Et si le web 2.0 faisait faillite ?

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Ce post est une contribution (presque ;-) ) spontanée de François Roque (plus connu sur Twitter sous son pseudo @imposture), blogueur émérite (Derrière le Paravent Suédois) et auteur d’un roman publié en 2007 “Le syndrome de Roch“. Pour François, l’absence de business model rentable des principaux acteurs du web 2.0, et la valorisation boursière proportionnelle aux nombres de comptes ouverts, rappelle une période pas si lointaine que l’on a fini par appelé “la bulle internet” …après son implosion !

finWeb2.0

“Et si le Web 2.0 finissait par s’arrêter ? Fini, plus rien, pouf !…

Tous nos comptes Facebook, Twitter, Flickr & Co disparaissent, la majorité des blogs ferme, les «influents» perdent leur fond de commerce, les «amis» virtuels ne peuvent plus se RT, se poker, se DM…fini le tour du monde en moins de 30 secondes pour un scoop ou la vidéo d’un chat qui boit au robinet ! Bref, 200, 300, 400, 500 millions (?) de personnes morales et physiques privées de leurs joujoux ? Entre nous, ça nous reposerait un peu, non ? On prendrait le temps de lire, des livres avec des vraies pages qu’on tourne, d’écrire un peu plus de 140 signes, des phrases avec sujet verbe complément, de se voir plus souvent en vrai (IRL). Tout simplement, se retrouver dans un mode de communication «normal» entre animaux que nous sommes, essentiellement par regards, gestes, sourires…

Flash back fin des années 90 : la bulle Internet explose et des milliards de dollars partent en fumée. Sur quoi spéculions-nous ? L’illusion que tout aller se passer sur l’Internet : dématérialisation de produits et services via la rapidité des échanges ; créations de nouveaux services sur ce «fantastique village planétaire» ; l’utopie d’une économie de l’abondance fondée sur des business-models tablant, non pas sur des volumes de marchandises et de transactions réelles, mais sur des contacts, des «abonnés» à qui on allait vendre des tas de trucs, puisqu’ils étaient attachés à un fil, l’Internet, et en plus à un téléphone portable.

Tout le monde s’est emballé avec des valorisations d’entreprises non pas sur des actifs réalisables, mais à réaliser, et déterminés sur la base d’une unité : l’abonné. Une start-up sortait du chapeau un abonné valorisé à 1000 $ par rapport à ce qu’elle lui vendait vaguement et surtout à ce qu’elle allait lui vendre. L’entreprise avait 100 000 abonnés, et hop, l’affaire était achetée 100 M$. Et peu importe si son CA n’était que de quelques centaines de milliers de $… Résultat ? France Telecom plombé avec Orange surpayé ; Time Warner découvre que la mariée AOL n’a rien dans la corbeille (50 Md$ de pertes) ; Vivendi Universal planté de 16 Md€ ; Cisco perd 2 Md€, etc. Est-ce que les choses ont changé depuis 10 ans ? Non. Parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En principe…

Depuis 4 ou 5 ans, une nouvelle unité de calcul et de gonflette sévit : le compte.

Compte Facebook, compte Bidule ou Truc et le dernier en date qui développe une stratégie «fascinante» : Twitter. Mais attention ! Entre le compte de 2010 et l’abonné de 1999 il y a une différence de taille : l’abonné, il payait vaguement un truc (ah oui, l’abonnement) alors que le compte, c’est gratuit. C’est marrant ce terme «compte». Sur un compte à BNP Paribas, on dépose son argent. Chez Facebook, on peut déposer des photos, des vidéos, des photos, des photos, des vidéos, des photos, des photos, des applis, des photos, des photos, des photos, etc. Vous creusez tranquillement votre compte sur les disques durs de leur armée de serveurs ; mais contrairement à BNP Paribas, cool, ils ne vous demandent rien. Pas un agio ! D’ailleurs, globalement dans le Web 2.0, personne ne demande quoi que ce soit.

facebook-glass

En 2007, Facebook a été valorisé 15 milliards de dollars via la générosité de Microsoft qui lâcha 240 M$ pour un strapontin : 1,7% du capital. Soit, à l’époque, 250 $ pour un compte. On retrouve ainsi les mêmes ratios surréalistes de la première bulle. Si quelqu’un est capable de me faire un topo clair sur le modèle économique de Facebook, je suis preneur. Le bilan de Facebook est un secret militaire ; pour 2008, on parle de 150 M$ de CA pour 200 millions de comptes, soit 0,75 € de revenu annuel par tête de pipe. Autant investir chez un boulanger… Et pour achever le tableau, vous ajoutez 50 M€ de pertes (pas loin du million d’ancien francs par jour comme dirait tata de Montluçon qui aime bien donner des valeurs aux choses…). Tous ces serveurs remplis à bloc de photos, de poke et de vidéos qui tournent en rond de murs à murs, il faut bien les payer. Sans parler de la bande passante de folie.

Ces apprentis sorciers, et les financiers qui les accompagnent semblent oublier une règle basique du commerce : quand un service est gratuit, le «consommateur» n’a aucun scrupule à partir du jour au lendemain dès qu’il voit l’herbe plus verte ailleurs. C’est ce qui se passe avec Twitter, la nouvelle blague Interneto-financière du moment. Quel est le modèle financier de ce service où il n’y pas un gramme de pub visible ? Là aussi, mystère et boule de gomme… Alors est-ce qu’une bulle Web 2.0 peut exploser ? En théorie oui selon le principe de reproduction des mêmes âneries qui caractérise l’humain. Exemple : la reproduction du phénomène de rachat ou de fusion financé par du vent. C’est le cas de Facebook qui, paniqué par Twitter, a racheté Friendfeed, un service gratuit – lui aussi – qui mélange des tas de flux. On parle de 50 M€ dont 15 M€ en cash (ils les sortent d’où ?) et le reste en échange d’actions. Des actions qui ne valent strictement rien aujourd’hui.

La seconde raison, et qui aggrave l’impact à venir de ces échanges de monnaie de singes, est liée à la taille gigantesque du “marché”. Elle excite encore plus l’imagination des visionnaires exaltés de l’Internet et conduit surtout à une fuite en avant inévitable : un empilement de recapitalisations pompant les marchés, de l’argent, du vrai, pour continuer à financer le fonctionnement de ce bazar dont la consommation de ressources techniques, financières et humaines en perpétuelle croissance et inversement proportionnelle aux résultats. Un bazar où les managers des grands opérateurs (Facebook, Twitter, etc.) changent régulièrement de discours stratégiques et économiques. Un artisan ou un manager de PME aurait ce type de comportement avec son banquier, est-ce que cela marcherait autant ? L’illisibilité des modèles économiques de ces mastodontes de plâtre que sont Facebook, le moribond Myspace ou le gadget planétaire Twitter, ne serait-elle pas dans le fond causée par des symptômes similaires au financement impossible des retraites ? Trop d’utilisateurs et pas assez de cotisants. Les cotisants ? Le marché de la pub, tout simplement. Non seulement les investissements publicitaires globaux (tous médias confondus) ne sont pas extensibles à perte de vues (au mieux, quand il n’y a pas de crise, ils ne croissent que de quelques % par an), mais en plus il faudrait que les annonceurs procèdent à des transferts incroyables de la TV, la radio ou la presse vers l’Internet pour que ces sites puissent espérer équilibrer des services aux consommations et besoins exponentiels. Et imaginer que dans les années à venir autant de milliards seront investis dans les services actuels Web 2.0 tout en préservant les mêmes sommes dans la TV est une utopie totale. Un des deux médias sera forcément perdant. Or pour l’instant la TV offre aux annonceurs un cadre “cohérent” pour la pub, des audiences mesurées de façon précises et massives à un instant donné. La TV reste encore un grand lieu de rassemblement et de spectacle et à ce jour il n’y a rien de véritablement équivalent sur l’Internet. Financement du Web 2.0 actuel ou des retraites ? Même combat !

Alors peut-on imaginer une seconde que tout cela s’arrête du jour au lendemain ? Les huissiers débarquent chez Facebook, Twitter, nombre de plateformes de blogs ou de partage de vidéos, comme Dailymotion (CA 2007 4,7 M€ pour 14 M€ de pertes)… pour tout saisir (si il y a quelque chose à prendre…) afin de tenter de récupérer les centaines de millions, voire les milliards, si on cumule tous ces investissements qui ne rapportent que des pertes, car les financiers ont besoin de récupérer leur cash. Un mouvement de repli classique, avant le patatras… C’est précisément parce que ce scénario semble tellement fumeux qu’un jour ça ne claquera pas. Ou pas ?

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23 Responses to “Et si le web 2.0 faisait faillite ?”

  1. Edouard says:

    Très belle réflexion.

    Comme François, je n’écarte pas qu’un jour tout s’arrête net. J’en suis même persuadé.
    Ce n’est qu’une question de temps…

    Comme l’explique dans un récent article Laurent Francois (aka CiTiZeN L.) :
    “Dans notre économie de l’attention, tout va vite, trop vite sûrement. Tel un nid de guêpes sur un repère sucré, nous courons d’un sujet à l’autre sans avoir le temps de se poser.”

    Peut-être qu’un jour, les internautes auront tout simplement envie de se poser… et s’arrêteront naturellement de courir…

  2. Social comments and analytics for this post…

    This post was mentioned on Twitter by Elodiebc: Et si le web 2.0 faisait faillite ? http://bit.ly/4yXd55…

  3. Un constat imparable. “Trop d’utilisateurs, pas assez de cotisants : joli parallèle avec le système des retraites ! Nous sommes nombreux à nous poser des questions sur le “tout gratuit”.
    Pas seulement parce que la fragilité du modèle économique peut entraîner l’interruption de service décrite dans ce post, mais parce que cela participe à une profonde déformation des utilisateurs; la gratuité sur internet devient une culture, un acquis; une très mauvaise habitude. Personne ne se pose la question : “mais bon sang, qui paie tout ça, combien de temps cela peut-il durer ?” Quel ado acceptera à l’avenir de payer un abonnement pour un compte quelconque ?

    ON VEUT PAYER BON SANG ! Avant d’oublier qu’il est sain de faire du profit.

  4. “La TV reste encore un grand lieu de rassemblement et de spectacle et à ce jour il n’y a rien de véritablement équivalent sur l’Internet”

    L’équivalent ne serait il pas simplement Internet dans sa globalité ?

    Les Français consacrent en moyenne 2 h 17 minutes chaque jour à surfer sur le Web pour leurs loisirs, selon une étude de l’institut GfK. Soit 50 minutes de moins que le temps passé à regarder la télévision, et 50 minutes de plus que l’écoute de la radio.

    Et très prochainement, je suis sûr que le média Internet passera devant la télé…

    Sans parler du jour où la télé sera vraiment sur Internet…

  5. imposture says:

    bruno benchetrit > Thk’s. L’autre soir j’ai un documentaire sur Arte (je crois) consacré au NSA, une des agence qui se tire la bourre avec la CIA et le FBI. Je rappelle que sont juste les grandes oreilles des US. À un moment ils ont montré une infographie 3D de la terre montrant l’Internet en Vrai, c’est à dire les tuyaux. Qui paie tout ça ? qui entretient tout ça ? qui contrôle tout ça ?…

    C’est tout.
    ;-)

  6. Antoine says:

    Jolie réflexion. Le pire c’est que les quelques revenus issus de la publicité ne marchent pas vraiment puisqu’aujourd’hui de plus en plus de monde utilise adblock qui nous retire les publicités !
    Il faudrait que les annonceurs paient pour des publicités qui ne s’afficheront pas…

  7. florent dubos says:

    Très jolie réflexion bien argumentée (cf. les retraites), même si quelques remarques semblent un peu rétro (grade), notamment tout ce qui touche à la communication « normale ».
    C’est la normalité qui change, pas le besoin vital de communiquer… voir à ce sujet le très bon papier de Danah Boyd http://electronlibre.info/Danah-Boyd-On-apprend-a-etre,00555
    Mais oui les bulles existent, les immobilières, les vertes, les internet, les 2.0 demain peut-être… Mais les milliards partis en fumées en 2001 ont-ils empêchés le formidable développement des usages et du business en ligne ?
    Le 2.0 a crée une quantité d’usage quasi addictifs, les revenus sont certes encore balbutiants mais ils sont là http://www.lefigaro.fr/web/2010/01/09/01022-20100109ARTFIG00682-les-annonceurs-se-ruent-sur-facebook-.php…
    Facebook chutera peut-être comme Napster jadis…mais ça chute n’a pas enrayé l’explosion du PtoP…
    Personnellement je doute que la fin de Facebook ou de Twitter entraine la chute des usages qu’il a contribué à installer…

  8. imposture says:

    Florent Dubos > Merci. C’est vrai que je reste attaché à la communication “normale” car elle occupe l’essentiel de notre vie : travail, commerce, amour, enfants, famille, amis (en chair et os), etc. Ce qui m’attriste en fait ceux sont les personnes qui ne communiquent que par le réseau. Des usages addictifs, comme vous dites, probablement liés à cette valorisation du moi, de l’égo, etc. entretenue, entre autres, par les blogs, facebook, etc.
    Je vous rejoins intégralement sur la fin de votre commentaire. Je crois, par la force de la raison économique, à la fin des facebook et autres twitter tels qu’ils sont aujourd’hui et vers une nouvelle forme et consommation “rationalisée” des technologies du Web 2.0 qui sont effectivement formidables. Ce blog et les échanges qu’ils génèrent en sont une démonstration sympathique…

    Pierre DREULLE > Bonne question ! Justement dans ma note de ce jour sur mon blog consacrée à l’histoire de la Pub par Mark Tungate, je souligne le fait que dans toute l’histoire des médias, aucun nouvel entrant n’a jamais intégralement tué un autre. Du coup, question : et si en fait Internet n’était pas un média ? Je me suis exprimé sur le sujet ;-)

  9. tangi says:

    Je vous rejoins sur votre analyse. La tendance étant, à peu de choses près, “j’ai du cash, je le flambe, et il y aura bien un investisseur qui comblera les nouveaux besoins par la suite”, il est clair que l’on va dans le mur. Et on ne parle que rarement des “morts du web 2.0″. http://fr.techcrunch.com/2009/05/17/le-web-20-nest-plus-ce-quil-etait/

    Une grosse différence que je vois entre la tv et le web, c’est le nombre d’acteurs. Aujourd’hui les milliards des budgets pubs sont positionnés sur 3 grandes chaines généralistes (TF1-F2-M6), si ils venaient a être transféré aux web (ce qui me semble possible), il restera difficile pour chacun de vivre.

    Rue89 , avec ses 1.5 millions de pages vues, a du mal vivre, …

    Le problème de l’internaute payeur, c’est que ce dernier n’ est pas prêt (à mon avis) à passer à la caisse pour utiliser un facebook, un twitter. Mise à part la poigné de super geeks que nous sommes, peu de monde a conscience que l’entretien de si grosses machineries a un coût. Il n’y a qu’à voir les messages d’insultes qui foisonnent sur Deezer à propos de ses publicités sonores …

    Et comme cela fait maintenant près de 10 ans que nous nous sommes habitués à dépenser notre argent dans du matériel (iphone, ipod, ordi portable, notebook, bientôt les tablettes) et non dans du service (piratage, échanges de fichiers musicaux, téléchargement de films, facebook, skyblog, …) – mise à part la téléphonie – j’imagine que les mentalités auront du mal à revenir en arrière sur ces acquis.

    Qu’allons nous devenir …
    Comment travailleront les prestataires de services (hébergement, bande passante, électricité, …) avec ces nouveaux gouffres à impayés ?

  10. bulle says:

    A la base ces outils tablent sur le fait que les « abonnés » à un groupe, « fan » d’une entreprise ont choisi eux-mêmes de recevoir l’information. Mais encore faut-il que l’information qu’on leur adresse soit pertinente (sinon il suffit de masquer le mauvais communicant, ne pas répondre aux événements).

    Je ne vois pas trop comment Twitter pourrait générer de la valeur, mais Facebook me semble quand même différent. Son modèle économique n’est pas clair c’est vrai. Mais faut-il voir macro ? Pourquoi est-ce que ce serait aux utilisateurs de payer, ou aux grands groupes ? Je pense au « long tail effect » et à l’outil « événement » de Facebook . Très terre à terre : pour moi, Facebook c’est l’outil de communication de proximité par excellence.

    Pour de nombreuses petites entreprises de proximité (des bars pour ne pas les nommer), qui organisent des événements, ou des groupes de musique, la fonction « événement » est porteuse de valeur. Vous pouvez vous inscrire et vous savez qui vient ! Vous pouvez y inviter vos amis aussi. Qui parle encore de rester chez soi ? Le lien social y est. Un outil merveilleux pour tous les bars locaux ! Ne croyez-vous pas qu’ils seraient prêts à payer pour lancer leurs événements sur Facebook ? A voir comment ils remplissent leur boutique ces jours-là, bien sûr que si ! Cela leur permet aussi d’évaluer le nombre de clients et clients potentiels. Il devrait y avoir de quoi générer du business pour un coût bien plus faible que celui d’une publicité, avec bien plus d’efficacité que la revue du journal local.

    Alors n’y a-t’i l pas de valeur financière derrière ces outils ? Je pense que si, mais la difficulté est de l’évaluer.

  11. tangi says:

    Bulle, l’idée du réseau de proximité est intéressante. Mais ce n’est pas une inclinaison mise en avant par Facebook. Il y a des sites tournée “évènementiels” bien plus lisibles!

    Certes, ils n’ont pas la même audience. Aujourd’hui je crois plus en une application FB véritablement taillé pour ce besoin, qu’a la fonctionnalité native de FB.

  12. martin b says:

    Quid du modèle Google ??? C’est pas le roi de la gratuité lui aussi ??? Pourtant,Y dérident pas leur Big Smile chez Larry.

    Tous leurs services sont gratuits (search, mail, earth, maps, Android…). Une question alors : vendent-ils des services payants aux entreprises ?

    Appâtent-ils le chaland par la gratuité pour vendre ensuite des services pro payants (un peu comme Microsoft ou Adobe qui “distribuent” Word et Photoshop aux étudiants…qui ensuite ne pourront plus passer dans leur vie pro. Savez-vous combien sont facturées les licences d’exploitation aux entreprises ? Un paquet je pense.)

    Ainsi, à quand des services Facebook premium/payants destinés au monde de l’entreprise (dans le domaines de RH par exemple) ?

    Pour finir, celui qui me semble le plus mal barré : l’inrentable myspace et son graphisme préhistorique. Plus beaucoup de temps à vivre pour le premier des réseaux sociaux “massifs”.
    Belle ironie.

  13. tangi says:

    Martin, je pense que le cas de google est un peu différent. Il marche plus comme une régie publicitaire, que comme “un service web 2.0″ me semble t il non ?

    Le moteur de recherche est une porte d’entrée incroyable qui génère un trafic monstre et permet de proposer un certain nombre de publicités bien placées.

    Derrière Adword ce positionne sur de nombreux sites et capte une partie de l’audience de ces dernier.

    Et il gagnent tellement d’argent avec ce binôme, qu’il investissent de nombreux secteurs, en ce distant qu’un jour, il s pourront le monétiser.

    Du coup, google en terme de revenus, est avant tous dans une dynamique de vendeur de publicités (bien qu’il cherche à capter toujours plus d’audience vers ses services et à faire rester le plus longtemps possibles les utilisateurs sur ses pages, à l’inverse de sa politique précédente – l’info devait être trouvée le plus rapidement possible, le visiteur devant quitter la page le plus vite possible).

  14. A vous lire on a l’impression que vous regrettez ce vieux monde où la télévision et la presse dominaient encore les opinions et rassurait les annonceurs.

    Quel dommage en effet pour ceux qui avaient leurs habitudes qu’internet arrive et bouleverse la donne en favorisant toutes les intermédiations.

    Pour autant, c’est un progrès formidable que vous semblez renier.

    Bien sûr, même ce qui est gratuit a un coût, mais vous ne pouvez pas dire que ce qui est gratuit n’a pas de valeur.

    Combien seraient prêts à donner beaucoup pour revoir le sourire (pourtant gratuit) d’un être disparu ?
    Un compte Facebook ou Twitter est gratuit, mais il vaut beaucoup pour certaines personnes.

    Même si vous ne tenez pas compte de la valeur de ces stars du web du point de vue de leur influence, je vous rejoins sur le fait que ces sociétés sont d’autant surévaluées qu’il est très facile de switcher d’un jour à l’autre. (tout comme chacun peut utiliser autre chose que google pour chercher sur le web).

    La clé, c’est d’être la référence sur un point donné, c’est là qu’est la vraie valeur ajoutée. Et même si votre service est gratuit, vous arriverez toujours à monétiser un second service qui soit en mesure de financer le premier. (d’ailleurs twitter est déjà break even).

    Vous devriez prendre connaissance des travaux de Chris Anderson sur le sujet (économie du gratuit).

  15. imposture says:

    Olivier Bauchat > Je ne (re)nie en rien les progrès apportés par l’Internet. Loin de là ! J’en suis même un grand consommateur, bien que je me sois calmé. (la première version de mon Paravent Suédois date d’octobre 2004…).

    Dans mon billet je porte juste une lecture «comptable» du fonctionnement des entreprises leader du Web 2.0, essentiellement Facebook et Twitter qui sont tout de même les «moteurs» de l’Internet actuel avec leur extraordinaire capacité à faire circuler de l’information. De fait je ne porte pas dans ce billet de jugement sur le contenu et sa valeur, qui, effectivement, est loin d’être gratuite dans certain cas.
    En parlant de circulation de l’information, je ne regrette pas spécialement le «Yalta» passé entre la presse et la TV. Car bien avant l’arrivée de l’Internet, la «circulation circulaire de l’information» qui caractérise le Web 2.0 à coup de link, RT, RSS et Follow… était déjà une maladie des médias.

    Quant à Chris Anderson, j’attendais qu’on me le cite. Je suis dans la lecture de son livre Free. C’est passionnant effectivement avec ses bascules économiques free/premium. Il fait des parallèles avec les intrants de l’agriculture, de l’industrie… et du Web. Des analyses passionnantes, souvent justes, mais… J’y réfléchis et si Nicolas est d’accord, je lui proposerai un autre «Et si…»

  16. [...] sociaux en cause et ils ont raison car qu’est-ce qui les maintien économiquement parlant (ici) [...]

  17. Viking says:

    Ben tu es en plein dedans ..puisque Deezer dépose le bilan

  18. imposture says:

    Kapecom >thk’s

    Viking > Pas tout à fait. Il y a un changement de boss chez Deezer. Les actionnaires commencent à faire la gueule… La situation n’est pas très brillante : 6M€ de CA 2009 et 3 M€ de pertes (à additionner avec les pertes précédentes…) – sources Challenges.
    Sympa ton blog…

  19. [...] L’Arganier), avait déjà fait un tabac le mois dernier sur ce blog avec son post “Et si le web 2.0 faisait faillite ?“, qui avait été élue “Idée de la semaine”. Il récidive ce mois-ci en nous [...]

  20. [...] surprenantes et discrètes. Et surtout pour Dailymotion, qui doit se taper comme ses alter-egos une gueule de bois 2.0 et être acculé au matraquage publicitaire pour faire rentrer de l’argent dans ses [...]

  21. magasin bio says:

    twitter est valorisé à 8Milliards de dollars alors qu’il fait un CA de 150 millions, cherchez l’erreur.

  22. [...] déjà la thèse que défendait sur ce blog François Roque dans son post de janvier 2010  “Et si le web 2.0 faisait faillite ?“… Share [...]

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