C’est le 16 novembre que les premiers abonnés berlinois de Niiu pourront recevoir chaque matin avant 8 h, leur quotidien imprimé à partir des informations qu’ils auront séléctionnées parmi 20 titres de la presse quotidienne locale, nationale et internationale et parmi 5000 pages internet. Celui qui se veut le “premier quotidien personnalisé d’Europe”, créé par deux étudiants de Berlin âgés respectivement de 23 et 27 ans, vise 5000 abonnés en 5 mois au prix de 1,80 euros (1,20 pour les étudiants). Chacun peut modifier à loisir sa sélection de thèmes et d’articles jusqu’à 14h, veille de livraison. Les créateurs du projet et leur équipe de 10 personnes comptent en complément sur une capacité de cibler la publicité en fonction des quartiers de distribution du journal. Une expérience à suivre, même si le passage du web au kiosque n’est pas toujours si simple, comme l’a démontré l’échec récent de la version papier de Bakchich qui, faute d’atteindre ses objectifs (15 000 ventes seulement, soit la moitié de ce qu’il fallait pour atteindre l’équilibre), a déposé son bilan pour permettre une procédure de redressement judiciaire visant à sauver le site internet éponyme.
Une autre initiative très intéressante cette semaine est le lancement par le génial Patrick Robin, créateur du site de e-shopping 24h00.fr, d’un magazine papier féminin gratuit intitulé 24h00.fr tiré à 200 000 exemplaires et distribué sur Paris, Lille, Lyon et Marseille (ainsi que par asilage colis Telemarket pour 45 000 exemplaires). Pour la première fois, un magazine va vendre ses pages de publicité (en dehors des pages de couverture qui restent vendues de manière traditionnelle) dans une logique de prix variable “à la performance”, adossé au CPA (cout pour action), c’est à dire le pourcentage de chiffres d’affaires réalisé par le site marchand grâce à cette pub qui contient un code (appelé “code malin”) permettant le tracking. Une révolution dans le domaine de l’achat d’espace à suivre de près…
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Aux Etats-Unis, il y a également “Mine magazine” qui repose sur le même principe : on choisit, sur leur site Internet, les domaines et les thèmes d’information qui nous intéressent plus particulièrement, le niveau d’expertise que l’on souhaite, on peut y faire part de ses hobby ou centres d’intérêt. Bref, une formule qui ravit le lecteur mais aussi l’éditeur du magazine qui trouve là un moyen de cibler ses lecteurs et de satisfaire des annonceurs qui s’éloignaient de la presse écrite ! La presse n’est par morte, elle doit juste accepter de se réinventer.
Il me semble que ce qui caractérise la presse, et la différencie de l’assemblage des simple dépêches, c’est la problématisation, i.e. la mise en ordre des nouvelles. Si l’on choisit ses nouvelles dans un stock non ordonné de nouvelles, ce n’est plus de la presse. En un mot, un assemblage d’INFORMATIONS DE PRESSE n’est pas de la PRESSE.
Le prix de reviens d’un journal est constitué de couts “fixes” : Les salaires des journalistes, et de couts “variables” : papier, impression transport, distribution.
La réalité est qu’avec internet les couts variables diminuent et les prix fixes augmentent, il faut en effet y ajouter les salaires des techniciens et autres informaticiens gestionnaires des serveurs , sécurité, …
Les journaux en langue Française ont une trop petite diffusion pour réussir à amortir les couts fixes avec seulement les revenus de la pub.
Tant qu’il y aura des gens pour donner gratuitement les journaux aux lecteurs dans l’espoir d’avoir une diffusion forte et donc des revenus publicitaires plus fort, tant que le miroir aux alouettes fonctionnera, les vrais journaux payant comme Mediapart ne trouveront pas leurs financements.
Une presse libre doit exister, elle est nécessaire à la démocratie, il faut que chacun s’abonne à un journal et que ceux ci acceptent de ne pas rêver à une diffusion gratuite qui n’a en réalité aucun sens économique. La plus stupide chose c’est la valorisation de l’audience, ce modèle économique est dépasser, les investisseurs vont maintenant revenir à une valorisation via le “chiffre d’affaire” et c’est bien ainsi.