C’est sur la suggestion pertinente de mon ami Gildas Bonnel que j’ai décidé de consacrer ce #JourDuPenseur hebdomadaire à Pierre Rabhi (vidéo ci-dessus réalisée à TedxParis 2011), écrivain, philosophe, écologiste, expert international pour la sécurité et la salubrité alimentaire, fondateur du mouvement “Colibris – coopérer pour changer” à l’origine de la campagne touscandidats2012.fr “Pour une république des consciences”. Près de 20 000 personnes soutiennent déjà cette opération via la création, en quelques clics (une photo +un slogan), de leur affiche de campagne pour une société plus écologique et humaine. Des affiches qui pourront être collées lors d’une manifestation prévue le 31 mars prochain dont vous trouverez les détails en cliquant ici.
Agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, Pierre Rabhi, surnommé “le paysan philosophe”, est un des pionniers de l’agriculture biologique et l’inventeur du concept “Oasis en tous lieux”. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d’Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations.
Il est aujourd’hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l’élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l’initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Paroles de Terre, du Sahara aux Cévennes, Conscience et Environnement ou Graines de Possibles, co-signé avec Nicolas Hulot. Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à l’”insurrection des consciences” pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l’échec de la condition générale de l’humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l’importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».
La manière la plus simple d’accéder à la pensée de Pierre Rabhi est de lire le petit livre manifeste qu’il a écrit en 2009 “La Part du colibri – L’espèce humaine face à son devenir” aux Editions de l’Aube (format poche), qui doit son titre à la légende amérindienne du colibri, appelé parfois l’”oiseau mouche”, ami des fleurs : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. ». Et Pierre Rabhi de conclure : “Telle est notre responsabilité à l’égard du monde, car ne nous sommes pas totalement impuissants si nous le décidons”. La question est posée dans son terme le plus simple : ” comment se fait-il que nous n’ayons pas pris conscience de la valeur inestimable de notre petite planète, seule oasis de vie au sein d’un désert sidéral infini, et que nous ne cessions de la piller, de la polluer et de la détruire aveuglément”. Pour Pierre Rabhi, l’enjeu est de savoir “si l’humanité est encore en mesure d’orienter son destin vers l’indispensable humanisation, à savoir la construction du monde avec ce qu’elle a de meilleur pour éviter le désastre du pire”. Pierre Rabhi veut instaurer un nouveau rapport entre la nature et l’homme : “Il est urgent de placer l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations”. Prônant “la sobriété heureuse, il préconise l’abandon progressif de l’agriculture industrielle et chimique au profit de l’agroécologie au sein d’une économie relocalisée. Pour lui, l’agriculture d’aujourd’hui a un goût de poison pour l’homme et pour son environnement. Mais il propose aussi de “placer le féminin au coeur du changement”, “d’éduquer les enfants sans la compétitivité qui les angoisse, mais sur la solidarité qui les renforce”, et “d’exalter leurs capacités créatives”, avec la conviction profonde que ” si l’être humain ne change pas quotidiennement pour atteindre générosité, compassion, éthique et équité, la société ne pourra changer durablement”. Et si nous assumions chacun notre part du colibri ?
Le spot publicitaire de Chrysler intitulé “It’s half time in America” est de loin le plus commenté aux Etats-Unis après le Superbowl de dimanche. Faisant suite à l’extraordinaire spot diffusé au Superbowl 2011 “Imported from Detroit” avec Eminem, et diffusé à la mi-temps du match, on y voit Clint Eastwood déclamer : ” C’est la mi-temps, pour les Etats-Unis aussi. Les gens n’ont plus de travail et souffrent, et ils se demandent ce qu’ils doivent faire pour remonter la pente. Nous avons tous peur parce qu’il ne s’agit pas d’un jeu. Les habitants de Detroit connaissent ce sentiment. Ils ont failli tout perdre, mais nous les avons soutenus, et maintenant la “motor city” continue son combat. J’ai vécu beaucoup de moments difficiles , et connu des crises dans ma vie. Des moments où on ne se comprend pas les uns les autres, comme si nous avions perdu notre âme. La brume de la division, de la discorde et des reproches nous empêchait d’y voir clair. Mais à la suite de toutes ces épreuves, nous nous sommes rassemblés pour faire front ensemble. Parce que c’est ce que nous faisons toujours : trouver un chemin dans les moments difficiles, et si nous ne le trouvons pas, nous le créons. Le plus important maintenant est ce qu’il reste à faire. Comment remonter la pente, comment nous rassembler, comment gagner. Detroit nous montre l’exemple, et ce qui est vrai pour Detroit est vrai pour nous tous. Ce pays ne peut pas être mis KO avec un seul coup de poing. Nous nous relevons, et quand nous le faisons, le monde entier entend le rugissement de nos moteurs. C’est la mi-temps aux Etats-Unis, et le deuxième acte va commencer.”
En pleine campagne électorale, il n’a pas fallu longtemps à grand nombre d’observateurs pour voir dans ce spot, au delà de l’analogie mi-temps sportive/mi-temps économique, une analogie à la situation de “mi-temps politique” d’Obama à la veille d’un éventuel deuxième mandat, et pour créer un rapprochement avec le célèbre spot publicitaire de Ronald Reagan “It’s morning again in America” (ci-dessous), alors qu’il se trouvait, lui aussi, à la fin de son premier mandat. Certains républicains y ont lu une volonté de Chrysler de renvoyer l’ascenseur à Obama pour les aides apportées au sauvetage de l’industrie automobile américaine en 2009. Les responsables de Chrysler et Clint Eastwood (réputé plutôt soutenir les républicains) ont démenti toute intention politique. Mais comme toujours en communication, ce qui compte, c’est l’interprétation du récepteur, au delà de la volonté de l’émetteur…
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Comme le dit Steinbeck dans “A l’est d’Eden”, “L’esprit libre et curieux de l’homme est ce qui a le plus de prix au monde”. C’est aussi ce que veut démontrer la vidéo ci-dessus, intitulée ” The Future belongs to the curious”. Le #JourDuPenseur de ce dimanche n’est pas consacré à un livre, mais à une initiative étonnante, skillshare, découverte sur l’excellent blog BrainPickings de Maria Popova (curatrice du blog Curiosity Counts pour TBWA).
Skillshare a été créé par Michael Karnjanaprakorn, qui était en charge de l’équipe Hot Potato, acquise par Facebook en 2010. En tant que philanthrope, il fut également le cofondateur de “All day buffet” et “The Feast”, qui avaient été listés dans les “25 ways to get smarter in 2010” par The Daily Beast. Michael a créé Skillshare en avril 2011, et a levé plus de 3 millions de dollars durant l’été 2011. Il sera présent à la prochaine conférence TED dans quelques semaines.
Skillshare est une initiative qui se veut révolutionnaire dans la démocratisation de l’éducation, puisqu’elle permet potentiellement de transformer tout le monde en enseignant dans son domaine de compétence particulier. Le slogan de Skillshare est “learn from anyone, anywhere”. En allant sur le site, vous cliquez soit sur la case “enseigner”, qui va vous permettre de définir le cours que vous proposez de donner, soit sur la case “apprendre” qui va vous donner accès à tous les cours disponibles à proximité. La participation à un cours coute 20 dollars (15% reversés à Skillshare), ce qui permet aux meilleurs enseignants de Skillshare de gagner jusqu’à 1000 dollars par cours. Skillshare a démarré à New York, San Francisco et Philadelphie, mais se développe actuellement dans de nombreuses villes américaines. Les cours, qui ne sont jamais donnés en ligne, mais toujours IRL, sont d’une très grande variété, puisque l’on peut y partager aussi bien un savoir-faire manuel qu’intellectuel. Il existe aujourd’hui 5 catégories principales : ” Creative Arts, Culinary Arts, Entrepreneurship, Lifestyle et Technologies”. Un système d’évaluation en ligne permet d’avoir la notation et les feedbacks de celles et ceux qui ont suivi le cours.
Au delà de l’originalité et du succès futur de l’initiative, c’est sa philosophie éducative qui est particulièrement disruptive. Skillshare est né de l’idée que le principal problème du système éducatif aujourd’hui, vient du fait que les gens n’apprennent pas, le plus souvent, d’une manière qui les inspire vraiment. L’éducation est conduite trop souvent par des institutions plus que par la passion. Le credo de Skillshare est de rendre l’éducation “meaningful, collaborative and accessible to all” : “We’re world builders. Skillshare is for the doers, not the academics or theorists. We empower people to do or become anything they desire. We deliver passion through our work, employees, and community. In other words, we’re here to increase the global passionate index.” Skillshare a initié son développement dans les grandes villes du monde entier, en recrutant via twitter des communautés qui souhaitent enseigner. Aucune ville française ne figure encore sur la liste. Et si on lançait la communauté Skillshare en France ? Rendez-vous sur Twitter en cliquant ici, et en twittant avec le Hashtag : #UnlockParisFR !
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Après les (trop ?) nombreuses rétrospectives de l’année, voici le temps des rétrospectives du siècle. En aout dernier, c’est une publicité pour le centre commercial londonien Westfield Stratford City qui nous retraçait 100 ans de danse et de mode ( vidéo ci-dessous visionnée plus de 3 500 000 fois sur YouTube). Cette semaine, c’est Donolinio Studio, habitué des compilations d’images sur les réseaux sociaux, qui nous offre la possibilité (vidéo ci-dessus) de réviser en version accélérée, l’histoire du siècle, au travers d’images plutôt très bien choisies.
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Connaissez-vous Google Zeitgeist ? Zeigeist signifie littéralement “Esprit du Temps”. C’est le nom du classement effectué par Google sur les mots-clé les plus recherchés, qui a inspiré la vidéo ci-dessus.
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