Merci à Axel Dreyfus de m’avoir fait découvrir Stephen Wiltshire, cet incroyable artiste surnommé “L’homme caméra”. Autiste, Stephen a commencé à s’exprimer par le dessin, avant de découvrir le don incroyable qui est le sien : il peut mémoriser en quelques minutes une ville entière et un paysage et les reproduire en dessin à l’identique avec une similitude extraordinaire (vidéo ci-dessus). La dernière oeuvre de Stephen Wiltshire (vue panoramique de New York) vient tout juste d’être affichée à l’aéroport de JFK de New York ( Terminal 1), avec le soutien de la banque UBS (voir vidéo ci-dessous).
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Notre rubrique hebdomadaire du dimanche, #JourDuPenseur, prend ses quartiers d’été. Vous la retrouverez fin août nourrie par mes lectures estivales. En attendant j’ai sélectionné parmi les 27 livres qui ont fait l’objet d’un post dominical #JourDuPenseur en 2011, les 5 qui me semblaient indispensables pour une lecture de vacances, c’est à dire légère et facile à digérer (ce qui explique l’absence de cette liste des remarquables ouvrages de René Passet “Les grandes représentations du monde et de l’économie” (cliquer ici), ou de Peter Sloterdijk “Tu dois changer ta vie” (cliquer ici), beaucoup plus exigeants, et nettement plus lourds dans le sac de plage).
Voici donc mon top 5 “Spécial ETE 2011″, pour que le cerveau aussi ait, lui aussi, pris de belles couleurs pour la rentrée :
1. La réédition du livre de Philippe Michel ” C’est quoi l’idée ?”, un livre publié par Anne Thévenet-Abitbol après la mort de Philippe Michel (décédé en 1993), qui n’a pas pris une ride et donne des clés remarquables d’interprétation de la communication aujourd’hui : “Et si Philippe Michel était toujours vivant ?”
2. “La Voie” d’Egar Morin, un livre manifeste éclairant les enjeux auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée, et proposant des pistes de réformes particulièrement inspirantes dans la perspective des élections à venir : “Et si Edgar Morin avait trouvé la voie ?”
3. “Demain qui gouverna le monde ?” de Jacques Attali, un essai limpide sur la nécessité d’une nouvelle gouvernance mondiale : “Et si la planète avait urgemment besoin d’être gouvernée ?”
4. ” Le Manifeste de l’altruisme” de Philippe Kourilsky, qui nous explique pourquoi nous n’avons pas d’autre choix que de devenir plus altruistes : “Et si l’altruisme était la contepartie nécessaire de la liberté ?”
5. ” Paroles toxiques, paroles bienfaisantes” de Michel Lacroix, qui nous propose de faire triompher la parole qui construit, au détriment de la parole qui détruit : “Et si on faisait nettement plus attention à ce que l’on dit ?”
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L’artiste berlinois Sweza (dont vous pourrez voir l’ensemble des oeuvres sur le blog www.sweza.com) a trouvé dans les QR codes une source d’enrichissement du “Street Art”. L’an dernier, il avait redonné vie à des graffitis effacés en posant dans les mêmes lieux des QR Codes permettant de les revoir en situation (vidéo ci-dessous). Ce mois-ci, il lance le projet “QRadio” (vidéo ci-dessus), qui permet d’enrichir une oeuvre graphique par un accompagnement musical, lisible via téléphone mobile…
Dans la même veine (si je puis dire) de l’usage “artistique” des QR Codes, K.A.R.L (www.karlmarc.com) a réalisé le premier tatouage animé, le 16 juin dernier à Paris, relayé sur Facebook par Ballantines dans le cadre de son opération “Human API”.
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Le #JourDuPenseur dominical est consacré cette semaine au japonais Junichiro Tanizaki, avec une perle de la littérature japonaise: L’éloge de l’ombre. Cet essai publié en 1933, et traduit pour la première fois en français en 1970, vient d’être réédité en France.
Tanizaki est né en 1886 à Tokyo. Sa vie sera marquée par de nombreux événements historiques : l’installation de l’éclairage électrique à Tokyo, l’inauguration du chemin de fer entre Tokyo et Kyoto, la ligne téléphonique, les diverses guerres, plusieurs séismes importants… Il écrit très tôt ses premières nouvelles et connaitra le succès dès l’âge de 24 ans en publiant des textes dans des revues, comme avec par exemple Tatouage. Il vivra dès lors de sa plume malgré des textes censurés à plusieurs reprises parce qu’ils évoquent des traits psychologiques considérés alors comme des perversions. Il meurt en 1965 au Japon à l’âge de 75 ans.
Dans L’éloge de l’ombre, texte à la fois poétique et trivial, léger et profond, Tanizaki nous raconte un Japon entre deux mondes : sortant de l’ère Meiji (1868-1912) et en pleine révolution industrielle sous influence occidentale, la société japonaise est alors entre tradition et modernité mais va se tourner irrémédiablement vers les sociétés occidentales. Âgé de 47 ans, Tanizaki va avec ce texte à contre-courant d’une certaine forme de modernité en critiquant “l’éclairage intensif abusif” qui se propage dans tous les espaces japonais de la vie quotidienne. L’éloge de l’ombre est également une réflexion passionnante sur l’esthétique japonaise. L’ouvrage commence par le récit de Tanizaki se tordant les méninges pour aménager sa maison dans un style japonais sans renier au confort de la modernité. Il nous raconte comment il tente d’adapter sa maison à l’usage de l’électricité, de l’eau, du gaz, des sanitaires modernes sans pour autant oublier les traditions architecturales japonaises et surtout toujours en se demandant pourquoi un Japonais soucieux d’adapter le confort moderne devrait renoncer à ses canons de beauté. Tanizaki explore l’architecture pour cerner l’importance de l’ombre mais aussi bien d’autres domaines : la cuisine à travers l’usage des laques et des céramiques, le cinéma, le théâtre… Il explore ainsi les différentes facettes de la société ancienne japonaise : le nô, la calligraphie, l’aménagement de la maison… Il décrit merveilleusement bien l’ambiance lumineuse créée par les shôji, ces cloisons mobiles constituées par une armature de lattes en quadrillage serré et un papier blanc épais qui laisse passer la lumière mais non le regard. Les rayons solaires, passant à travers les shôji et en se reflétant sur les murs blancs, créent une “lumière douce” au sein de la maison japonaise traditionnelle. L’apparition de l’ampoule de 50 watts, et son éclairage cru, vient rompre cet esthétisme.
Les shôji, encore habituelle fermeture de la maison japonaise à l’époque de Tanizaki, ont depuis été remplacés, dans une très grande majorité, par des portes vitrées. Il décrit aussi longuement par exemple comment un bol en laque qui sous l’éclairage occidental ressemblera à un simple morceau de bois bon marché, sous l’éclairage oriental sera sublimé par la flamme de la bougie et l’ombre. On verra sur ce bol des reflets dorés, ambrés, rouges et la nourriture qui sera servie dans ce bol aura selon Tanizaki un bien meilleur goût. C’est “l’époque de la vogue des enseignes au néon“, symptôme d’un certain mimétisme de la vie américaine. “L’éclairage des maisons est aujourd’hui largement suffisant pour lire, écrire ou coudre. L’augmenter encore est pur gaspillage et en supprimant les derniers coins d’ombre, l’on tourne le dos à toutes les conceptions esthétiques de la maison japonaise“. Tanizaki serait aujourd’hui dépité de voir à quel point ce mouvement s’est imposé ! Tanizaki parle déjà il y a huit décennies d’une “intoxication des villes japonaises par l’éclairage intensif abusif“. Il prend acte de ces bouleversements tout en laissant filer quelques remarques un peu réactionnaires. N’hésitant pas à s’autoproclamer “le vieillard nostalgique“, il mène son combat et cherche “quelques moyens de compenser les dégâts“. L’éloge de l’ombre est sa manière à lui de résister, de ne pas se résigner à la vague occidentale tout en l’acceptant par ailleurs car acceptant qu’elle soit inéluctable. Avec cet éloge, il veut aussi montrer qu’il est possible de maintenir présentes des traditions aux valeurs diamétralement opposées de celles des progrès techniques. Il nous raconte pourquoi il aime à se rendre dans les monastères pour profiter de moments de contemplation rendus impossibles, selon lui, dans la plupart des villes japonaises suite à leur électrification massive. Il aime y passer du temps pour regarder la lune d’automne ou les pleines lunes. Tanizaki nous raconte ses déceptions comme le jour où on lui a gâché “le spectacle de la pleine lune” quand il découvrit que sur “tout le pourtour de l’étang du monastère de Suma, avaient été suspendues de joyeuses guirlandes d’ampoules électriques multicolores. La lune était d’ailleurs au rendez-vous, mais autant dire qu’elle n’existait plus“. La lumière n’est pour lui plus un élément de confort ou de progrès dans ces moments-là puisqu’elle l’empêche de contempler l’astre nocturne. Ces situations lui font honnir la passion occidentale pour le clinquant.
Pour l’auteur, des moments comme cela le poussent à parler d’”intoxication” de l’éclairage intensif qu’il considère alors comme un “poison“. Il reconnait imiter “le parler sentencieux des vieillards pour qui l’on peut tenir pour assuré que si les conquêtes de la culture moderne ont de quoi séduire les jeunes gens, une époque se prépare, par contre, qui sera peu amène aux vieux gens“. On peut croire qu’il se montre réactionnaire en critiquant ce progrès que constitue la lumière électrique partout dans notre vie quotidienne mais il reconnait aussi les bienfaits innombrables de la culture moderne. Et il sait que ce mouvement vers une occidentalisation de la culture japonaise est irréversible. Mais il souhaite avec ce plaidoyer de l’ombre tenter de “faire revivre, dans le domaine de la littérature au moins, cet univers d’ombre que nous sommes en train de dissiper” mais aussi dans le domaine de l’architecture, de la cuisine. Il se veut à la recherche d’une harmonie entre confort moderne et tradition japonaise. A travers le développement de l’éclairage électrique qu’il attribue à l’influence de la culture occidentale, il défend une théorie selon laquelle les Occidentaux, à l’affut du progrès et d’explication à toute chose, sont en quête d’une “clarté plus vive“. Ils traquent donc le moindre coin d’ombre. Les Orientaux, à l’inverse, s’accommodent des limites qui leur sont imposées, y compris l’absence de lumière. Pour l’auteur, la culture occidentale est celle de la lumière, celle de l’obsession de tout mettre à nu. En opposition, la société asiatique est celle de l’ombre et des recoins. Il décrit très bien cette obsession de la modernité de tout rendre visible. Et pousse son lecteur à réfléchir au fait qu’un progrès technique, comme ici la lumière électrique, ne favorise pas forcément le confort ainsi que l’esthétique. Renvoyant ainsi le progrès prométhéen à la culture occidentale, il considère ici que la technique n’est pas forcement un progrès pour la civilisation. Prônant l’ombre et le dépouillement, les derniers mots de son essai sont pour nous dire “qu’il va éteindre sa lampe électrique“.
Jeudi dernier, Louis Vuitton Young arts Foundation a lancé lors d’un événement à Covent Garden à Londres (vidéo ci-dessous), le site Recreativeuk.com, un portail web destiné à familiariser les jeunes avec l’Art Contemporain (vidéo ci-dessus). Pensé par un groupe de 12 jeunes pour une audience de leur âge, le site est conçu comme une communauté qui fait le lien entre les jeunes artistes et les experts (artistes confirmés, critiques d’art…), en permettant à chacun de proposer des projets artistiques qui seront sélectionnés pour être réalisés. Le site comprend aussi un grand nombre d’interviews d’artistes expliquant leur intention artistique (Tracey Emin par exemple), des séquences backstage d’installations d’expositions, et un espace où les artistes peuvent montrer leurs projets, écrire leurs réflexions et trouver des contacts. Ce projet a été réalisé dans le cadre de la Fondation Louis Vuitton Young Arts en partenariat avec 5 institutions artistiques Londoniennes : Tate, Whitechapel, Southbank centre, Royal Academy of Arts et South London Gallery, qui soutiendront les projets les plus prometteurs.
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