La classe c’est Beyonce. Le mufle c’est Kanye West, que Barak Obama a même traité de “jackass”, c’est à dire d’abruti pour ne pas dire de “connard” ! (voir vidéo ci-dessus). Une déclaration présidentielle relatée par le journaliste Telly Moran, de ABC, dans un tweet diffusé à son million de followers avant d’être rapidement retiré au nom du “off” dû au Président américain.
En cette fin de semaine à New York, le buzz n’était pas autour de la sortie de la vidéo de Ségolère Royal (voir post ci-dessous), mais autour de l’esclandre du rappeur Kanye West commis en direct lors de la remise des Video Music Awards MTV dimanche dernier. Au moment de la remise de son prix à la jeune Taylor Swift, il est monté sur scène et s’est emparé du micro pour dire qu’il pensait que Beyonce (assise dans la salle) était celle qui aurait du avoir le prix, car sa vidéo était “la meilleure du siècle”. Sa phrase “I am gonna let you finish, but…” est devenu un “meme” (une phrase dupliquée ) qui circule à grande vitesse sur Internet illustré par de multiples exemples de “Kanyewesteries” (des interruptions inappropriées d’une situation à la manière de Kanye West), mais aussi en off-line, dans la vraie vie, au bureau comme en soirée, où les américains interrompent leur prochain désormais de cette façon.
Mais si Kannye West a gagné pour longtemps la palme d’or de la muflerie, malgrè ses excuses tardives, la palme de la classe, elle, revient à Beyonce qui, montée sur scène pour recevoir le principal prix de la soirée, a fait revenir Taylor Swift pour lui permettre d’achever son discours de remerciements.
(Pour voir les vidéos du mufle et de la classe sur scène à l’occasion de la remise des prix de MTV, cliquez sur : http://www.ozap.com/actu/taylor-swift-humiliee-kanye-west-mtv-awards-video/299454).
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Carlier 26 / Kanye 0.
Dans le combat titanesque auquel se sont livré les 2 goujats épinglés par notre ami Nicolas, notre compatriote Guy Carlier a battu haut-la-main (26 à 0 !) son homologue américain au niveau des commentaires sur ce blog. Et pourtant, comme le raconte Nicolas, le « Kanye West diss » (littéralement foutage de gueule) est une vraie affaire d’état aux USA, avec intervention du président Obama dans un registre grossier, ce qui est exceptionnel là-bas (oui, j’ai dit là-bas..). Allez sur youtube et vous verrez des milliers de vidéos d’américains qui se déchainent sur l’événement.
Alors pourquoi cette différence, esclandre national aux USA et indifférence totale chez nous ? Est-ce parce que Taylor Swift nous est inconnue, Kanye West guère moins, et parce qu’au fond les lecteurs / lectrices de ce blog se sentent plus proches d’Arlette C que de Taylor W ? Oui c’est sûr, et ça explique notre indifférence, mais pas la passion américaine. Alors pourquoi cette passion ?
Je crois que, dans un pays légaliste comme les USA, la vraie transgression de Kanye West ce n’est pas tant d’avoir été mufle vis-à-vis d’une –gentille- star, mais surtout d’avoir jeté le doute sur le classement de MTV Awards, en disant que la n°1 du public n’était pas la meilleure. Or ça c’est iconoclaste, on ne touche pas au vote, car aux USA le vainqueur du vote est forcément le meilleur. C’est d’autant plus vrai en musique qu’on achète le best seller justement parce qu’il est le plus vendu, donc le meilleur : le goût du public est sacré car nous sommes dans la plus grande démocratie du monde (Toqueville). Et donc je me demande si le vrai scandale de Kanye, au-delà de la muflerie en public, ça n’a pas été la remise en cause de la sacralité du suffrage des citoyens.
Chez nous c’est différent. D’abord on a coupé la tête au roi il y a 200 ans, et puis on préfère Poulidor à Anquetil, et puis de toute façon une année sur 2 les intermittents du spectacle viennent foutre le b… aux Victoires de la Musique, donc les hiérarchies, les podiums et les hit parades ne sont pas sacrés. Par contre, le machisme ordinaire de Carlier a fait scandale parce qu’il a touché quelque chose de bien plus sacré, l’image de la femme et son « obligation » d’être d’abord belle avant de pouvoir être écoutée. C’est cette « obligation » qui ne passe plus chez nous, et c’est très bien !
A noter que de ce point de vue (autre différence France – USA), on ne peut pas dire que le « look » de Taylor ou Beyonce, toutes les 2 top belles, prête la critique à des machistes ordinaires…