La rubrique dominicale #JourDuPenseur accueille aujourd’hui Olivier Poivre D’Arvor pour son dernier livre intitulé “Bug made in France – ou l’histoire d’une capitulation culturelle”, un texte vif et tranchant qui confine au pamphlet, dont on peut simplement regretter que le brillant constat ne débouche pas suffisamment sur de véritables propositions structurées et concrètes.
Olivier Poivre d’Arvor, frère de Patrick, est un écrivain et diplomate français âgé de 52 ans, actuel directeur général de France Culture (depuis septembre 2010). Après un DEA de philosophie, il est devenu conseiller littéraire et directeur d’une troupe de théâtre. Lauréat d’une bourse à la Villa Médicis , il exerça ensuite différentes activités dans le réseau culturel Français à l’étranger (Alexandrie, Prague, Londres). Il est l’auteur de nombreux livres dont les plus connus sont : Le Voyage du fils, Courriers de nuit, Coureurs des mers, Pirates et Corsaires ainsi que Le monde selon Jules Verne. En 2007, il intègre le Quai d’Orsay. Après avoir été pressenti pour la Villa Médicis, il accepta de succéder à Bruno Patino à la tête de France Culture.
Dans “Bug Made in France”, Olivier Poivre d’Arvor nous livre une analyse particulièrement noire de la bataille culturelle perdue par la France (mais aussi par l’Europe) face aux Etats-Unis, qui possèdent désormais la maitrise de la culture mondialisée : “Nos élites ont préféré garder le contrôle de la connaissance plutôt que d’accompagner la véritable révolution de l’accès à la culture… Nous sommes arc-boutés sur la seule conception artistique de la culture, désintéressée, passéiste, génératrice d’un mépris pour les liens entre la création, l’économie, le marché, les sciences , les industries et les technologies”. Il constate notre “capitulation culturelle”, qui nous confine à la “muséification”, dont il pense que les Français sont les premiers responsables, et dont l’un des symptômes est la diabolisation d’Internet : “La France est devenue un magnifique musée…tenu de main de maitre par des “conservateurs”, non de profession, mais de conviction”. Il nous rappelle que l’enjeu est considérable : ” A l’heure où les frontières physiques et les vieilles dichotomies entre le noble et l’illégitime, l’art et le commerce sont bel et bien tombées, la culture est devenue en vingt ans, un enjeu économique comme géopolitique majeur… la culture est une matière première… C’est assurément le soft power qui fera la différence entre les nations dans les années à venir”. L’auteur partage le point de vue de Mario Vargas Llosa sur ce qu’il appelle “les déplorateurs” : ” la menace qui pèse sur Flaubert et Debussy ne vient pas des dinausores de Jurassic Park, mais de la bande de petits démagogues et chauvinistes qui parlent de la culture française comme s’il s’agissait d’une momie qui ne peut être retirée de sa chambre parce que l’exposition à l’air frais la ferait se désintégrer…(alors que) les cultures n’ont pas besoin d’être protégées par les bureaucrates… Elles doivent vivre à l’air libre, être exposées aux comparaisons constantes avec d’autres…”. C’est pourquoi, Olivier Poivre d’Arvoir nous appelle à résister, et propose “de placer de manière urgente notre langue et notre culture au rang des grandes causes nationales, au lieu de nous torturer à chercher le sens de notre identité nationale”. Il appelle de ses voeux une “véritable politique culturelle 2.0 dont nous avons tant besoin”, qui mette fin à l’antiaméricanisme pavlovien, tout en investissant dans la diversité culturelle, et la défense des cultures en péril, tout particulièrement en Afrique, dans une démarche économique et industrielle qui ne se contente pas de la “diversité culturelle officielle” : ” Que peuvent les mots des diplomates face aux réalités industrielles ?”. Il nous faut sortir de notre isolement culturel, en ouvrant la culture à tous les autres domaines (innovations économiques, technologiques, sociales), dans une acception moins élitiste : il faut que “la culture soit un bien commun et non un “chacun pour soi”. Il nous faut remettre la pratique culturelle au coeur de la pratique économique, développer une véritable industrie de la connaissance et considérer la création comme un moteur du changement et comme générateur d’emplois et de richesse. A nous de participer collectivement, à cet indispensable transformation ! Et si on avait la culture qu’on mérite ?
” Il nous faut sortir de notre isolement culturel, en ouvrant la culture à tous les autres domaines (innovations économiques, technologiques, sociales), dans une acception moins élitiste.”
Que’lqu’un m’a dit quand je suis allé à Paris l’an dernier que Paris était le plus grand et le plus ancien musée dans la France.
J’ai vu que vous avez des musées où les descriptions des tableaux sont en français seulement ; tant pis pour nous qui ne comprendons que l’anglais. (Mais je dois avouer que j’étais heureuse : un an d’étudier le français n’est pas mal, après tout)
Cependant je pense que vous avez des autres choses culterelle à part des musées ; la fête de la musique, par example, qui nous avons aux Philippines aussi grâce à l’Alliance Française de Manille. Ce n’est pas trop tard pour la France
La France a une trés grande opportunité de se repositionner comme le joyau de l’Europe car l’attractivité de sa rivale, l’Angletterre est au plus bas.
Le banker bashing (justifié) pose des questions sur l’avenir de Londres comme ‘ banker land’.
Ici l’ambiance est celle d’une économie post guerre…et cela ne fait que commencer car les coupes budgétaires n’entrent en effet qu’en Avril.
Un sentiment protectioniste est de façon évidente entrain de gagner bcp de terrain.
Et ça va être d’une violence inimaginable!
Ce n’est pas trés élégant de profiter d’un rival à terre .. but Hey!!!
*comprenons – obviously i still have a lot to learn, haha
Bonjour,
le 3 février a eu lieu à l’Unesco une journée d’étude sur le concept “d’Intelligence culturelle”, concept qui tente de répondre à cette problématique.
http://intelligenceculturelle.wordpress.com/
Cordialement
Pierre Gueydier