y adonnent déclarent à Sherry Turkle le faire dans un état de semi conscience) et de réponses extrêmement violentes (ceux qui les délivrent se rendent également compte après coup et avec embarras de leur cruauté). La question du cloisonnement des deux mondes est donc soulevée à deux égards : le choix de l’attitude à adopter face aux évènements virtuels et les conséquences qu’ont les échanges virtuels sur le moral réel. Enfin, la technologie, paradoxalement, nous isole. Comment ? Nous ne sommes quasiment plus jamais virtuellement seuls : même en vacances, il est rare de déconnecter. C’est le « pacte faustien » que décrit l’auteur : « si l’on peut être seuls lorsqu’on est en contact, alors nous sommes d’accord pour être ensemble ».

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Finalement, les technologies, par leur rapidité incessante, nous encouragent au « toujours plus » : toujours plus d’amis facebook, etc. Or toujours plus, c’est toujours moins (de temps à leur consacrer) : les américains déclarent ainsi avoir l’impression que, malgré l’augmentation de leurs amitiés virtuelles, il leur semble avoir moins d’amis qu’avant. Que faire ? Rien, dans ce constat, n’est, pour Turkle, définitif : nous ne sommes pas dans une impasse, mais à un « point d’inflexion » : nous pouvons constater les dégâts et prendre quelques décisions simples pour nous retrouver, comme individu et société : « réapprendre à parler aux collègues dans les couloirs, éteindre son téléphone au dîner … Ainsi que retrouver son intimité, réapprendre à se concentrer et à être (véritablement, cette fois) seuls. C’est à ce prix, en contrôlant librement la technologie, que nous pourrons être mieux, et moins seuls, ensemble.

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