Et si on écoutait les oubliés de la démocratie ?

Le #JourDuPenseur revient cette semaine sur la Une du Monde du 6 décembre dernier titrée « La colère sourde des invisibles ». L’article de Françoise Fressoz et de Thomas Wieder relayait plusieurs études démontrant qu’une partie de la population française se sent abandonnée par la politique et menacée par la mondialisation. L’article évoquait l’existence de deux  France : celle des 25 métropoles urbaines qui profite de la dynamique de la mondialisation et qui est représentée par la classe politique ; Et celle du rural, du périurbain et des villes moyennes, touchée par la désindustrialisation et qui vit avec le sentiment d’être diluée dans le marché, dans la hantise d’une perte d’identité et la crainte du déclassement. Cette France-là est celle des « invisibles », « c’est celle qu’on n’entend pas, dont on ne relaie pas les colères et qui se sent de moins en moins représentée » nous disait l’article. Très différents des « Indignés » qui expriment  haut et fort leur ressentiment vis-à-vis du pouvoir politique ou économique, il s’agissait d’arriver à saisir comment les « invisibles » vivent la démocratie, comment ils s’y sentent impliqués, si la démocratie fait encore sens à leurs yeux.

Par6172453Pour approfondir la problématique soulevée par ce très bon article, je vous recommande vivement  le dernier ouvrage de François Piquet-Marty, Les oubliés de la démocratie, dans lequel le sondeur développe l’idée qu’une partie de la population a le sentiment que ce qu’elle vit n’est relayé par personne.  Le président de l’institut d’études et de conseil en opinions Viavoice donne dans cet ouvrage la parole à ces « oubliés » ou encore ces « invisibles ». Encore un livre de sondeur me direz-vous. L’échéance électorale importante qui approche est l’occasion de mettre le sujet de la démocratie et de l’opinion au cœur des débats.  Et c’est une bonne chose, car cette réflexion met en lumière des problématiques souvent reléguées, elles aussi oubliées. Or on le sait les démocraties sont fragiles, « et la démocratie française l’est tout autant que les autres ». Un des grands intérêts de cet ouvrage réside dans le fait que  c’est plus le sociologue qui s’exprime que le sondeur. Se référant à la sociologie compréhensive, théorisée largement par Max Weber,  François Miquet-Marty a mené un long travail d’entretiens qualitatifs auprès d’un échantillon de citoyens français, auprès d’urbains et semi-urbains ou de ruraux, de jeunes et de moins jeunes, d’actifs et inactifs, de toute sensibilité politique… Son travail s’appuie bien sur quelques études quantitatives pour dégager des tendances générales, mais c’est dans les entretiens individuels approfondis  et qualitatifs, synonymes de rencontres éclairantes, qu’il va tirer les indicateurs et éléments d’information utiles pour comprendre les liens des citoyens français à notre démocratie. Il a échangé durant des heures sur une période de trois ans avec aussi bien des exclus de la démocratie que des citoyens convaincus. C’est cette démarche de voyage à la rencontre des « oubliés de la démocratie » qui fait la force de l’ouvrage. A travers les récits de citoyens, François Miquet-Marty dresse le portrait d’une démocratie représentative malade « qui a atteint un stade critique ». Le bon fonctionnement de nos institutions et la participation relativement bonne aux scrutins majeurs ne doivent pas voiler une réalité démocratique qui est tout autre. Aujourd’hui, la démocratie en France n’est  plus soutenue avec conviction que par la moitié de la population. Il revient sur ce phénomène de désenchantement démocratique décrypté déjà depuis les années 80 et souligne que s’il n’est pas phénomène nouveau, il ne faut néanmoins pas le minorer. Et au-delà du sentiment de désenchantement, c’est le sentiment d’abandon qu’expriment de nombreux citoyens rencontrés par le sociologue. Le sentiment d’abandon affecte aujourd’hui un Français sur deux nous dit-il.  Et loin d’être uniformément réparti au sein de la société française, ce sentiment est prédominant chez les ouvriers, 67% déclarant récemment  « avoir de manière générale le sentiment d’être abandonné par la démocratie ». Des citoyens qui ont le sentiment de ne pas être pris en compte. Nos « vérités humaines », au sens où l’employait Antoine de Saint-Exupéry qui y voyait l’authenticité des hommes exprimée par ses joies ou ses peines, ne trouveraient plus nulle place dans la cité démocratique moderne. Elles ne disposeraient d’aucun écho ou  traduction au sein de cette vie politique médiatisée. Et puis les clivages sociologiques persistant entre les citoyens et les hommes politiques s’ajoutant au développement d’une  « société de défiance » entrainent un sentiment d’usurpation de souveraineté chez les citoyens-électeurs. Abandon économique, abandon sociologique, abandon de la confiance, abandon des vérités humaines pour signifier finalement deux crises : une crise de la représentation et une crise de la souveraineté du peuple. A la question générique : « Dans notre démocratie, aujourd’hui, le peuple a-t-il vraiment le pouvoir de changer les choses ? », les Français ont répondu en septembre 2009 massivement « non » à 64%. « Et ce constat est partagé par les jeunes (66% des 18-24 ans), les seniors (65% des personnes âgées de 65 ans et plus), les ouvriers (62%) tout autant que les cadres (62% également), et les ruraux (61%) comme les Parisiens (61% aussi). »

arton592François Miquet-Marty dresse le portrait d’une France assez subtile, non pas binaire coupée en deux franges de population, l’une d’exclus, l’autre d’inclus, mais celle de « quatre peuples de la démocratie ». « Déshérences démocratiques » et « citoyennetés désenchantées » composent la France de l’abandon, de « l’exclusion démocratique ». « Citoyennetés de convention » et « citoyennetés de conviction » constituent la France de l’intégration. Le sociologue dessine quatre profils-type. La France des « déshérences démocratiques » est composée de personnes qui connaissent des situations personnelles souvent difficiles, appartiennent souvent à des milieux sociaux modestes et parfois « en rupture de ban démocratique ». « Débordés par leur vie, ils accordent peu de place à la démocratie et, le plus souvent, n’imaginent pas qu’elle puisse d’une manière ou d’une autre améliorer leur sort ». On y retrouve le portrait d’ « exilés », de « négligés » ou encore de « fatalistes » pour qui ce n’est « certainement pas » la politique qui pourrait permettre de concourir à façonner un autre monde. La politique ne tient aucune place dans leur quotidien. Ils ne connaissent pas les visages qui l’incarnent. Ils évoquent des valeurs démocratiques, l’honnêteté civique, l’idéal de l’intérêt général ou encore une justice égale pour tous mais ces valeurs ne sont pas incarnées chez eux par la politique. Les exilés n’envisagent pas d’aller voter. Pour eux, « la démocratie est une idée sans vie. ». Les « négligés » sont distants envers la politique mais ne sont pas en rupture de ban politique. Ils ont des préoccupations qui relèvent de l’ordre de la cité mais ils se sentent victimes d’indifférence de la part des différentes institutions d’intérêt général. Mairie, caisse d’allocations familiales, inspection ou médecine du travail, parfois même Samu ne répondraient pas à leurs interpellations. « Alors entendre parler de politique ! » raconte Colette au sociologue. François Miquet-Marty nous raconte aussi un autre bout de la France, celui constitué de « citoyennetés désenchantées », d’histoires personnelles ayant connu des périodes de réel engagement politique, voire militant, et qui ont toutes  fini déçues : Des cinquantenaires ayant fortement désiré 1981 et ont été déboussolés par la « parenthèse » socialiste de 1984, des déçus du sarkozysme ou bien encore des déçus du communisme.  Le sociologue nous dessine plusieurs profils de citoyens désenchantés : D’une part les « éprouvés » par les relations humaines, anciens militants politiques ou syndicalistes, ils considèrent que la société actuelle, où la défiance et l’indifférence entre hommes l’emportent sur tout autre sentiment, et notamment la solidarité, ne permet plus d’action politique citoyenne ; D’autre part les « désabusés » de la politique qui ont perdu leurs illusions politiques, leur croyance en une politique pouvant améliorer les choses, et dans un sens qui leur soit favorable ; Et enfin les « critiques » qui sont considérés par Miquet-Marty comme les plus virulents des désenchantés. « Leur déception est telle qu’elle peut conduire à une rupture ». Le sociologue s’est ensuite penché sur un public plus averti et plus ouvert envers les jeux de la démocratie. Des « citoyennetés de convention » constituées selon Miquet-Marty de personnes appartenant à des univers sociaux plus favorisés. Elles accordent du crédit à la démocratie mais leur citoyenneté est « teintée de relativisme ». Cette forme de citoyenneté ne conduit pas à des engagements importants en faveur de la démocratie. Le sociologue y place les « citoyens bienveillants mais tout de même sceptiques », les « citoyens satisfaits » mais minimalistes, voire passifs, et enfin les « alter-démocrates » qui sont des démocrates affirmés mais cultivent aussi d’autres  voies d’action, des « démocraties de dissidence ou non-conventionnelles ». Les citoyens de convention ont conservé, selon Miquet-Marty,  un sens de la démocratie qui s’exprime sous la forme du devoir civique. Le sociologue pointe le fait que les différentes élections ne constituent que des rendez-vous occasionnels avec la sphère politique. Elles apparaissent « insuffisantes à tisser des liens entre « nos vies » et « leur démocratie ». « Le principe de vote, même démultiplié sur des échelons différents (Europe, France, régions, départements, communes), n’entretient pas suffisamment d’implication entre le déroulement de la vie politique et l’existence des citoyens ». Les élus locaux sont les plus cités par les citoyens pour exprimer leur lien au pouvoir politique. La figure du maire est la seule à occuper réellement encore une place dans la vie quotidienne de ces « oubliés ». Mais on constate le quasi anonymat des députés et le peu d’intérêt pour le pouvoir parlementaire. Pour François Piquet-Marty, le danger de la période et de ce sentiment d’abandon de la part d’une partie de la population  a un nom : le populisme.  Alors il appelle à la nécessité de réfléchir à la démocratie de demain. Il propose quelques issues pour palier à cette « démocratie fermée » et trouver des voies de réconciliation innovantes. Il précise plus particulièrement trois pistes, « trois registres fondamentaux de solutions » : 1• Une démocratisation de la démocratie représentative pour répondre au manque d’implication formelle des citoyens. Les primaires écologistes et socialistes récentes sont une des illustrations possibles de démocratisation de la représentativité politique. Pour Miquet-Marty, les réformes des modalités d’élection et du mandat constituent  les voies les plus simples pour rapprocher les citoyens de la démocratie : vote obligatoire, reconnaissance du vote blanc, mandat unique ou scrutin proportionnel au parlement, Miquet-Marty analyse diverses pistes. 2• Une évolution vers une « démocratie contractuelle » associant plus fortement et de façon continue les citoyens et leurs dirigeants avec des droits et des devoirs respectifs. Il s’agit alors d’accepter que l’idée de représentativité a atteint une certaine limite et qu’il faut évoluer vers une démocratie de nature différente qui pourrait reposer sur l’idée d’une « délégation du travail politique et sur une responsabilisation des élus et des citoyens ». 3• Une impulsion d’une culture démocratique à tous les niveaux de la société, en rendant la démocratie vivante en la considérant comme une culture collective et non pas en la réduisant à un jeu institutionnel. Il s’agit là de « réintégrer la part la plus personnelle des citoyens dans le jeu démocratique ». Pas exclusifs entre eux, ces scénarios ont le mérite d’entraîner une réflexion qui s’étend et sur le court et sur le moyen terme mais aussi d’imaginer une démocratie, certes épuisée, mais qui peut encore se vivre de façon continue au quotidien. « Oubliés » ou « Invisibles », Miquet-Marty appelle à veiller à prendre en compte aussi bien leurs « vérités humaines » que celles des « citoyens de conviction ».

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