Et si les compétences les plus essentielles ne figuraient pas dans les CV ?

i don\'t likei like (+15 rating, 15 votes)  

Comme le dit un post récent consacré aux “CV qui en jettent” sur le blog FFD de l’agence Auditoire : “aucun CV n’égalera jamais celui de Barney Stinson” (vidéo ci-dessous). Une manière d’illustrer la thèse défendue par le consultant Sean Luzi, dont je publie aujourd’hui la contribution spontanée, intitulée ” Et si les compétences les plus essentielles ne figuraient pas dans les CV ?”, qu’il a publié en parallèle sur son blog intelligence-emotionnelle.

YouTube Preview Image

“Vous pensiez que votre CV contenait l’essentiel et qu’il pouvait attester de manière fiable votre qualité professionnelle? Et si… vos atouts maîtres se trouvaient ailleurs ? Et si votre diplôme et vos compétences techniques n’étaient que la partie visible de l’iceberg et que les compétences nécessaires à votre réussite étaient difficilement intégrables dans le carcan A4 de votre curriculum vitae… Il est aujourd’hui admis que 50% de nos performances sont déterminées par des aptitudes autres que les compétences techniques et le savoir. Ce taux grimpe même à 70% pour les cadres qui occupent des fonctions Managériales. Mais de quelles aptitudes parle-t-on ? Il y a une très bonne phrase à ce sujet tirée du livre “Génération QE” (Christophe Haag/Jacques Séguéla ed. Pearson) : « on est engagé sur son QI, on fait carrière sur son QE ». Le Quotient émotionnel mesure l’intelligence émotionnelle, un faisceau d’aptitudes clés dont on sait aujourd’hui qu’il est deux fois plus important pour expliquer l’excellence que les facultés purement intellectuelles et l’expertise technique réunies. Que vous soyez familier de cette notion ou totalement profane en la matière, il faut bien reconnaitre que ses contours peuvent parfois sembler un peu flous. Comment votre QE se manifeste t’il dans votre vie professionnelle ? Quelles sont, parmi les aptitudes que vous possèdez, celles qui entrent dans ce champ ? Peter Drucker, théoricien Américain du management dit à ce sujet « Un leadership puissant commence par la conscience de Soi : savoir qui vous êtes et quelles sont vos valeurs. La communication, l’authenticité et la capacité à écouter sans être défensif sont des aptitudes décisives. Ce Leadership n’a rien à voir avec des connaissances en matière de budget ou de planification stratégique, il a tout à voir avec l’intelligence émotionnelle »

decisions_coup_emotion

L’estime et la confiance en Soi, l’esprit d’équipe, l’optimisme et l’enthousiasme, l’intelligence intuitive, l’aisance relationnelle, la maîtrise de Soi, l’adaptabilité… Toutes ces aptitudes décisives dont on peut facilement se figurer qu’elles jouent un rôle majeur dans la vie professionnelle et personnelle sont toutes rattachées à la notion d’intelligence émotionnelle. Elles transparaissent régulièrement dans notre quotidien sous des formes diverses que nous nommons Leadership, collaboration, auto-motivation, créativité, empathie, fibre réseau, résistance au stress, assertivité, souplesse… Nous comprenons mieux pourquoi elles sont considérées comme étant le socle de toute réussite mais paradoxalement elles sont en même temps les grandes absentes de nos CV. La bonne nouvelle nous vient des neurosciences. Elles confirment que, à la différence des capacités purement intellectuelles qui évoluent très peu à l’âge adulte, l’intelligence émotionnelle peut se cultiver tout au long de la vie. A condition bien sûr d’utiliser les bons leviers de développement ! En effet, il s’avère que les méthodes purement scolaires demeurent inefficaces pour développer ces compétences clés. Pourquoi ? Et bien parce que la région du cerveau qui traite les émotions n’apprend pas de la même manière que le cerveau rationnel, ce qui implique d’utiliser conjointement une base théorique et d’indissociables outils techniques adaptés aux aptitudes visées. L’analogie avec le sport est particulièrement parlante : si vous voulez obtenir des résultats probants en natation, vous n’aller pas vous contenter de lire un manuel traitant des techniques de nage, vous devez vous entrainer de manière très pratique (personne n’a jamais appris à nager en apprenant le principe d’Archimède). En conclusion, nous pourrions formuler le souhait de voir un jour ces aptitudes figurer en bonne place dans nos CV mais serait-il possible qu’il en soit ainsi ? Trouverons-nous les moyens de quantifier de manière fiable ces compétences immatérielles car profondément humaines ou préférerons-nous, comme c’est le cas aujourd’hui, n’y faire figurer que les seules mesures factuelles, laissant aux cabinets de recrutement et aux périodes d’essais le soin de jauger nos aptitudes émotionnelles. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certaines sociétés organisent actuellement leur recrutement sous forme de tournoi de poker. Leur objectif affirmé est bien de déceler parmi les candidats des profils présentant certaines valeurs ajoutées comme par exemple, la maîtrise de Soi.”

Sean Luzi.

Share

Leave a Reply