Et si on partait dès que possible en vacances en Tunisie ?

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Au moment où on annonce l’autorisation de reprise du tourisme en Tunisie, j’ai reçu un mail de Cédric Mallet me proposant de relayer le post ci-dessous qu’il venait de publier sur son blog. Je le fais avec d’autant plus de plaisir que j’avais également cette idée en tête : le meilleur moyen d’aider les tunisiens aujourd’hui, et les égyptiens demain, comme l’expliquait dans le Journal Du Dimanche le Ministre du Tourisme tunisien, c’est d’apporter des devises en contribuant à la relance du tourisme. Alors, rendez-vous à Djerba ?

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Non, je ne me suis pas transformé en Nicolas Bordas pendant la nuit. J’espère qu’il ne me tiendra pas rigueur, pour une fois, de lui emprunter sa formulation, mais elle exprime des rêves, et c’est un rêve que je veux partager ici. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai suivi les révolutions Tunisienne puis Egyptienne via les réseaux sociaux, et en particulier Twitter (mais aussi le live d’Al Jazeera ou du Monde). Comme beaucoup d’entre vous, je me suis enthousiasmé pour le courage de ceux qui osaient descendre dans la rue pour y essuyer des tirs à balles réelles, des coups de matraques ou des lapidations, confortablement installé dans mon canapé. Par mes retweets, j’espérais montrer mon soutien à ce monde Arabe qui a décidé de se prendre en main pour écrire son histoire, pour inventer le monde que souhaite le peuple, et pas celui de quelques dictateurs décadents. Mais ma participation a été bien futile, de même que celle de millions d’autres utilisateurs de Twitter ou de Facebook.

Je ne crois pas une seule seconde que les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur au cours de ces évènements. Peut-être ont-ils permis de donner un peu de courage aux vrais héros de ces révolutions, en leur permettant de constater qu’ils avaient le soutien de la planète entière, qu’ils incarnaient le monde de demain. Ou simplement les ont-ils aidés à faire circuler plus vite et mieux des informations. En revanche, je crois que maintenant, devant la tâche qui s’annonce, les réseaux peuvent jouer un rôle majeur. Aujourd’hui, l’Egypte et la Tunisie doivent se reconstruire. Ces révolutions marquent la fin d’une époque, mais sont surtout le début d’une Histoire avec un grand H. Je ne veux pas me mêler de politique, et encore moins de religion. J’ai eu le bonheur de voir, à l’occasion de ces révolutions, des images de fraternité qui m’ont tiré des larmes d’enthousiasme. Je ne sais pas ce qu’attendent les tunisiens et les égyptiens de leur monde de demain, la façon dont ils l’imaginent ou le rêvent. Nous n’avons pas à nous mêler de ça. C’est au peuple de le définir, ils en ont largement gagné le droit. Mais ce que je sais, c’est que la tâche qui les attend est immense. Ils ont acheté le droit de se construire ce nouveau monde au prix de la seule chose qui leur restait : leur sang. Mais que leur reste-t-il pour écrire l’histoire qui les attend ?

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Je crains que les économies de ces deux pays ne soient durablement perturbées. Il était facile d’être solidaire de ces jeunes avides d’avenir par Twitter, mais nous apprécions le calme et la quiétude de nos démocraties. Les troubles inquiètent, font peur, érodent la confiance. Et aujourd’hui, les entreprises étrangères qui pourraient investir en Tunisie ou en Egypte vont probablement être un peu plus frileuses. Les agences de voyage vont probablement proposer des destinations alternatives, plus calmes, pour éviter de s’exposer à des risques. Nos retraités à la recherche de vacances tranquilles vont peut être choisir d’autres destinations ensoleillées, le temps que la confiance revienne. Quand à nous, engoncés dans notre train-train quotidien, nous allons oublier ce qui s’est passé, lentement mais sûrement, pour revenir à nos préoccupations individuelles ou nous enthousiasmer pour d’autres sujets. Pourtant, c’est maintenant que ces peuples ont besoin de nous. C’est maintenant qu’ils ont besoin des moyens nécessaires pour construire le pays qui répondra à leurs attentes. C’est tout de suite qu’ils doivent affronter le risque que quelque diaspora fortunée et peu scrupuleuse vienne occuper l’espace laissé vacant, leur volant leur victoire et leurs espoirs. Et nous avons un moyen simple de les y aider, en retournant immédiatement passer nos vacances là-bas.

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Le tourisme est un élément fondateur de l’économie de ces deux pays. Il représente 7% du PIB de la Tunisie et 11% de celui de l’Egypte. C’est énorme. L’apport de devises que représentent nos vacances pèse lourd dans les ressources quotidiennes des ménages égyptiens et tunisiens. Mais au-delà de l’argent, c’est avant tout de confiance dont il est question. Nous avons l’occasion de les aider à restaurer la confiance du monde dans leur pays. Nous avons l’occasion unique de démontrer notre solidarité avec ces peuples, et d’envoyer par là-même un message aux entreprises, pour leur montrer que nous avons confiance dans ces peuples et dans l’avenir qu’ils vont préparer. Nous avons l’opportunité de démontrer à tous les peuples qui sont sous le joug d’un dictateur qu’ils peuvent espérer autre chose. Que l’après sera meilleur que l’avant. L’effort que nous avons à faire pour exprimer ce message est bien peu de choses en regard des enjeux, ou des efforts qu’ont dû faire ces peuples. Juste aller passer des vacances. Mais cela pourrait représenter tellement de choses pour eux et pour le monde. Aujourd’hui, la “communauté internationale” n’existe que par la voix de quelques hommes politiques de grandes puissances qui ne s’expriment qu’en termes aussi feutrés que les salons qu’ils fréquentent. Nous les avons choisis pour nous représenter, et il nous faut les assumer. Mais cela ne nous empêche pas de montrer qu’elle existe, cette communauté. Sans leader, sans maître à penser. Juste en utilisant les moyens d’aujourd’hui pour s’organiser, et en prenant des décisions très concrètes pour démontrer une seule valeur : la solidarité entre les peuples, sans aucune considération ni politique, ni religieuse. On dit souvent que le consommateur “vote avec ses pieds”. Est-ce que l’être humain est capable de faire la même chose ?

Je sais, je rêve. Ceux qui suivent ce blog savent que je suis un rêveur utopique. Et j’aime, à 40 ans passés, avoir gardé cette capacité à rêver. Je rêve que dès cet été, les hôtels d’Egypte affichent complet. Je rêve que des grandes fêtes soient organisées à Djerba où les peuples se mélangeront. Je rêve que des blogueurs et des twitterers de partout dans le monde organisent des voyages de groupe pour aller rencontrer leurs homologues de Tunisie et d’Egypte, pour mettre un visage sur ces pseudos qui nous ont tellement fait vibrer ces dernières semaines. Je rêve que les vacances en Egypte ou en Tunisie deviennent un trending topic tellement puissant que les médias du monde entier ne puissent que constater ce mouvement et le relayer : Nous avons confiance dans les peuples d’Egypte et de Tunisie. Que c’est bon de rêver. Il y a quelqu’un pour rêver avec moi ? Alors #GOEGYPT ! #GOTUNISIA !

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Cedric Mallet

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3 Responses to “Et si on partait dès que possible en vacances en Tunisie ?”

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Cedric Mallet et 9oul_com, nicolas bordas. nicolas bordas a dit: Et si on partait dès que possible en vacances en Tunisie ? http://bit.ly/hXbIKN #GoTunisie [...]

  2. Merci beaucoup Nicolas pour ce relais ;)

    Si parmi tes lecteurs, il y en a qui souhaitent faire circuler ce message, ou réfléchir à des moyens de faire des choses plus concrètes (on est en train de se creuser la tête ;) ), je viens de créer un groupe Facebook pour relayer ce message et identifier les supporters. A liker ici : Plan your next holidays in Egypt or Tunisia #GoEgypt ! #GoTunisia

  3. Sylvie says:

    Je viens de tomber sur cet article et parce que je viens d’arriver en Tunisie, hier après midi, je ne peux que vous dire que le soleil est au rendez-vous. Les marchés regorgent de fruits et légumes toujours aussi appétissants et gouteux !
    Mon conjoint est tunisien, et nous avions plannifiés notre voyage pendant les vacances scolaires bien avant les événements. Nous avons décidés de ne pas y renoncé… On a bien fait. Globalement, les gens ont peur encore, ils nous parlent facilement des 20 jours extremement difficile qu’ils ont vécu, retranchés pour beaucoup chez eux, en écoutant les tirs qui fusaient de partout. On croise quelques militaires et surtout les comissariats portent les stigmates de cette révolution, mais avant tout la vie reprend le dessus. Le sourire, l’accueil des tunisiens reste inchangés. I love Tunisia… Alors venez vite, vous aussi!!!

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