ET SI ON POUVAIT SE TROMPER NETTEMENT MOINS SOUVENT ?

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Septième et avant-dernier #JourDuPenseur consacré à l’un des huit finalistes du Prix RH Manpower Group – HEC Paris 2019, dont le palmarès sera dévoilé le 8 octobre 2019 (voir mon post présentant le Prix en cliquant ici), et dont je fus l’un des jurés. Après la lettre F comme Fromentin, auteur du livre “Travailler là où nous voulons vivre”, J comme Julia, auteur du livre “L’intelligence artificielle n’existe pas”, L comme Laïdi, auteur du livre « Le Droit, nouvelle arme de guerre économique », M comme Mars pour son livre “La révolution du partage“, R comme Reillier pour “Platform Strategy“, et S comme Servan-Schreiber pour son livre “Super-Collectif – La nouvelle puissance de nos intelligences“, je suis ravi de vous présenter l’excellent livre d’Olivier Sibony ” Vous allez commettre une terrible erreur !” sous-titré “Combattre les biais cognitifs pour prendre de meilleures décisions”. La lecture de ce livre, qui est une édition revue et augmentée d’un premier ouvrage paru en 2014, donne vraiment envie de suivre les cours d’Olivier Sibony à HEC où il est professeur de stratégie, après avoir, pendant plus de 25 ans, accompagné les décisions de dirigeants de grandes entreprises au sein du cabinet McKinsey. L’écriture d’Olivier Sibony d’une lumineuse clarté, aidé par le récapitulatif qu’il propose à la fin de chaque chapitre, qui permet de disposer en même temps du livre et de sa synthèse. Dans ce livre-guide, Olivier Sibony nous fait toucher du doigt nos principaux biais cognitifs, mais nous donne aussi les moyens de les contourner en nous proposant une méthode mobilisant l’intelligence collective pour permettre à chacun d’inventer son propre art de décider.

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Dans notre vie personnelle comme dans notre vie professionnelle, nous prenons tous de mauvaises décisions. Tout simplement parce que nos décisions sont le fruit de jugements rationnellement imparfaits, et produisent des comportements imparfaits rationnels, qui nous font commettre des erreurs qui ne sont pas aléatoires, car nous sommes victimes de nos biais cognitifs. Depuis quarante ans, les sciences cognitives et la psychologie du jugement et de la décision ont identifié, une à une, des erreurs systématiques regroupés sous le terme de “biais cognitifs”. Ces travaux ont valu à Daniel Kahneman, leur principal inspirateur, le prix Nobel d’économie en 2002, et, quinze ans plus tard, à Richard Thaler. Thaler (et son collègue Cass Sustein) ont notamment popularisé l’idée que les citoyens ne font pas spontanément les meilleurs choix pour eux-mêmes, et qu’il est donc à la fois souhaitable et légitime de les influencer sans pour autant les contraindre, avec ce qu’on appelle le “nudge”, qui se veut être un coup de pouce dans la bonne direction. Olivier Sibony commence par passer en revue les biais qui nous empêchent de bien décider en les regroupant en neuf pièges : le piège du story-telling (qui recouvre le biais de confirmation, le biais du champion et le biais d’expérience), le piège de l’imitation (qui regroupe l’erreur d’attribution, l’effet de halo et le biais du survivant), le piège de l’intuition, le piège de l’excès de confiance (surestimation de soi, excès d’optimisme, excès de précision, sous-estimation des concurrents), le piège de l’inertie (biais d’ancrage, inertie de l’allocation des ressources, bais du statu quo, escalade de l’engagement), le piège de la perception des risques (aversion à la perte, aversion à l’incertitude, biais rétrospectif, négation du risque), le piège des horizons de temps (biais pour le présent), le piège du groupe (“groupthink”, polarisation, effets de cascade) et le piège du conflit d’intérêts (biais d’intérêts personnels, jugement différentiel).

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Mais comment remédier à ces biais cognitifs alors même que la plupart du temps ceux-ci agissent sans que nous en ayons conscience ? Si nous ne pouvons les éviter complètement, Olivier Sibony, nous propose de construire une méthode pour apprendre à mieux les gérer. D’abord en comprenant le sens de nos erreurs et en adoptant un processus systématique de questionnement et de doute. Pour Olivier Sibony, la clé d’une bonne décision réside dans l’intelligence collective. Les décisions individuelles pouvant manquer de rationalité, s’entourer d’un collectif et faire appel à l’intelligence de ses pairs permet d’optimiser les processus décisionnaires. D’abord par le DIALOGUE POUR CONFRONTER LES POINTS DE VUE, en ne craignant pas l’absence de consensus. Ensuite par le DÉCENTRAGE POUR VOIR LES FAITS SOUS UN AUTRE ANGLE, qui peut passer par de multiples formes allant de l’usage d’autres sources ou experts, à des techniques analytiques avancées. Enfin par la DYNAMIQUE POUR FAVORISER L’AGILITÉ DANS LA DÉCISION (Cultiver l’informalité, prendre des risques avec prudence, concilier vision et flexibilité …). Ces changements d’état d’esprit sont difficiles, car ils créent des potentiels de conflits : ” le décideur qui choisit de construire une horloge doit se résoudre à ce que, parfois, l’horloge indique une heure différente de celle qu’il aurait souhaitée”. De plus, ce système de pensée limite la capacité du leader à imposer ses vues sans discussion et rend plus difficile les décisions arbitraires. Bonne nouvelle donc, c’est le partage des connaissances, des méthodes et la pluralité des opinions qui font la richesse et la pertinence des solutions, que nous pouvons désormais davantage fonder sur de “bonnes décisions”.

8finalistesManpowerHEC

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