Et si la photo pouvait réhabiliter des innocents ?

i don\\\'t likei like (+20 rating, 20 votes)

calvin-washington

artwork_images_413_117677_taryn-simon

rencontres-d-arles-2010-619942Il y a un an, à l’ouverture de ce blog, je consacrais un post aux Rencontres Photographiques annuelles d’Arles, qui célébraient  «40 years of Disruption ».  Ayant visité hier une grande partie des expositions de cette année, je ne vous parlerai pas des photos des années Rock et Punk qui constituent le fil rouge de ces rencontres 2010, et que les médias ont largement commentées, mais de la découverte d’une pépite, qui m’a semblée l’idée la plus disruptive de tous les photographes exposés cette année : la salle consacrée à Taryn Simon, photographe américaine de 35 ans du New York Times Magazine, auteur d’une série de clichés d’une très grande qualité, sur le fond comme dans la forme, intitulée « Les Innocents ».

viewimg« The Innocents » relate l’histoire d’individus qui ont purgé une peine de prison pour des crimes violents qu’ils n’ont pas commis, mettant ainsi en évidence le problème du rôle de la photographie comme témoignage fiable et comme arbitre de justice. La première cause de condamnation erronée est une erreur d’identification : la photo joue un très grand rôle dans le processus juridique, de la reconnaissance (portrait-robots), jusqu’aux pièces à conviction qui permettent d’établir les condamnations. Taryn Simon a voulu photographier ces accusés innocents sur les lieux mêmes qui ont joué un rôle dans leur condamnation : lieu de l’identification incorrecte, scène de l’arrestation, lieu du crime ou de l’alibi . Un lieu où ils ne sont jamais allés auparavant, mais qui a changé leur vie à jamais. A travers ces images, Taryn Simon confronte la capacité de la photographie à mêler vérité et fiction, pour le meilleur, mais parfois pour le pire. Y aura t-il jamais autant de regards portés sur ces photos qui innocentent, que sur celles utilisées pour condamner, médiatiquement et juridiquement ?

Simon3

Simon1

Share


3 Responses to “Et si la photo pouvait réhabiliter des innocents ?”

  1. munkyno says:

    J’adore !
    Dommage qu’on ne puisse pas voir les photos en meilleure résolutions.

  2. Caroline says:

    Je trouve l’idée “belle”…

  3. [...] qui accueillent chaque année les expos photo des Rencontres d’Arles (cf mon post ” Et si la photo pouvait réhabiliter des innocents ?“). la Fondation LUMA se veut “un site culturel polyvalent consacré aux arts [...]

Leave a Reply