La vidéo ci-dessus est la bande-annonce d’un court métrage de 16 minutes exceptionnel, révélation de Cannes en 2009, préseletionné pour les oscars, qui est apparu miraculeusement sur le net pendant quelques heures avant d’être retirée de Viméo. Il aura fallu 6 ans à François Alaux, Hervé de Crecy et Ludovic Houplain, qui composent le Studio H5, pour concevoir et réaliser cette histoire incroyable à base de logos vivants, où les policiers Bibendum poursuivent le psychopathe Ronald qui a pris le kid Haribo en otage. C’est tellement bien fait, que comme pour Avatar, on ne voit pas le temps passer
Le “Making off” reste disponible sur le blog de Baptiste Roynette (baptisteblog.com). Ci-dessous quelques images pour vous mettre en appétit, et vous donner envie de vous précipiter pour le voir la prochaine fois qu’il passera (quelques instants) sur le net
Combien vaut une idée marchande ? Une mauvaise idée coûte toujours trop cher, me direz-vous, mais une idée géniale n’a (presque) pas de prix.
Gérard Biotteau, le patron d’Eram (souvenez-vous, les films d’Etienne Chatillez dans les années 80) disait avec humour à son publicitaire préféré (Philippe Michel, décédé en 1993) : « Philippe, tu es trop bête. Je gagne beaucoup d’argent avec ton idée, et pas toi. Car je ne vais tout de même pas te payer davantage alors que tu m’as toi même donné l’idée qui a fait mon succès « il faudrait être fou pour dépenser plus »…;-)
C’est justement parce que le prix d’une idée est relatif, qu’il faut, à tout prix, valoriser les idées marchandes en fonction de leur usage et de leur effet, et non en fonction du temps passé à les chercher. Cet enjeu, qui renvoie à la question des droits d’auteurs, est majeur non seulement pour la production culturelle, mais aussi pour la production économique, à l’heure où le moteur de la croissance devient de plus en plus la création de valeur immatérielle. Car la croissance future sera fondée davantage sur la qualité, plutôt que sur la quantité : moins de plus, pour plus de mieux. Interbrand a publié cette semaine son classement 2009 de la valeur des marques mondiales. La valeur de la marque Disney est estimée à plus de 28 milliards de dollars. Imaginez un instant que la fiction ci-dessous (utilisée par TBWA\Los Angeles pour expliquer pourquoi il est anormal de payer les idées au temps passé) soit devenue réalité ! Walt Disney serait resté un illustre inconnu, Bambi, Dumbo et le roi Lion n’auraient pas marqué nos esprits, et 150 000 emplois n’auraient jamais été créés.
Après le label Bio (en anglais « organic »), le ministère de l’agriculture américain envisage de lancer un label « biobased » pour des produits industriels (hors alimentation) qui sont à base d’ingrédients renouvelables (produits agricoles, bois etc…). Petit problème, ce label s’appliquerait si la proportion de « renouvelable » est d’au moins … 51%. Peux t’on vraiment revendiquer une qualité que l’on a à moitié ? Il faut certes permettre aux entreprises de valoriser leurs progrès en manière environnementale et sociétale, et ne pas nécessairement les obliger à attendre d’être parfaites pour communiquer, car personne n’est parfait. Mais est-ce une raison pour labelliser la moitié d’un progrès accompli ?
