Dénichée par William Borderie sur le blog “Bonne nouvelle“, voici une expérimentation étonnante qui montre comment on peut transformer son bras en écran, et son doigt en souris ! Cette nouvelle interface, nommée “Skinput” est l’oeuvre d’un petit génie, étudiant en troisième année à l’université de Pittsburgh, Chris Harrison, qui vous la présente sur son site (cliquez ici). Aura t-il le temps de finir ses études avant de faire fortune ?
Dimanche, c’est le “jour du penseur”. Après avoir consacré ces dernières rubriques dominicales à des philosophes, économistes, scientifiques et sociologues, je vous invite, cette semaine, à partager la vision d’ un prospectiviste, Joël de Rosnay, qui depuis “L’homme symbiotique”, cultive la réflexion sur le web du futur. Un web qui selon lui, unit biologie et informatique, et qu’il définit comme “le web symbiotique” ou “Symbionet”. Pour Joël de Rosnay, “hier, nous allions sur le net, aujourd’hui nous vivons dans le net”, et demain, le net sera en nous ! Voici la conférence qu’il a donnée le mois dernier à Tedx Paris à ce sujet :
Joël de Rosnay, né en 1937 à l’Ile Maurice, est à l’origine un biologiste français d’abord spécialiste des origines du vivant et des nouvelles technologies, puis en systèmique et en prospective. Docteur en Sciences, il effectua trois ans de recherche et d’enseignement (biochimie et informatique) au M.I.T. Ancien directeur des applications de la recherche à l’Institut Pasteur, il fut ensuite directeur de la prospective et de l’évaluation de la CIté des Sciences et de l’industrie de La Villette, institution dont il reste aujourd’hui le conseiller.
Dans son dernier livre “2020-Les scénarios du futur”, Joël de Rosnay nous rappelle que “Les frontières entre le biologique, le mécanique et l’électronique s’estompent. Des chercheurs se sont implantés une puce dans le bras pour communiquer avec leur environnement et être reconnu par les systèmes de sécurité. Les prothèses cérébrales entrent ainsi en symbiose avec un environnement fait de machines ou de robots. D’autres chercheurs travaillent sur des ‘neuropuces’ directement connectables à des zones du cerveau comme l’hippocampe, offrant de nouveaux espoirs pour les personnes ayant subi de graves traumatismes crâniens, suite à des accidents. [...] Mais la prudence s’impose face à de tels développements scientifiques et techniques, un fossé éthique existe entre l’homme ‘réparé’, l’homme ‘transformé’, et l’homme ‘augmenté’. Les puces et les implants permettent théoriquement d’augmenter les fonctions cérébrales ou métaboliques d’une personne en bonne santé disposant des moyens financiers pour s’offrir les dernières avancées en matière de prothèses neuronales, sensorielles ou métaboliques. Avec l’immense risque de la création de ’sous-hommes’ et de ’surhommes’”. Le web symbiotique démultiplie les problèmes éthiques.
Cette intégration des nouvelles technologies au corps humain nous renvoie directement au concept de “cyborg”( pour “cybernetic organism”), terme popularisé par Manfred E. Clynes et Nathan S. Kline en 1 960, lorsqu’ils se référaient au concept d’un humain « amélioré » qui pourrait survivre dans des environnements extraterrestres. Je remercie Mathieu Flex (plus connu sur twitter sous le pseudo du “Publigeekaire”) de m’avoir fait découvrir le documentaire ci-dessous, particulièrement en résonnance avec les thèses de Joël de Rosnay :
Pour la troisième année, TBWA est partenaire du forum Netexplorateur, organisé par Thierry Happe, qui, pendant deux jours au Sénat, présente les projets digitaux les plus prometteurs de toutes les régions du monde. Au cours des deux premières années ont été primés des entreprises comme Twitter, Netvibes, Aka-Aki ou MyMajorCompany, pour ne citer qu’elles . Les 10 meilleurs projets 2010 (à découvrir sur le site netexplorateur.org) ont été sélectionnés par un jury international de haut vol. Les grandes tendances, analysées par Bernard Cathelat, sont synthétisées dans cet excllent article de Marie-Catherine Beuth sur le site du Figaro.fr (cliquez ici). Le vainqueur cette année, révélé aujourd’hui par Le Point, s’appelle Layar, un programme de réalité augmentée sur iPhone qui permet, par exemple, de voir en surimpression sur l’écran de son iPhone les appartements à vendre ou à louer dans une rue dans laquelle on déambule (voir démo ci-dessus). Promouvoir une offre complexe de manière simple est aussi l’intérêt du seul projet français qui se classe dans le top 10. Une idée développée par la société grenobloise HiLabs, spécialiste des écrans tactiles sur toute surface. L’écran, dans la vitrine, dispose d’un “eyetracking” qui lui permet de se mettre en marche, pour attirer l’attention, lorsqu’un passant s’approche, et lui propose de naviguer avec l’écran tactile aussi simplement sur sur un iPhone. C’est la seule application de ce type qui permette à un système situé à l’intérieur d’une boutique, d’être utilisé à l’extérieur de sa vitrine.La société créée par Julien Letessier est en phase active de levée de fonds pour développer l’usage de ce procédé dont les premiers résultats (appliqués à une agence immobilière de Grenoble) sont spectaculaires (cliquez ici pour voir une démo). On a jamais été aussi prêt de “Minority Report” (voir ci-dessous) !
Ce post est une contributions spontanée de Clément Ollivier, étudiant et auteur d’un très bon blog (kapecom), qui a été, à juste titre, enthousiasmé par l’intervention de Tim Beners-Lee ( co-fondateur du web avec Robert Caillau) à TED en mars 2009 (vidéo ci-dessous) :
Bonjour, je suis étudiant en BTS de comunication, et fidèle lecteur de votre blog. Il y a peu, j’ai découvert une ‘”idée qui tue” que je voulais partager avec vous…
Dans le web que nous connaissons, nous évoluons en passant de documents à documents, par des liens. Lorsque l’on cherche une information sur un moteur de recherche, on le nourrit de mots-clés, et celui-ci nous propose une liste de documents qu’il juge pertinents. Par exemple, en recherchant des informations sur Nietzsche dans Google, je tomberai en premier lieu sur une page Wikipedia, ensuite sur un groupement d citations. Mais si je me demande quelles villes italiennes le philosophe a traversées, il me sera très long et difficile de compiler les données fournies par des documents divers, et leur extraction sera un travail de fourmi. Sans compter le fait que les données ne seront peut-être tout simplement pas disponibles, car personne n’aura publié un contenu à leur sujet.
Les données : nous y voilà. Le “linked data” consiste à mettre à disposition un maximum de données brutes, et toutes interconnectées, qu’un moteur de recherche peut recouper entre elles pour nous fournir l’information la plus pertinente. Imaginons les possibilités ahurissantes qui s’ouvriraient aux particuliers, aux entreprises, à la comunauté scientifique du monde entier si toutes les bases de données, attachées aux documents présents sur le web ou bien indépendantes, pouvaient dialoguer entre elles …
C’est le futur du web, qu’on appelle déjà 3.0, et celà promet d’être aussi passionnant que l’a été la vie de la toile durant la décennie qui s’achève ! ” Ca s’appelle Linked Data. Je veux que vous le fassiez, je veux que vous le demandiez, et je pense que c’est une idée qui mérite d’être partagée.” (Tim Berners-Lee, créateur du World Wide Web).
Chaque année, la rédaction du magazine Time livre sa sélection des 50 plus belles innovations de l’année. Les journalistes du célèbre magazine ont décerné cette année la première place à la NASA, pour sa nouvelle génération de fusées habitées “Ares”, qui doit permettre d’envoyer des astronautes explorer des zones inconnues, et dont le premier vol d’essai le 28 octobre dernier a été un succès. Mais il est intéressant de noter que cette innovation ne se classe que 17ème dans le vote des internautes. Parmi les 50 innovations, les internautes ont décidé de placer en premier “L’oeil électrique”, un projet développé par le MIT qui grâce à une micropuce reliée à une caméra et au cerveau, permet aux aveugles de retrouver partiellement la vue, et par exemple de se déplacer dans une pièce. Toujours dans le domaine de la médecine, le projet de genou artificiel “Jaipur foot” à 20 dollars (au lieu des 10 000 $ des genous en titanium) est classé quatrième, le premier vaccin contre le sida est placé 5ème, et les os en bois (testés sur des moutons) arrivent douzième. L’essentiel des innovations du top 20 selon les internautes sont des innovations liées à l’environnement : des toutes nouvelles ampoules Philips, aux nouvelles tuiles solaires, en passant par le thermostat qui mesure votre consommation d’électricité à la maison, et la Nissan Leaf, première voiture électrique produite sur une large échelle. Une preuve de plus que la plupart des innovations du futur attendues par les consommateurs devenus citoyens comporteront une valeur sociétale (environementale, santé ou citoyenne) ajoutée.