Currently Browsing: OPINION-HUMEUR

Et si on luttait contre la pensée copié-collé?

COPIE COLLE

J’ai reçu ce mois-ci un petit livre signé Bruno Benchetrit intitulé “La norme H.I.é – Arrêtons de penser normalement” qui ne pouvait pas ne pas trouver sa place dans la rubrique #JourDuPenseur, tant il incarne la démarche de ce blog dont il pourrait, en quelque sorte, être le manifeste. J’en profite pour remercier au passage Bruno d’avoir cité mon blog dans ses références, aux côtés de celui de Seth Godin ;-)

moilivreokwebBruno Benchetrit, ancien publicitaire devenu consultant en marketing, est également blogueur depuis 2007 (popmarketing) et scénariste. Il fut également l’un des premiers contributeurs de ce blog en 2009 avec ” Et si on réinventait le mass-media ?“, puis en 2010 avec ” Et si Internet perdait la mémoire ?“. Il est l’auteur d’un premier livre “Allez vous faire voir – Pour une communication remarquable et singulière”, un petit livre de rédacteur publicitaire, à la manière de Paul Arden, le génial directeur de création de Saatchi&Saatchi auteur de “Whatever you think, think the opposite”, qui fait mouche par ses formules inspirantes et inspirées. Son nouvel opus, “La norme H.I.é – Arrêtons de penser normalement (au rayon marketing)” publié chez Unlimit-Ed, veut “figer dans un livre ce qui pourrait se perdre dans un blog” en défendant la conviction première de Bruno Benchetrit : “Inventer, c’est ne prendre exemple sur rien”. Il s’élève contre la “pensée powerpoint”, symbole du raisonnement improductif, contraire de la pensée, qu’il rhabille en une formule choc : ” Si vous croisez John Powerpoint, dites lui merde, sur 100 slides en corps 72″ !

norme-hie-comme-ca-prononce-L-YI2wg5Le petit livre de Bruno Benchetrit “La norme H.I.é” (comme ça se prononce), est un hommage à la pensée disruptive, et fait référence explicitement au travers d’Apple (”Think Different”) et d’Adidas (”Impossible is nothing”) au concept développé par Jean-Marie Dru, patron mondial de TBWA. Bruno Benchetrit nous rappelle que “penser comme tout le monde, c’est être comme tout le monde” . Pour exister, on ne peut se contenter de copier. Il constate que le marketing consiste trop souvent à “ressembler à son concurrent pour prouver que l’on est son égal”. Bruno Benchetrit nous invite à entrer en résistance contre la pensée unique, nous rappelant les trois choix existentiels selon Pierre Desproges : le choix initial (” La tétine ou le têton”), le choix final (”chêne ou sapin ?”) et le choix intermédiaire : “résistance ou collaboration ?”. Bruno Benchetrit nous incite à sortir de notre zone de confort en résistant activement “aux choses moyennes qu’on nous impose tous les jours” et à transformer notre réalité quotidienne. Il nous faut pour celà combattre “les forces du (nor)mal” alors même que notre système éducatif a instauré le paradigme de la moyenne (”Pense comme ton voisin et tout ira bien”) et nous conduit à devenir des “Français moyens”. Un système éducatif qui nous apprend avant tout à ne pas faire d’erreur (dicktat du QCM) au lieu de nous apprendre à penser , à imaginer, qui nous apprend à “avoir zéro faute” au lieu de nous apprendre à devenir Einstein. Il est vrai que “penser tout seul, c’est lâcher le courant dominant au risque de s’isoler”, c’est inconfortable et celà peut paraitre dangereux. Mais c’est le prix à payer pour ne pas rester transparent, invisible, insipide. Bruno Benchetrit critique également les excès de benchmarking qui “moyennise” tout qui conduit les entreprises et à leurs offres à se ressembler, au lieu de se différencier. Il nous invite à sortir de la pensée powerpoint, et nous incite à dessiner les cartes plutôt qu’à suivre la route. Et si nous osions davantage à la manière d’Apple, de Paypal ou The Artist ? Une bonne idée, par définition, transgresse les standards : “Innover, c’est ne pas accepter le monde tel qu’il est”. Comme le dit Philippe Starck : “Personne n’est obligé d’être un génie, mais chacun est obligé de participer”. Il ne tient qu’à chacun d’entre nous de transformer ce principe en action !

YouTube Preview Image Share

Et si on sortait de l’âge de pierre de l’opinion ?

enthoven

Le #JourDuPenseur de ce dimanche aurait pu également faire l’objet de la rubrique “Coup de gueule” #BloodyMardi de mon blog : celà fait longtemps que je voulais régir contre l’usage excessif de micro-trottoirs stériles dont les chaines de télévision abusent, en particulier dans les journaux télévisés, avec leur lot de voisins ou de passants interviewés lors de faits divers, dans des déclarations interchangeables allant de “Je ne l’aurais jamais cru capable de ça ” à  “il avait l’air tout à fait normal “, en passant par “notre quartier a toujours été très calme”.

portrait-R.EnthovenDans le numéro d’avril du mensuel Philosophie Magazine, Raphaël Enthoven, philosophe et écrivain (voir mon post : “Et si on donnait à la philosophie sa juste place ? “) nous livre un billet critique particulièrement bien senti, titré “Micro-trottoir : le réel au rabais” et sous-titré : ” Quand les journalistes tendent la perche aux “vrais gens”, l’accumulation de poncifs n’est jamais loin. Comment une prise de parole supposée libre peut-elle se muer en fabrique de consensus ?

Philosophie+Magazine+avrilLe point de départ de la réflexion de Raphaël Enthoven est “la mélasse de truismes et de poncifs” du bien-nommé “micro-trottoir” (”On s’organise comme on peut” lors des grèves des transports, “On va chercher les bonnes affaires” lors des soldes etc…) : le micro-trottoir, qui “informe le télespectateur sur ce qu’il pense quand il ne réfléchit pas”, a “le souci de l’évidence qui prescrit le convenable et proscrit l’exception”. La raison en est, pour Raphaël Enthoven, la “quadruple censure qu’imposent l’unicité du temps (une seule question pour une foule de réactions), la brièveté du temps de réponse (une phrase, sinon rien), l’alternative “pour ou contre”, et enfin, l’exclusion, au montage, de tous les avis qui détonnent par l’éditorialiste, dont le travail n’est pas de rapporter la diversité du réel, mais la soupe homogène des émotions qu’il inspire”. Pour Enthoven, le micro-trottoir “n’est pas une enquête, mais une ponction, un prélèvement de lymphe, qui n’enseigne rien : on ne regarde pas pour apprendre, mais pour vérifier qu’on se ressemble. Le micro-trottoir, c’est la fabrique du consensus, l’éphémère promotion de Monsieur Personne en Monsieur Tout-le-Monde, qui se fait spontanément l’écho de la foule qui pense comme lui”. Aux antipodes du témoignage, le micro-trottoir “brandit l’extime conviction d’une foule à qui les convenances servent de convictions”, c’est “l’âge de pierre de l’opinion”. Dans cet article, Raphaël Enthoven ne propose malheureusement pas vraiment de solutions au problème qu’il soulève. Mais on peut penser qu’il serait bon pour la démocratie de donner la parole à celles et ceux qui ont une opinion sur un sujet plutôt qu’à ceux qui n’en ont pas. De ce point de vue, la démarche d’un journal comme Le Parisien, qui permet à ses lecteurs d’exprimer chaque jour une opinion  argumentée à minima, sur un sujet d’actualité va dans le bon sens. Le débat d’idée et d’opinion est plus que jamais indispensable à la vitalité de la démocratie .

Share

Et si la solution était le swing ?

ginger-rogers-fred-astaire-swing-time

J’ai décidé de consacrer ce #JourDuPenseur au thème à la Une du mois de mars 2012 de “Philosophie Magazine” : “l’homme débordé – Peux t-on retrouver le temps ?”, et plus particulièrement à l’excellent article d’Alexandre Lacroix  : “Et si la solution , c’était le swing ?”, qui propose le swing comme métaphore de l’élasticité du temps. Que vous soyez fan de musique, amateur de danse (comme Ginger et Fred dans “Swing Time”) ou passionné de surf ou de golf, le swing vous parle dans votre rapport au temps, un temps qu’il suspend et qu’il détend.

Lacroix-AlexandreAlexandre Lacroix, 36 ans, est un écrivain, essayiste et journaliste français rédacteur en chef de Philosophie Magazine. Il est l’auteur de plusieurs romans : Premières volontés, La Mire, Un point dans le ciel, De la supériorité des femmesQuand j’étais nietzschéen, L’Orfelin, et de divers essais : Se noyer dans l’alcool ? Être sur terre, et ce que j’en retiens, La Grâce du criminel, Le Téléviathanet Contribution à la théorie du baiser.

055090057001Dans ” Et si la solution, c’était le swing ?”, Alexandre Lacroix se demande si “l’opposition entre le rythme mécanique du rock et la souple pulsation du jazz ne pourrait pas nous aider à départager les philosophes : entre ceux qui aspirent  à maitriser le temps et eux qui acceptent de s’y abandonner”. Partant d’une réflexion psychanalytique sur le rythme  du philosophe Michel Clouscard (”Le rythme est un fait culturel : le lien social du désir à la jouissance”), Alexandre Lacroix nous rappelle que dès le premier âge, à la tétée du nourrisson, ” ce sont les répétitions qui inculquent à l’être humain sa toute première notion du temps”, un temps rythmé qui exclut toute forme d’autonomie : la cadence accompagne l’obéissance.  Pour conquérir notre liberté, il nous est indispensable d’élargir notre structure spatio-temporelle première pour faire place à notre relation avec l’autre : “la mélodie ou le temps finalisé par la médiation de l’Autre, de l’amour”. Il nous faut nous délivrer de la répétition mécanique et découvrir le swing : ” le swing n’est pas l’absence de rythme, mais une capacité à le moduler, et à y introduire constamment des écarts imprévisibles et inspirés… Une répétition, oui, mais celle du même avec l’Autre”. On peut ainsi opposer les philosophies “rock”, héritières de Sénéque, pour qui le temps est une quantité d’espace,  et les philosophies “swing”, héritières d’Epicure, qui parient sur l’élasticité du temps. “Pour la conscience humaine, le temps est à géométrie variable. On peut trouver une idée géniale en une fraction de seconde ou la chercher toute sa vie, trouver l’amour en un éclair ou jamais”. Le seul problème avec le swing, c’est que si on ne l’a pas d’emblée, s’il ne vous est pas donné naturellement,  il faut parfois des années pour le trouver. Le swing s’intéresse à la transition entre les notes plus qu’aux notes elles-mêmes, c’est pourquoi on ne peut l’écrire sur une partition. Pour atteindre ” le temps fondamental” de Bergson, il faut “oublier les leçons de solfège qui nous ont été infligées”, donc nous défaire de nos habitudes conventionnelles de pensée. Il est temps de sortir du temps des horloges, ce qui nécessite “une libération métaphysique et une petite révolution intérieure”, pour profiter du temps éternel . Un temps qui n’est tout simplement  plus quantité, mais qualité. Et si nous devenions tous des “sultans of swing”  ?

YouTube Preview Image Share

Et si vous ne résistiez pas à la pelle de la St-Valentin ?

YouTube Preview Image

Ce soir, mon blog fait relâche pour cause de St Valentin. Si vous avez besoin d’aide, cliquez ici, et avant d’aller au resto, profitez de l’expérience de Gad Elmaleh (ci-dessous) ! Excellente soirée  ;-)

YouTube Preview Image Share

Et si l’humour rendait aussi hommage à Christian Blachas ?

YouTube Preview Image

J’étais hier après-midi à l’Eglise de Boulogne pour les obsèques de notre ami Christian Blachas. Et malgré la peine partagée avec tous ses proches, il m’a semblé évident que la rubrique hebdomadaire du samedi de mon blog, consacrée aux grandes campagnes publicitaires humoristiques du monde entier, ne pouvait pas ne pas marquer une pause pour rendre hommage à Christian dont une des grandes qualités était aussi, selon moi, d’avoir érigé l’humour en mode de vie. Christian, à l’image des grands publicitaires qui ont marqué leur temps et qu’il admirait tant, de Bill Bernbach à Philippe Michel, voyait en l’humour le langage le plus intelligent, le plus efficace et le plus universel (d’où la grande présence des campagnes humoristiques du monde entier dans Culture Pub).

429202_266947230044498_144470848958804_651097_743372203_n

J’ai sélectionné (vidéo ci-dessus) une des émissions Culture Pub de 2011, à l’occasion des premières journées portes ouvertes de l’AACC, où Christian nous apparait tel qu’il était, tel qu’on l’aimait, et tel que l’on veut le garder en mémoire : intelligent, vif  et toujours un peu espiègle.  Christian m’a toujours impressionné par sa très grande liberté de pensée, mais aussi par sa capacité de mettre de l’humour partout dans la vie. Les gens que l’on aime ou que l’on admire ne meurent jamais, ils continuent de vivre en nous. Au delà de nous avoir transmis son amour de la pub, Christian nous a transmis son humour de la vie. Comme disait Elvis, son idole, dans un de ses premiers tubes (ci-dessous) : “We’ll forget to remember to forget”.

YouTube Preview Image

Ps: Rendez-vous demain dimanche à 19h40 sur NT1tv pour l’émission CulturePub “hommage à Christian Blachas” avec Anne Magnien et Thomas Hervé.

Share
Page 1 of 1112345...Last »