Pour cette 15 ème tentative d’ascension #EnHautDuCocotier (qui, je vous le rappelle, en comptera 20), nous accueillons, une fois n’est pas coutume, une fiction (réaliste ?) signée Sophia Burnett, (@lovelybard sur Twitter). Bien que d’origine anglo-saxonne, Sophia nous livre en langue Française (mâtinée d’anglicisme), une réflexion sur le rôle de l’affichage dans la ville et son évolution possible. L’approche très anticonformiste, poétique, et utopique d’”affichothérapie” de Sophia sera t-elle récompensée ? J’y vois pour ma part à minima une métaphore incitant à une qualité toujours plus grande de la création affichage, et, pourquoi pas, l’occasion d’une prise de conscience du service rendu par la publicité (de la gratuité des journaux, de la radio, de la télé ou des services internet, en passant par les services urbains financés par l’affichage, tels les abribus ou les vélibs pour ne citer qu’eux…). Je ne doute pas qu’un publiphobe invétéré y verra, lui, la preuve ultime de la manipulation publicitaire !
Quoi qu’il en soit, pour dépasser @MathieuFlex Le Publigeekaire #EnHautDuCocotier, il faut, pour ce post, mobiliser plus de 3 567 visiteurs uniques entre 9h et minuit aujourd’hui…
Et si les affiches 4×3 nous faisaient du bien ?
L’histoire : David est un “digital native”, c’est-à-dire que ses souvenirs technos les plus lointains n’incluent jamais le fait de rembobiner une cassette audio avec un stylo Bic. David est responsable de rayon à la FNAC (si si, il en reste quelques-uns), et se déplace de ce fait quotidiennement entre son studio Porte d’Italie et son travail Place des Ternes.
Lorsque David est connecté, sa relation avec le monde des annonceurs est gratifiante, au sens propre. Via le web, David entretient un relationnel symbiotique avec diverses marques qui, en échange de son attention, lui permettent d’accéder aux services et contenus qui lui procurent du plaisir. Ainsi tous les soirs David supporte la voix faussement juvénile de la fille qui veut lui faire acheter du maquillage chez Monoprix, en échange de quelques heures de bonheur à flâner parmi les millions de titres du catalogue Spotify.
Pareillement, afin de découvrir comment l’étonnement souple Kirsty va faire briller la clef de douze d’un garagiste brésilien, David supporte un gros pop-up animé pour Le Salon du Mariage (et du pacs).
Et c’est sans parler de toutes les applications version Lite qui remplissent son iPhone. David s’endort ainsi satisfait de ne pas avoir été pris pour un Américain.
But the sun also rises. David va au travail.
Il prend le métro.
Le métro lui coûte plus de 60 euros par mois et David se demande quel rôle jouent les big affiches qui sont partout, dans la dite symbiose qu’il apprécie tant par ailleurs? À part quelque bancs gracieusement offerts par JC Decaux, aucun*. Il n’obtient rien en retour de leur omniprésence.
En marchant dans la rue, d’énormes affiches attirent son regard pour lui vendre des biens, mais en échange de quoi ? Le fait de pouvoir aller vers son lieu de travail ? Se faire traiter d’en***é par un type saoul ? Respirer de l’air pollué Indice 6?
L’idée : Des affiches scientifiquement thérapeutiques.
Il y a deux ans j’ai tourné autour d’une idée que j’avais appelé ‘Medimages’, des films de cinéma qui seraient des séances de remise en forme passive, en alliant fréquences sonores particulières, luminothérapie, et chromathérapie. C’est parti d’une réflexion simple. Si l’ingénieur du son du film Irréversible (Gaspard Noé) peut mettre une salle dans le malaise en jouant sur une fréquence précise – je cite DTS “Un gigantesque bloc de basses fréquences, soigneusement calibré à 27 Hz (fréquence notamment utilisée par la police américaine afin de calmer les manifestants…), et dont les effets se ressentent à un niveau organique”, et bien le contraire devrait pouvoir exister également; réversible, donc
.
-Mais dis-moi, tu pètes la forme!
-Normal, je viens de me faire vingt minutes de l’affiche Ikea. Hahahaha.
Les affiches LCD Samsung ont investi le métro récemment, et je pense qu’elles pourraient déjà, en l’état, émettre des pubs du style Médimages. À l’avenir, qui sait, peut être que les affiches 4×3 du métro et du RER pourraient êtres conçues de façon à améliorer la santé des voyageurs qui attendent sur le quai.
Imaginez une population urbaine soignée au jour le jour! Ce serait une véritable révolution. Un effet de Pavlov très positif.Le passant devient ‘utilisateur’ et, en échange du fait qu’il regarde la publicité, il reçoit en retour une thérapie audiovisuelle qui lui ralentit son rythme cardiaque, augmente le taux d’oxygène dans son sang, et favorise la sécrétion d’hormones analgésiques et euphorisants comme les endorphines.
Ainsi, la marque est non seulement reconnue, mais profondément associé au bien-être du futur client. Évidemment si mon utopie venait à exister il faudrait un observatoire pour veiller à ce qu’on ne juxtapose pas des images choquantes à Medimages, afin d’éviter que David ne se sente bien que lorsqu’il voit des bébés phoques abattus sur une banquise.
I’m sure it’s a killer idea, the only problem might be dragging people away from them
-Si je ne me fais pas un Balard – Créteil par jour je me sens pas bien !
Sophia Burnett
*Pour être tout à fait honnête, je ne peux omettre de citer le fait que JC Decaux a investi 80M d’euros dans le projet Vélib, qui n’aurait sans celà peut-être pas vu le jour … Ceci étant dit, David s’en fiche, il est vélociphobe
NDLR : Sophia Burnett a eu un parcours atypique : d’abord danseuse professionnelle partout dans le monde, elle s’installe à Paris et poursuit ses études au Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle (Sorbonne Paris 1), où elle obtient un prix du CNC pour son premier scénario de long métrage “Corps Etrangers”. Elle devient alors scénariste pour des longs métrages. Elle est aujourd’hui entrepreneur internet, avec un projet web et mobile pour les 12/25 ans, qui verra le jour en mai 2011. Vous pouvez retrouver Sophia sur son blog (cliquer ici) et sur Twitter (@lovelybard).
Une idée douce, pleine d’efficacité potentielle, un texte joliment stylé, clair, enjoué, cynique light, sans bavardages. Chapeau.
Au delà du simple affichage 4X3 cette idée de thérapie audiovisuelle devrait être (et est déjà) appliquée à l’architecture même de ces lieux.
Le métro ayant une vocation utilitaire (passer rapidement d’un bout à l’autre de la ville), difficile d’imaginer Harold rester 20 minutes devant l’affiche Ikea, au milieu des flux de travailleurs pressé.
Néanmoins on pourrait imaginer un système d’éclairage (ou autre) qui viendrait étendre cette idée de luminothérapie (par exemple) à l’ensemble même du réseau. On a eu des coups ponctuels RATP/Ikea, mais a quand un partenariat constructif Philips-RATP?
@eskwaad Merci d’avoir ouvert les commentaires avec élégance:-)
@ LudoHal
Merci pour ton commentaire.
Le métro est certes un lieu de passage, mais également un lieu d’attentes cumulées. La blague de l’affiche Ikea grossissait le trait pour le plaisir de la formule. Je pense que justement une thérapie de ce genre serait intéressante parce que quotidienne. On parle de ‘cumuler le stresse’, là ce serait cumuler du bien-être, petit à petit au détour des couloirs de métro
Complètement d’accord avec ton idée de partenariats comme Philips/RATP, pour l’amélioration du quotidien urbain, mais l’intérêt du coup pour la marque n’est pas aussi évidente ; et on parle là d’investissements qui sont particulièrement importants… Avec un système comme celui que j’ai évoqué, l’innovation thérapeutique s’adapte à un modèle de communication existant qui a fait ses preuves…
…and if the ambient air was mainpulated to caress and massage the commuter’s face like a butterfly’s wing…
J’aime définitivement la plume de Sophia!
Article tres interessant… et exellente idee qui, je l’espere, verra le jour a l’avenir! Pourquoi ne pas coupler ce systeme a une diffusion tres discrete d’huiles essentielles relaxantes pour booster les endorphines?
Ci-joint un lien interessant sur la publicite et ses nouveaux moyens pour cibler les enfants (et leur parents). Pas mal…
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/index.php?id=97159
Diffusion d’un docu sur ce theme Dimanche 7 Nov sur France 5 a 16H40 et 20H35
Voilà quelqu’un qui a de “l’imaginatiotherapie” (Imagination qui fait du bien)…
Il faudrait adapter cette idée, aux journaux, à la radio, à la télé, et même chez les pervenches… Parce que franchement, je ne les aiment pas du tout…
Et un partenariat avec Bergère de France ou Phildar/RATP… ? #privatejoke
Excellente idée! Des affiches tactiles dans le sens original du terme. Doux au toucher
Des affiches que l’on peut câliner.
Je m’arrête là…
Thanks François
Bartle – That sounds positively delightful!
@Bartle
That sounds positively delightful!
Nicolas –
Mamma Mia! tu me fais très plaisir en commentant mon post
Très bonne fin de soirée à toi. x
Regassem – Les huiles essentielles en sus, oh oui, on s’approche du spa souterrain !
Merci pour le lien que je regarderais avec intérêt ainsi que le documentaire
@ Seb Storch
Merci pour ce commentaire qui fait du bien (comme les autres d’ailleurs) à mon ego
Je vais réfléchir à la problématique des pervenches…cela pourrait fonctionner si on parvenait à les faire émettre des fréquences sonores particulières…
Super post! J’adore l’idee!!!!! Comme avec le Velib, on va vers le bien-etre deja slowly slowly sans le Medimages. L’ambient contribue des fois au bien-etre comme quand Ikea avait re-amenage une station de metro avec des canapes, lampes etc…
#iLike
Merci beaucoup @AlisonLehr +1 follower