Et si on attendait 19h59 pour twitter les résultats ?

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Pour le retour de la rubrique hebdomadaire #JourDuPenseur de ce blog, j’ai décidé de m’attaquer à un sujet qui a interpellé cette semaine le fan de twitter que je suis. A l’heure de twitter (ou de Twouitte, comme dirait Jean-Pierre Elkabbach (cliquer ici pour ré-écouter son imitation hilarante par Nicolas Canteloup vendredi)), devrait-on impérativement respecter la règle (et la loi) qui interdit de donner les estimations des résultats avant la fermeture des bureaux de vote ?  Ou, au contraire, au moment où un certain nombre de twittos envisagent comme un jeu de diffuser l’information de manière masquée (cliquer ici),  doit-on considérer qu’il est vain de vouloir construire une ligne Maginot face à la circulation d’une information globale instantanée, et accepter la diffusion sur twitter d’estimations que certains allaient déjà chercher sur les sites d’information suisse ou belge lors des élections précédentes ?

12_3236Face à un tel dilemme, un éclairage philosophique s’impose. Je l’ai trouvé dans un très bon post publié par le pasteur Alain Houziaux, en 2007 intitulé “Faut-il avoir des principes ?”, où il nous rappelle que “Face à un dilemme moral, deux attitudes s’opposent : celle de l’éthique “déontologique”, qui privilégie les principes, et celle de l’éthique “utilitariste”, qui se soucie d’efficacité. Je reproduis ci-dessous les grandes lignes de ce post, que vous pouvez lire dans son intégralité en cliquant ici. “Les principes, ce sont des règles que l’on se donne à soi-même, à la différence des règles de la société, de la bienséance… qui sont plutôt des règles que l’on adopte. Et c’est pourquoi le fait d’avoir des principes peut vous inciter à transgresser règles et les lois de la société. Ce fut le cas pour Antigone, qui voulait que son frère fut enterré, en dépit des lois édictées par l’Etat. Avoir des principes, c’est avoir des règles qui vous dictent impérativement une ligne de conduite dans une situation qui vous place face à un dilemme. Prenons un exemple. Vous êtes officier et l’on vous demande de tuer vous-même un otage ; et on vous -assure que si vous le faites, on laissera la vie sauve à vingt autres. En revanche, si vous refusez, on passera par les armes les vingt et un otages. C’est le dilemme dit « de Touvier » ou « de Caïphe ». Touvier, lors de sa défense, a dit avoir accepté de tuer sept juifs parce que cela lui permettait d’en sauver un nombre plus important. Caïphe, de la même manière, a accepté de faire crucifier Jésus parce que, de la sorte, il pouvait empêcher une rébellion du peuple juif dont la répression par les Romains aurait entraîné plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de morts. « Il vaut mieux qu’un seul homme meure et qu’ainsi la nation soit sauvée. » (Jn 11,49-50). Face au « dilemme de Touvier », si, sans hésiter, vous refusez de tuer l’otage parce que, par principe, vous vous refusez à commettre un meurtre, quelles que soient les conséquences de votre refus, vous êtes un homme à principes de type « déontologique » (de deïn, lier, attacher). Si, au contraire, vous acceptez sans hésiter de tuer l’otage pour sauver les vingt autres, vous optez, par principe, pour le moindre mal et vous êtes un homme à principes du type « utilitariste ».

L’éthique « déontologique »

kador_verso_4La différence entre ces deux éthiques recoupe, en la radicalisant, la distinction entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. L’éthique « déontologique » se situe dans l’héritage de Kant. Pour Kant, le principe « tu ne tueras pas » doit être respecté de manière absolue, quelles que soient les conséquences de ce refus de tuer. C’est aussi ce que disent saint Paul (« Ne faites pas le mal pour qu’il en résulte le bien », Rm 3,8) et saint Thomas d’Aquin : « Il y a des actions que ni la bonté de la fin, ni celle de la volonté ne peuvent rendre bonnes. » (Somme théologique, 1a, 2ae, Q20, A2). Pour justifier son choix, celui qui refuse de tuer l’otage (même pour en sauver vingt autres) pourra faire valoir les points suivants : 1.chaque individu est une fin en lui-même. Il ne peut pas être instrumentalisé, même au service d’une cause généreuse. Sa vie, c’est sa vie à lui. Nul ne peut en disposer ; 2. il faut faire la distinction entre la responsabilité et la culpabilité. L’officier qui tue un homme pour en sauver vingt est coupable de la mort de cet homme. Celui qui refuse de le faire est seulement responsable de la mort de vingt hommes . En matière de vie humaine, les vies ne sont pas additionnables et le principe d’efficacité n’est pas applicable. Vingt vies, ce n’est pas plus qu’une vie. Vingt vies, c’est seulement une vie, une vie, une vie. Le problème que pose l’éthique « déontologique », c’est celui-ci : peut-on accepter qu’un acte qui est, en soi, vertueux (ne pas tuer) ait des effets secondaires néfastes (causer des morts) ? C’est le problème dit « du double effet ».

L’éthique « utilitariste »

John-Stuart-MillPour la théologie morale catholique (la casuistique), un acte moral qui a des conséquences mauvaises est néanmoins autorisé à trois conditions : l’objectif de l’acte doit être bon ; ses conséquences mauvaises ne doivent pas être visées en tant que telles ; le bien visé par l’acte doit être proportionné au mal que comportent ses conséquences et doit l’emporter sur ce mal. Mais l’application de ce principe dit « de proportionnalisme » est bien difficile. Il est quelquefois difficile de séparer les conséquences mau-vaises des objectifs visés, en particulier lorsque ces conséquences sont prévisibles et même prévues. Un médecin qui, pour sauver la vie de la mère, effectue une craniectomie sur l’enfant à naître a-t-il ou non l’intention de tuer l’enfant ? Certes pas, mais l’homicide de l’enfant est pourtant inséparable de l’acte qui sauve la mère. On ne peut viser l’un sans viser l’autre. Venons-en à l’éthique « utilitariste » (ou « conséquentialiste ») dont le promoteur fut Stuart Mill. Pour elle, le choix face à un dilemme doit se faire non pas pour des raisons morales mais uniquement au vu des conséquences de chacun des choix possibles. Et ce par principe. Un mort, c’est moins que vingt et un. Ce que reproche l’utilitarisme au déontologisme, c’est de se préoccuper uniquement de morale individuelle et personnelle et de chercher à ce que l’agent de l’action garde les mains propres quelles qu’en soient les conséquences. L’utilitariste dira que l’officier doit faire abstraction de son éthique personnelle et évaluer les conséquences de son action de la manière la plus neutre possible par rapport à lui-même. On peut critiquer l’utilitarisme sur deux points. D’abord la rationalité de cette technique de prise de décision inquiète. Le principe même d’un calcul en matière de vies humaines peut apparaître scandaleux. De plus, le problème dit « du double effet » se pose également pour l’utilitarisme. Le même acte a à la fois des conséquences positives et négatives, ce qui complique l’appréciation des conséquences de chacune des options en balance. Mais ce point met davantage en cause l’utilitarisme que le déontologisme puisque celui-ci, par principe, dit ne pas se préoccuper des conséquences alors que l’utilitarisme, lui, est fondé uniquement sur l’appréciation des conséquences des actes. Et c’est pourquoi le constat du double effet dénature le principe même de l’utilitarisme alors qu’il ne dénature pas le principe du déontologisme.”

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Et vous, ferez-vous preuve ce soir d’une éthique déontologique, ou d’une éthique utilitariste ? En ce qui me concerne, mon choix est fait : je ne relaierai pas les estimations avant 20h. Je fait partie de ceux qui pensent que pour revaloriser la politique, il nous faut commencer par la respecter. Au delà du respect de la loi et des risques théoriques de modification des votes de dernière minute, c’est ici le respect du vote de chacun et de son utilité symbolique qui est en cause. Même si on peut souhaiter une évolution de la loi pour que tous les bureaux de vote ferment à la même heure, on ne peut pas en même temps vouloir mettre fin à la “dictature des sondages” et considérer que l’estimation du vote sortie des urnes en cours de vote peut se substituer au résultat alors que les bureaux de vote sont encore ouverts. De plus, dans une perspective utilitariste, on peut douter du réel intérêt de diffuser les résultats quelques heures en avance ! J’attendrai donc 19h59 pour twitter considérant que mes tweets ne pourront plus avoir la moindre influence sur quelque électeur que ce soit, mais souhaitant que twitter garde, par principe, sa longueur d’avance sur les médias traditionnels, et tout particulièrement sur le journal de 20h ! D’ici là, et d’ici 20h, votez bien, dès le premier tour, et n’oubliez pas que l’abstention n’a jamais rendu le monde meilleur ! ;-)

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Et si on allait joyeusement voter ?

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Retour de la rubrique hebdomadaire #EclatDeRire (après une pause pour cause de vacances), avec mes deux films humoristiques préférés contre l’abstention. Le premier “Jean-Paul”, (ci-dessus), signé BDDP&FILS en 2001, repose sur l’insight ” Ne laissez pas les autres décider à votre place”. Le second (ci-dessous) nous rappelle que tout le monde peut voter, pour le meilleur ou pour le pire… En 2012, l’Association des Agences Conseil en Communication s’est mobilisée en partenariat avec le collectif “Démocratie et Communication” dont je vous avais parlé ici et (”Et si on libérait la communication politique en France ?“) sur ce blog,  pour produire 9 dispositifs média et hors-média dont le film “L’entretien d’embauche” (ci-dessous). Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces campagnes (y compris celles de TBWA\Paris, TBWA\Corporate et Being) en cliquant sur www.aaccvote2012.fr. D’ici là, joyeux vote ! ;-)

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Et s’il fallait se méfier des lunettes en réalité augmentée ?

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Un #EclatDeRire spécial ce samedi pour la parodie du film Google Glasses (” Et si vos lunettes vous permettaient de voir en réalité augmentée ?“) . Si le film original a déjà été visionné sur YouTube plus de 8 millions de fois, sa parodie (ci-dessus) vient de passer le million de vues ! Pas de doute, en matière de buzz, la réactivité paie … ;-)

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Et si vos lunettes vous permettaient de voir en réalité augmentée ?

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Une vidéo en caméra subjective mise en ligne aujourd’hui par une des équipes de recherche Google(x) qui développe “project glass” (cliquer ici) , une vision prospective de ce que pourraient être nos futures lunettes à réalité augmentée. On s’y verrait déjà ! ;-)

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Et si on pouvait actionner le bouton pizza en cas d’urgence ?

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TBWA\RAAD Dubai a eu l’idée d’un magnet, utilisant Bluetooth, qui se pose sur la porte de votre réfrigérateur et vous permet de commander automatiquement votre pizza préférée. Ce magnet est réservé aux meilleurs clients de l’enseigne Red Tomato Pizza, dont le choix favori a été préenregistré. Comme un sms de confirmation est envoyé par téléphone, il est possible, si on le souhaite, de modifier la commande automatique (voir démo ci-dessous). Une préfiguration des nouveaux services rendus possibles par l’internet des objets ?

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