ET SI ON NE VIVAIT PLUS L’ECOLOGIE COMME UN SACRIFICE?

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Cette semaine, j’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur dominical au livre de notre ami Gregory Pouy intitulé “Insoutenable paradis” et sous-titré “Écologie et mode de vie: réagir sans tout sacrifier”. Après avoir travaillé dans le marketing et en agence, puis avoir été consultant en marketing (La Mercatique), Grégory se présente aujourd’hui comme “analyste culturel, conférencier, auteur et podcasteur”. Je connais Gregory depuis plus de dix ans et j’ai toujours beaucoup apprécié son engagement et sa sincérité que l’on retrouve au fil des pages de ce livre qui raconte sa quête personnelle de sens, nourrie par les riches rencontres effectuées lors des interviews avec de nombreuses personnalités pour son podcast VLAN (que je vous recommande également). La citation du rappeur d’Abd AL Malik en quatrième de couverture reflète parfaitement ce que j’ai ressenti en lisant d’une traite le témoignage de Gregory, qui nous emmène dans ses bagages de Marseille, où il fit ses études, à Burning Man en 2019 : “J’ai vécu la lecture d’Insoutenable Paradis comme un état des lieux à visage humain des attitudes paradoxales dans lesquelles nous plonge le monde actuel. Ce petit livre humble et solaire nous fait prendre conscience que le véritable remède ne peut venir que de chacun et chacune d’entre nous. C’est bien l’écologie de l’âme qui sauvera notre humanité, et peut-être aussi notre environnement”. Le livre de Gregory a été écrit avant la crise du COVID-19, mais il prend tout son sens dans le “monde d’après”, dans lequel chacun peut et doit redéfinir sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

Issu d’un milieu modeste, Gregory Pouy est entré dans une course à la réussite jusqu’à éprouver le besoin de ralentir et de se remettre en question, en se posant la question fondamentale du sens à donner à sa vie : “Ce livre est une quête, celle de savoir comment envisager le reste de ma vie”. Mais le livre de Gregory est aussi une enquête alimentée par les belles rencontres de son podcast VLAN! (écouté par un peu plus de 150 000 personnes par mois). Gregory nous fait partager son cheminement au travers de toute une série de témoignage, allant du philosophe Charlles Pépin, au rappeur Abd Al Malik, en passant par Mo Gadwat et même François Hollande. Jusqu’à en arriver à l’idée toute simple que “ce qui nous manque cruellement, c’est du lien: le lien à soi, le lien aux autres et le lien à la nature. Les défis auxquels nous devons répondre d’une manière ou d’une autre ont été causés par la perte de ces liens”. Convaincu que le bonheur ne se trouve pas dans l’accumulation de biens, mais dans celles de liens, Gregory Pouy pense que lâcher notre mode de vie actuel peut-être non pas douloureux, mais salvateur. A condition d’accepter de faire face à ses nombreuses contradictions en apprenant à changer sans sacrifier, en consommant en conscience, en essayant de réaliser l’impact de chacun de ses gestes. Pour Gregory Pouy, nous devons passer de l’écologie à l’écosophie (etymologiquement la sagesse de la nature) qui passe par une meilleure connaissance holistique du monde qui nous entoure, en se rappelant que chacun de nos gestes a un impact sur la nature. Il s’agit de vivre en tenant compte des conséquences de nos actes : “l’écosophie n’est pas punitive, elle est enveloppante” puisqu’elle nous dit: “tu es ton environnement et tu seras récompensé si tu agis dans le sens de cette symbiose”.

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A la voie du retirement nostalgique ou à celle du militantisme revendicateur, Gregory Pouy préfère la voie de l’engagement personnel et professionnel. Après avoir analysé le rôle du politique (au plan national et au plan local), Gregory nous fait partager sa conviction que les entreprises peuvent apporter une grande partie de la solution, car selon lui, “une nouvelle spiritualité est déjà en route”. Il nous faut retrouver une idée commune, une cause commune, un esprit commun pour dépasser la Société que nous avons créée et qui est devenue un paradis insoutenable. Mais comment imposer cette nouvelle spiritualité de société qui semble si essentielle face au défi climatique ? Pour Gregory Pouy, les marques sont en première ligne pour écrire et défendre ce nouveau mythe fondateur, car ce sont elles qui donnent la mesure. Si l’entreprise veut poursuivre son activité, elle doit accepter, au prix d’une rentabilité moindre s’il le faut, de prendre sa place dans un système équilibré, qui, seul, peut assurer notre qualité de vie. Les marques ont les moyens d’influer sur les valeurs des consommateurs et leurs comportements. Elles ont la force de pousser les politiques au courage des décisions parfois difficiles, impopulaires, mais nécessaires : “Les citoyens sont suffisamment nombreux à se sentir prêts : ne reste qu’à prendre les problèmes à bras le corps pour écrire ensemble une nouvelle page de l’humanité”.

Toutes les interviews citées par Gregory dans son livre sont à retrouver en podcast sur VLAN

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