Et si c’était le singe qui descendait de l’homme ?

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philosophie_magC’est un des plus grand paradigmes de l’humanité qui est en train de s’effondrer : ce n’est pas l’homme qui descend du singe, mais le singe qui descend de l’homme ! Le dossier, titré “L’étonnante découverte scientifique, le singe descend de l’homme. La question de l’origine relancée” à la une de mon mensuel favori, Philosophie Magazine (dont vous pouvez commander les yeux fermés les 34 premiers numéros) est tous simplement passionnant. En voici quelques extraits :

“Scoop ! La découverte de notre ancêtre Ardi est venue confirmer ce que nombre de paléontologues pressentaient : le redressement des hominidés sur leurs deux jambes a précédé l’apparition des grands singes. Rendu public, cet automne, par la revue américaine Science, ce constat bouleverse la vision de nos origines. Et ouvre un chantier philosophique nouveau. Car si la station debout ne nous caractérise pas, pas plus que les outils ou la taille du cerveau, qu’est ce qui fait le propre de l’homme ?”.

C’est l’analyse du squelette de Ardi, individu féminin découvert en Ethiopie en 1992, qui a permis de confirmer l’hypothèse déjà formulée à l’analyse de Lucy, Orrorin ou Toumaï . Car non seulement Ardi s’est révélée beaucoup plus vieille qu’on ne le pensait (plus de 4,4 millions d’années), mais surtout, il est apparu que Ardi marchait sur 2 pattes et non sur 4 !

“Entendons nous bien, il y avait des singes avant l’homme – les grands primates existent depuis plus de 50 millions d’années. En revanche, les grands singes qui font partie de notre chaine évolutive – chimpanzés et bonobos – …sont en réalité des descendants lointains des premiers hommes…”

“L’homme n’est plus cet être exceptionnel qui s’arrache à l’animalité en se dressant sur ses pieds. Avec Ardi, l’humanité plonge plus profond dans le monde animal… Il nous faut inventer un nouveau mode d’explication sur la base d’un partage généralisé de traits et de compétences avec de nombreuses autres espèces. Et notre idée philosophique de l’homme se recentre, au delà de toute compétence technique, sur l’être de culture qui donne forme et sens à ses outils”.

Pour Tim White, découvreur d’Ardi : “c’est un nouveau chapitre du livre de l’évolution humaine qui s’ouvre”. Selon Owen Lovejoy, profeseur d’anthropologie qui avait aussi travaillé sur le cas Lucy, “A de nombreux égards, les humains sont plus primitifs que les chimpanzés”. Quant à Marc Groenen, spécialiste du paléolithique, il en appelle carrément à “un réexamen de notre humanité” ! C’est le récit de nos origines, trop beau pour être vrai, qui a définitivement éclaté. Pour une nouvelle, ça c’est une nouvelle ! Et dire que pendant ce temps là, la Une du journal de ce matin nous annonce que Jacques Chirac va nous présenter son petit fils Martin chez Michel Drucker dimanche ! ;-)

evolution

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6 Responses to “Et si c’était le singe qui descendait de l’homme ?”

  1. imposture says:

    “Et dire que pendant ce temps là, la Une du journal de ce matin nous annonce que Jacques Chirac va nous présenter son petit fils Martin chez Michel Drucker dimanche !”
    Oulala ! t’es en forme ;-)

  2. [Enikao] says:

    Et si on était rigoureux ?
    Qu’est-ce qu’un singe ? Met-on dans cette catégorie les primates seulement ou les lémuriens aussi ? Qu’est-ce qu’un homme ? Un “Sapiens”, un “homo” au sens plus large (partant depuis les erectus jusqu’à notre dernier cousin éteint néanderthal) ?

    Par évolution des espèces, très rares sont les espèces actuelles non éteintes qui soient réellement descendantes les unes des autres, au sens de filiation. L’homme n’est jamais descendu du singe, en revanche nous avons des ancêtres communs avec le chimpanzé, le gorille, l’orang-outang, le gibbon… la nuance est de taille. Un ancêtre qui ne ressemble à rien de ce qui est présent aujourd”hui, puisque justement nous avons évolué.
    Darwin a cherché à expliquer qu’il faut réfléchir en mode dynamique, hélas on continue à percevoir en mode statique…

  3. Luna says:

    Mais le contre-pied de la sentence, élevée pendant longtemps au rang d’aphorisme (l’homme descend du singe) est-il vraiment nouveau ? Il me semble bien, de mémoire de… (singe, femme, éléphant… ?) que certaines publications sur la bipédie originelle (« l’homme ne descend pas d’un primate arboricole ; une évidence méconnue ») ne datent ni d’hier ni de cet automne…

  4. Nicolas Bordas says:

    La nouveauté est moins dans “l’homme ne descend pas du singe” qui est une idée discutée depuis longtemps, que “le singe descend de l’homme”, ce qui est l’élément de nouveauté recouvrant, pour être précis, l’idée que certains singes marchant sur leur deux pattes sont apparus après que l’homme ait vécu lui-même cette évolution…

  5. Luna says:

    Merci pour cet éclairage mais quand je relis quelques pans de l’histoire de l’humanité à la lumière des premières thèses sur la bipédie initiale, ce sont bien les mêmes conclusions hardies pour l’époque (à savoir que les premiers humains primaires, bipèdes terrestres, auraient vécu sur terre avant les singes, ces derniers des premiers descendant) que j’y trouve à compter de 1999…en se basant en effet sur les découvertes « Ardi » de 1992.
    Loin de moi donc l’idée de descendre le scoop de Philosophie Magazine mais, à preuve du contraire, la nouvelle automnale ne paraît pas si novatrice.
    Le débat de faire du nouveau avec de l’ancien n’est donc pas clos.
    (une école de fans de ce concept dans la lignée chiraquienne qui, de Jacques à Martin, se redressent fièrement à la une en serait-il un amusant clin d’œil illustratif?)

  6. [...] Le singe descend de l’homme et non l’inverse. Claque. Encore plus quand c’est un publicitaire qui nous [...]

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