Mashable vient d’annoncer, qu’avec plus de 100 millions de vues en six jours, le film Kony 2012, un documentaire de 30 minutes contre le leader rebelle ougandais Joseph Kony produit par l’association Invisible Children, est devenue la vidéo la plus virale de l’histoire des réseaux sociaux. Elle a battu le record de diffusion de Susan Boyle en 2009 (cliquer ici) qui avait atteint 70 millions de vues en 6 jours, et 100 millions en 9 jours, et la vidéo de Lady Gaga Bad Romance qui avait atteint les 100 millions de vues en 18 jours. De plus, Kony 2012 a généré plus de 500 000 commentaires ! Une démonstration, s’il en fallait une, de l’incroyable puissance des réseaux sociaux au service des grandes causes, comme celle de la lutte contre l’usage des enfants-soldats, qui avait aussi fait l’objet d’une campagne Amnesty International créée par TBWA\Paris en 2008 (ci-dessous).
Share
Comme l’indique mon avatar sur les réseaux sociaux, je soutiens, avec les équipes de BDDP Unlimited, l’association ONE en France et à l’international, une association dont je vous avais parlé ici (pour la campagne “living proofs”) et ici (pour la campagne “Mettons fin à la fin”). ONE.org est une organisation non-gouvernementale et apolitique qui lutte contre l’extrême pauvreté et les inégalités dans les pays en développement, particulièrement en Afrique. Confondée par Bono, le chanteur du groupe U2, et d’autres militants, l’organisation ONE est soutenue par plus de 2 millions de membres à travers la planète. ONE ne vous demandera jamais d’argent. Juste votre soutien par mail pour les causes que vous trouverez justifiées.
A quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle 2012, ONE France lance aujourd’hui sa campagne “ONE Vote 2012″ destinée à sensibiliser les citoyens aux questions de développement, et appelant les candidats à prendre des engagements fermes et définitifs pour un nouveau partenariat avec l’Afrique. Le constat de ONE est le suivant : “Nous sommes dans la dernière ligne droite de l’élection présidentielle et l’Afrique est totalement absente des débats. Et pourtant… le monde d’aujourd’hui est plus connecté que jamais et les défis ont rarement été autant partagés : le sida ne peut pas se combattre en France seulement, le changement climatique ne fait pas halte à nos frontières et l’instabilité des pays laissés à leur sort comme la Somalie mine le commerce et la sécurité mondiales. En même temps, l’Afrique a énormément changé et regorge d’opportunités nouvelles. En un mot : l’Afrique bouge ! “. C’est pourquoi ONE invite les candidats à s’engager à tenir la promesse historique de la France en allouant 0,7% de la richesse nationale à l’aide au développement d’ici à 2015, à rendre des comptes aux citoyens sur la manière dont est dépensée l’aide de la France, et à lutter contre la corruption en exigeant plus de transparence lorsque nos entreprises pétrolières, gazières, minières et forestières investissent sur le continent africain.
Si vous voulez, vous aussi, que la France bouge et accompagne l’Afrique dans son développement, rendez-vous sur OneVote2012.One.org pour signer la pétition !
Share
Difficile pour notre rubrique dominicale #JourDuPenseur de ne pas s’arrêter sur le dernier livre du psychanalyste Roland Gori justement intitulé ” La dignité de penser”. Depuis longtemps (vidéo ci-dessus, ou interview sur Radio France en cliquant ici), Roland Gori lutte contre la “réification de l’être humain” et le triomphe de “l’idéologie économique” qui conduit l’homme à se penser soi-même comme une micro-entreprise en concurrence avec les autres, établissant une fiction idéologique : celle d’une homme qui ne serait jamais défaillant. Un homme qui aurait au passage perdu la capacité de penser, faute d’avoir cultivé l’art du récit et la croyance en ses rêves.
Roland Gori, psychanalyste, est professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille. Il a été en 2009 l’initiateur de l’Appel des Appels “pour une insurrection des consciences”, visant à préserver certains domaine ( santé, travail social, éducation, justice, information, culture) d’une logique purement économique. Il est l’auteur de nombreux livres dont Logique des passions (2002), La santé totalitaire (2005), Exilés de l’intime (2008), la preuve par la parole (2008), De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? (2010), et La folie évaluation en 2011.
Dans “La dignité de penser”, Roland Gori s’oppose à ce qu’il appelle “la nouvelle colonisation des esprits” qui envahit la planète au nom d’un “rationalisme économique morbide”, et une “religion du marché” qui interdit de penser le monde autrement que comme un stock de marchandises ou de produits financiers. Il constate la chute de la valeur de l’expérience et celle du récit qui la transmet. Selon lui, en faisant baisser le cours de la parole au profit de l’information, de sa part la plus technique et mesurable, “nous perdons le monde commun, nous perdons notre monde”. Et plus encore en Occident où nous nous habituons à lâcher la démocratie pour l’ombre d’une technocratie qui “organise insidieusement nos servitudes volontaires”. Face à cette déshumanisation et à cette “réification de l’homme”, Roland Gori nous rappelle que, s’il est bon de s’indigner, “la dignité humaine provient de la pensée, de la capacité de penser”, et que celle-ci est subordonnée à la parole “sans laquelle il n’y a pas davantage de singularité que de démocratie” : “penser, c’est transgresser les frontières de l’évidence, et ne pas s’attarder à l’ornière des résultats”. Roland Gori fait tout d’abord le constat que “le cours de la parole a inexorablement chuté”, au profit de sa composante la plus technique : l’information, une langue qui “prétend faire fi de la dimension fabulatrice”. Or, les événements n’acquièrent de sens que “lorsqu’ils sont tricotés par les mailles du langage, et que l’on peut les raconter soit même aux autres”. En perdant la valeur propre au langage, à la parole et au récit, c’est le monde que nous perdons, le monde que nous avons en commun, auquel nous avons tendance à substituer un monde virtuel où habitent des no life et des avatars de nous-mêmes : “Le virtuel a remplacé le rêve, ou du moins son écriture s’est substituée à son récit”. Dans cette transformation générale, la nature du savoir ne reste pas intacte. Nos sociétés postmodernes croient de moins en moins aux grands discours de légitimation que constituent les mythes et idéologies : “ce sont les machines qui commandent et exigent des hommes qu’ils suspendent toute pensée pour se transformer en instruments, en pièces détachées”, prescrivant aux hommes “de ne pas penser”, et de s’adapter aux signes informatiques de machines numériques devenues “médiateurs quasi exclusifs des échanges symboliques”. Nos sociétés de parole sont devenues sociétés de l’information. C’est ce que Roland Gori appelle “la crise du récit”, la disparition des “savoirs narratifs” au profit des “savoirs non narratifs”, à la manière de la “disparition des lucioles” chère à Pasolini. Roland Gori, chantre du savoir narratif, nous rappelle que le récit est “une forme de résistance” et avant tout un acte politique de conviction. La pensée ne peut pas se réduire à des chiffres. Il nous faut nous battre pour réintroduire le récit , seul capable de transmettre une expérience et de faire reconnaitre la valeur de cette expérience à autrui. Il s’agit de “remettre la parole au centre” de notre vie sociale, dans le champs du soin, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information, de la politique et de la culture, pour redonner à tous le “courage de penser” et éviter que “les opinions irraisonnées tiennent lieu d’idées”. Pour faire face au “déclin du récit”, à cette disparition de la pensée et de l’expérience qu’elle implique, il est urgent de retrouver la “voix poétique” de l’émancipation politique,” la voix du rêve et de l’idéal qui la nourrit”. Il faut tout simplement libérer la parole pour retrouver notre liberté de pensée.
Comme tous les samedis sur ce blog, c’est #EclatDeRire avec les campagnes de publicité humoristiques du monde entier. Avec aujourd’hui une campagne que m’a signalé via twitter Boris Laffargue (que je remercie), repérée sur DocNews : une campagne pour les restaurants Sheetz implantés dans les stations services américaines. Pour attirer les jeunes consommateurs, pas moins de 30 spots différents sont prévus, reposant tous sur l’idée qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Ou comme disent les américains : “You can’t judge a book by its cover” !
Share
Vu sur le toujours excellent blog Paper-plane, deux opérations utilisant le miroir comme media. La première (ci-dessus) récompensée aux Dubai Lynx 2012, a été mise en place dans les toilettes d’une boite de nuit libanaise : Riviera Prive. La seconde (ci-dessous), pour le traitement de la chute des cheveux Panorama Hair, a été conçue par l’agence canadienne Rethink. Miroir, mon beau miroir… ?
Share