ET S’IL ETAIT URGENT D’ENSEIGNER L’HUMANITE ?

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J’ai décidé de consacrer notre #JourDuPenseur à Edgar Morin et à sa vision révolutionnaire de l’éducation synthétisée dans son dernier livre « Enseigner à vivre – Manifeste pour changer l’éducation » publié chez Actes Sud/Play Bac. Celles et ceux qui suivent mon blog savent que je considère Edgar Morin comme l’un des esprits les plus fins de ce siècle. J’ai eu la chance de le revoir hier dans le cadre d’une réunion de membres du Collegium International à laquelle participaient également Régis Debray, Bernard Miyet, Michel Rocard, René Passet, et Sacha Goldman (Secrétaire Général du Collegium), pour préparer une journée thématique qui aura lieu le 9 octobre à Paris, où interviendra également Mireille Delmas Marty sur le thème « De la souveraineté solitaire à la souveraineté solidaire ». Dans un monde gouverné par l’incertitude, Edgar Morin appelle à une métamorphose de l’éducation, qu’il essaye de mettre en pratique à l’ESSEC, au travers de la chaire de la complexité (vidéo ci-dessous). Sa conviction profonde est qu’il ne faut pas simplement enseigner la connaissance, mais la connaissance de la connaissance. Pour permettre à chacun de mieux se repérer et d’avancer dans un monde complexe en préservant son humanité, donc l’Humanité toute entière.

Parce que « Vivre est une aventure », Edgar Morin prône une refonte profonde de l’éducation, centrée sur la mission essentielle telle que l’envisageait Rousseau : « enseigner à vivre », pour permettre à chacun de s’épanouir individuellement et solidairement, mais aussi de se préparer aux dangers quotidiens du risque d’erreur et d’illusion, de l’incompréhension d’autrui et de soi-même. Apprendre à chacun à affronter les incertitudes multiples du destin humain et le préparer à faire face aux problèmes du « vivre ». L’école et l’Université enseignent des connaissances, mais non la nature de la connaissance : la connaissance de la connaissance, celle qui permet de remettre en cause les certitudes et les croyances, d’identifier les erreurs et illusions, et permet de dévier et d’innover. Pour Edgar Mroin, « Enseigner à vivre, c’est enseigner à relier les savoirs à la vie… Ce n’est pas le bonheur qu’il faut chercher – plus on le cherche, plus il fuit – mais chercher l’art de vivre qui donne en plus de grands et de petits bonheurs. » Et surtout nous permet d’affronter les incertitudes : « il faut apprendre à naviguer dans un océan d’incertitudes à travers des archipels de certitude ». L’école d’aujourd’hui n’apporte pas « le viatique bienfaisant pour l’aventure de vie de chacun » : elle n’apporte pas les défenses pour affronter les incertitudes de l’existence, ni les défenses contre l’erreur, l’illusion et l’aveuglement : « elle n’enseigne que très lacunairement à vivre ». C’est pourquoi Edgar Morin propose que l’école nous donne les moyens « d’apprendre à apprendre », c’est à dire apprendre pour nous donner une meilleure compréhension du monde, qui intègre l’histoire de l’humanité, la condition humaine, l’écologie et l’éthique. A l’heure de la disponibilité des savoirs sur le net, Edgar Morin préconise de revoir le rôle de l’enseignant comme celui d’un chef d’orchestre inspirant, et non d’un simple distributeur de savoirs. Selon Edgar Morin, « il nous faut une révolution pédagogique équivalente à celle de l’université moderne née à Berlin au début du 19ème siècle »: une véritable métamorphose pour savoir vivre-penser-agir au XXIème siècle !

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Effets du Kamagra est différent pour tout le univers. Il suffit de ne pas dire quelle option est la meilleure option. Et il est intéressant pas pour tout le univers. Pas agréable de penser.