Et si la province s’avérait meilleure que Paris ?

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sanstitreot5Il n’y a pas qu’en football que la province est capable de donner chaque année une leçon à la capitale. Après les jambes, la tête ! A la Une de l’excellent magazine Challenges paru aujourd’hui, c’est une classe préparatoire de province, Saint-Jean de Douai, qui, pour la deuxième année consécutive, emporte le titre de “meilleure classe préparatoire de France“, en réalisant l’exploit de battre à la fois dans l’option Eco et dans l’option Sciences, les réputés Henri IV, Louis Le Grand et autres Ipesup ou Intégrale. Mais au delà de la performance quantitative (100% des élèves intégrés dans le Top 6 des écoles de commerce pour l’option science et 96% des élèves intégrés dans le Top 6 pour l’option éco), c’est un état d’esprit radicalement différent qui est ici récompensé. J’étais à Douai samedi dernier pour entrainer les élèves à l’épreuve d’entretien aux grandes écoles, et j’ai pu constater une fois de plus l’état d’esprit unique qui y règne et qu’a impulsé son directeur, Christophe Cadet (photo ci-contre), à l’origine de cet improbable succès. L’idée qui tue ? Sélectionner les élèves sur leur personnalité et leur potentiel, au delà de leurs notes, et privilégier l’état d’esprit collectif, et non l’individualisme forcené qui règne parfois dans ce type de prépa de haut niveau. Comme le souligne Guy-Michel Mahieu qui vient d’être nommé à la tête du lycée : “L’individualisme n’a pas sa place ici”. Un système basé sur la confiance : aucun surveillant à Douai pour vérifier que les étudiants travaillent : c’est leur responsabilité. Une école où l’on travaille beaucoup, mais où on fait aussi beaucoup la fête. Un apprentissage de la vie collective aussi car les élèves vivent dans des logements collectifs dispersés dans la ville. Et bien sûr des professeurs remarquables qui sont prêts à passer des week-ends, et même des semaines de vacances (en Turquie ou au ski) avec leurs élèves pour maximiser leurs chances de réussite. En 2011, St Jean de Douai sera une des premières prépa à ouvrir une classe “Cordée de la réussite” destinée à accueillir 50 boursiers en voie technologique, et a besoin d’aide d’entreprises ou de fondations d’entreprise pour en assurer le logement. Donc si vous avez un belle mère richissime ou un beau-père mécène, n’hésitez pas à lui en parler… ;-)   C’est bien connu, les parisiens sont tous des anciens provinciaux . C’est aussi mon cas, ayant fait ma prépa à Clermont Ferrand. La ville où Michelin a eu l’audace de garder son siège social, ce qui ne l’a pas empêché de devenir leader mondial ! La marque dont l’icône est la plus connue au monde, a démontré que l’on pouvait réussir  en restant fidèle à ses racines . Ce que je nous souhaite à tous  en cette période où les voeux sont encore de mise, avec en bonus, le dernier film publicitaire mondial de Michelin réalisé par TBWA (ci-dessous)…

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3 Responses to “Et si la province s’avérait meilleure que Paris ?”

  1. baptiste says:

    Quelle prépa ! Tous mes amis qui sont passés par Saint Jean en garde un souvenir mémorable ! Plus qu’une ambiance de boulot, c’est comme tu le dis un état d’esprit, une grande famille.
    Dans le même genre en “province” tu as l’excellente école d’hôtellerie Savignac où on retrouve le même état d’esprit.

  2. François Momboisse says:

    Pareille accroche (et si la province..) ne pouvait venir que de l’auvergnat de la pub! Etant moi-même auvergnat de seconde génération, je ne peux qu’être d’accord.

    Mais à la lecture attentive du post, il me semble qu’il y a 2 idées distinctes sous le même titre (ce qui pour un ex-Procter sent le souffre). Car si tous les élèves de Blaise Pascal sont et étaient des auvergnats de souche, je ne suis pas sûr que ceux de StJean soient des Douaisiens (?) et Douaisiennes. Et donc la province s’avèrerait meilleure que Paris pas tant comme source de talents (à l’exception notable pré-citée), mais comme concrétisation de talents parisiens. La revanche cruelle de Paris étant que quelle que soit la prépa, l’objectif est le même: intégrer une parisienne..

  3. Nicolas Bordas says:

    Cher François,
    J’apporterai deux nuances à ton commentaire globalement fondé.
    • Si Saint Jean de Douai accueille des parisiens et des élèves du monde entier (pas mal d’enfants d’expatriés), la majorité des étudiants sont des “régionaux”
    • Dans le top 6 des écoles prises en compte par Challenges, 3 sont parisiennes (HEC,ESSEC,ESCP), si l’on considère que Jouy et Cergy ne sont pas la province, mais trois sont provinciales (Lyon, Lille, Nantes).
    Il n’en reste pas moins que notre centralisme historique rend difficile un bouleversement de ce classement. Mais qui aurait parié que Douai passerait devant Henri IV et Louis Le Grand il y a 10 ans ?

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