Et si notre dette était arrivée à échéance ?

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“Le chaos est là, juste devant nous !” nous dit Jacques Attali ce matin dans le Journal Du Dimanche, dans une prophétie dont la valeur auto-réalisatrice ne peut manquer d’inquiéter ! Alors que les crises de la dette publique et de la dette privée occupent les esprits des Etats européens et américain, le #JourDuPenseur est consacré cette semaine à une personnalité qui alerte l’opinion depuis 20 ans sur cette problématique de la dette : François de Closets. Dans son dernier ouvrage L’échéance, co-écrit avec Irène Inchauspé,  journaliste financière au journal Challenges, il poursuit son appel pour une politique budgétaire qui échappe à notre habituel clivage gauche-droite mais surtout pour une politique qui cesse de reposer sur toujours plus de dette.

1926518-2645777Cette notion de « toujours plus », titre de son fameux  best-seller des années 80, François de Closets la combat depuis le milieu des années 70. Journaliste et écrivain, homme de télévision, il a longtemps écrit dans les grands titres de la presse française comme L’Express, feu L’Événement du Jeudi, ou encore Le Nouvel Observateur. Spécialiste des questions scientifiques notamment au sein de la revue Sciences et Avenir, il s’est ensuite ouvert à l’économie et à la santé. Très médiatique, François de Closets est un “bon client” pour des médias soucieux de vulgariser certaines questions scientifiques ou économiques. Toujours pédagogue et empruntant ou critiquant à la fois aux politiques de gauche et de droite, l’écrivain tente de s’extraire des idéologies partisanes pour comprendre comment on en est arrivé à cette situation. Et le succès qu’est en train de connaitre ce livre exprime surement la nécessité pour nous tous d’essayer de comprendre et de répondre, indépendamment de notre couleur politique, à certaines questions imposées par ces crises.

couverture L'EchéanceDans “L’échéance”, François De Closets revient sur le budget de la France ces vingt dernières années et la responsabilité des politiques qui selon lui, ont été impuissants à gérer les finances du pays et sont tombés dans une sorte de dérive, dans le « piège de la dette ». Le livre passe ainsi en revue tous les récents évènements économiques : euro, produits financiers complexes, dérégulation, finance incontrôlée. Et  appelle à certaines évolutions afin d’ « éviter que la France se trouve prise au piège de l’échéance : note dégradée, taux d’intérêt qui s’envolent, effet boule de neige, mise sous tutelle du pays et explosion sociale ». De Closets renvoie les origines de l’actuelle crise économique et financière au début des années 70 avec alors la rupture de tout lien entre le dollar et l’or et la flottaison des monnaies. Pour lui, c’est bien à ce moment-là que les banques on commencé à spéculer sur les marchés et que les produits complexes, telles que les techniques de « hedging » et autres moyens de spéculation sophistiqués, sont apparus et ont fini par se généraliser, et provoquer deux crises qui se conjuguent : celle des finances publiques et celle de la finance privée, formant une sorte de « machine infernale ». Le titre du livre, L’Echéance, signifie que pour de Closets, nous sommes arrivés à l’échéance du surendettement des Etats, et du notre en particulier. Pour François de Closets : « L’échéance ! Nous y sommes, comme tous les pays surendettés. Mais nous ne voulons rien voir. La pression des marchés financiers fera voler en éclats les programmes électoraux et imposera une tout autre politique. Pas d’illusions, elle exigera « du sang, de la sueur et des larmes ». Ce peut être l’occasion de redresser la France comme en 1945. ». C’est pourquoi l’auteur prône de jouer tout à la fois sur les prélèvements et sur les dépenses de l’Etat. Il convient d’après lui d’exercer une remise à plat de notre système fiscal pour « prélever mieux ». Car si notre taux moyen d’imposition de 43% est pour lui convenable compte tenu de la qualité de nos services publics, ce système doit en revanche cesser de permettre des exonérations fiscales pour les plus riches, considérées comme « abusives » par l’auteur. Il défend aussi une meilleure organisation de la lutte contre les abus vis-à-vis du système de protection sociale. En ayant en tête un double souci : l’efficacité économique et la justice sociale, l’enjeu est, selon l’auteur, d’insuffler un dynamisme tout en redressant nos finances. Même si les problématiques monétaires, particulièrement complexes, sont en revanche peu abordées dans cet ouvrage plutôt généraliste, François De Closets, réfléchissant tous azimuts, appelle aussi à une orientation scolaire qui soit plus en adéquation avec les compétences recherchées par l’économie, parle des relations interentreprises, ou encore de notre capacité productive qui aurait besoin selon lui d’être restaurée. Selon lui, « il va nous falloir prendre des décisions radicales, révolutionnaires parfois. Interdire les déficits et accroitre l’investissement, surtaxer les hauts revenus et contrôler les prestations sociales, briser l’économie de spéculation et soutenir l’économie réelle, défendre les droits des jeunes et pas seulement les droits acquis des aînés, imposer une réglementation plus stricte à l’activité bancaire comme au droit de grève, renforcer les syndicats et favoriser les entrepreneurs… ». Bref, opérer une révolution culturelle pour repartir sur de nouvelles bases et entrer enfin dans un nouveau monde de « croissance qualitative », et non plus quantitative.

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One Response to “Et si notre dette était arrivée à échéance ?”

  1. Agnes says:

    Inciter les politiques à ne pas faire de la démagogie en période électorale, on ne peut qu’être d’accord ; de plus, cela redonnerait de la crédibilité aux candidats, sans compter qu’en plus les électeurs n’auraient pas le sentiment d’être pris pour des idiots…

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